L’enfant de Noé, Eric-Emmanuel Schmitt

L’histoire

 

 

Joseph est un enfant juif. Dès 1942 en Belgique, les rafles se succèdent. Pour protéger leur enfant, ses parents décident de le confier à deux nobles de confiance. Ceux-ci sont dénoncés et emmenés. Joseph est alors confié au père Pons. L’homme de foi tient un orphelinat dans la campagne, la Villa Jaune. Des enfants orphelins ou abandonnés y sont recueillis mais surtout des enfants juifs dont les papiers d’identité sont falsifiés pour échapper aux nazis.

 

Joseph, loin de sa famille, apprend à vivre seul aux côtés du père Pons. Il doit passer pour un parfait chrétien. Mais le père Pons n’est pas un homme ordinaire. Certes, il faut cacher les apparences et se rendre à la messe mais il ne veut surtout pas que Joseph oublie sa religion. Dans une crypte secrète il lui enseigne la religion de ses ancêtres.

 

 

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Mon avis

 

 

Un vrai coup de coeur pour ce petit roman très émouvant.

Le personnage de Joseph est très attachant. A sept ans il n’a aucun préjugés sur les personnes ou les religions. Privé de ses parents, il noue une très forte amitié avec le père Pons qui deviendra son second père. La relation entre les deux personnages est décrite de manière très émouvante. Ils apprennent autant l’un que de l’autre. Le père Pons rassemble des textes et des objets juifs sacrés de manière à les soustraire aux mains des nazis. Mais c’est un père profondément humaniste que l’on découvre. Bien sûr sa religion est la religion catholique mais il ne dénigre pas pour autant celle de Joseph. Au contraire, il lui enseigne tout ce que le petit garçon n’a pas encore appris. Très cultivé il apprend l’hébreu, la culture juive de façon à la conserver si jamais le peuple élu venait à disparaître. Témoin d’événements qu’il n’aurait osé imaginer, il se pose des questions sur sa propre religion mais ne renonce jamais à l’espoir.

 

Joseph est très émouvant. Il tombe en admiration devant les fastes de la messe: les saints, l’orgue et les chants le passionnent. Courageux, à aucun moment il ne se plaint. Lui qui a été séparé de ses parents, lui à qui on interdit de parler le Yiddish, il ne se renonce jamais à sa bonne humeur et à l’amour qu’il dispense aux autres. C’est lui, le petit qui réconforte le grand Rudy. Il pose sans cesse des questions au père Pons sur sa véritable identité. Maudissant parfois ses origines, il sera amené à comprendre qu’il ne peut effacer sa religion et sa culture. Elles sont ancrées au plus profond de lui-même et lui sont révélées grace au Père Pons.

 

 

Le personnage de la pharmacienne est truculent. Melle Marcelle, surnommée Sacrebleu parce qu’elle jure, n’aime ni les curés, ni les Juifs, ni les enfants mais elle s’investit car elle trouve inadmissible qu’on s’en prenne à des être faibles. Jusqu’au bout elle sera forte et ne craquera ni sous la menace ni sous la torture.

 

 

Un livre émouvant qui parle des justes mais sans flatteries, sans ornements et qui laisse entrevoir le courage de ces hommes et femmes qui se sont battus pour des enfants juifs.

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