La joueuse de go, Shan Sa

Et une lecture commune, une! Qui plus est un book club!

L’histoire

Place des Mille vents une lycéenne Mandchoue a l’habitude de jouer au go. Seule femme au milieu des hommes, elle est un fin stratège et c’est à ce titre qu’elle est acceptée.

Au Japon, lui, jeune homme de 20 ans,  s’est engagé dans l’armée pour conquérir la Chine. Guerrier adroit et courageux, il s’élance à la conquête de ce nouveau pays.

Ces deux personnages seront réunis le temps d’une longue partie de go tandis que les révolutionnaires tentent de freiner l’avancée japonaise, multipliant les actes terroristes. Ils ignorent tout l’un de l’autre. Elle est une femme, il est un homme; il est Japonais, elle est Mandchoue; il est dans l’armée et traque les rebelles, elle tombe amoureuse de l’un des révolutionnaires. Tous les oppose et pourtant ils se comprennent à travers le jeu de go.

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Mon avis

La Joueuse de go est un roman que je voulais lire depuis longtemps. Grâce à cette lecture commune, j’ai pu découvrir un auteur plein de talent et une oeuvre remplie de poésie.

L’intrigue se noue lors de la conquête de la Mandchourie par les Japonais. Ces derniers veulent destituer l’empereur et s’approprier ses vastes territoires. La tâche n’est pas facile: l’hiver est rude et les Japonais souffrent du froid. Le mauvais temps ne les empêche pourtant pas de piller et tuer à tout-va. Un jour, l’unité du personnage masculin principal s’arrête dans une ville appelé Mille-Vents. Le narrateur masculin prend la parole pour raconter son ennui à la caserne mais aussi son envie d’en finir en plus vite. Certes, le combat est une chose qui le grise. A chaque fois qu’il prend la parole c’est pourtant pour se confier. Au fur et à mesure du récit, il raconte son amour pour une jeune Geisha. Amour malheureux qu’il cherche à tous prix à retrouver à travers d’autres femmes telles les prostituées du quartier des plaisirs. Ces confidences sont entrecoupées par celles de la lycéenne. En effet, Shan Sa a su tisser un roman où deux voix se mêlent jusqu’à ce qu’elles se rejoignent.

La « joueuse de go », elle, se partage entre son collège et le go. Jeune fille de bonne famille, elle ne connaît pas grand chose à la vie. Un jour, pourtant, elle est prise malgré elle dans le flux d’une manifestation. Elle tombe. Un jeune homme la relève. Il s’agit de Min, un jeune révolutionnaire. L’auteur décrit avec brio la fulgurance de l’amour qui naît entre la narratrice et Min. Elle devient une femme dans ses bras et découvre le désir. Mais si la jeune femme s’abandonne dans les bras de son amant, elle reste lucide sur sa condition. Elle n’est qu’une gamine. Pourtant, l’auteur nous laisse entrevoir ici l’esquisse d’une femme moderne qui ne sait compter que sur elle-même, qui privilégie les études et l’indépendance au dépens mariage. A plusieurs reprises, elle exprimera ses idées face à ses amies ou même face à sa soeur, mariée et trompée mille fois par son mari.Elle se révèle être une femme de caractère, n’hésitant pas à défendre ses idées.

Quand ces deux personnage se retrouvent, les points de vue alternent. Ainsi nous sommes confrontés aux mêmes scènes mais vues différemment. Les deux personnages s’affrontent lors d’une mémorable partie de go. Le jeu devient le troisième personnage du roman. En effet, il permet de révéler le caractère des joueurs. Quand la joueuse de go se sent bien, elle joue rapidement et attaque son adversaire. Quand elle se sent mal, elle se trompe et peine à déplacer ses pions. Peu à peu, le jeune officier japonais éprouve de la tendresse pour cette jeune Mandchoue dont il ne connaît même pas le prénom. Le lecteur voit se nouer sous ses yeux une complicité entre ces deux étrangers tout en sachant que s’ils connaissaient la vérité l’un à propos de l’autre, ils cesseraient aussitôt de jouer. C’est finalement, une histoire d’amour impossible qui naît au fil des pages et dont la concrétisation ne pourra se faire que dans la mort.

Un roman poignant qui n’épargne pas le lecteur confronté à la cruauté de l’homme mais aussi à l’immensité de son amour.

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