Les déferlantes, Claudie Gallay

C’est à La Hague, un petit village au bout de la pointe du Cotentin que la narratrice s’est réfugiée. Elle arpente les landes, comptant les oiseaux migrateurs. Ici elle essaie d’oublier sa douleur, celle d’avoir perdu l’amour de sa vie. Un jour, un homme débarque. Il s’agit de Lambert au passé tourmenté et bien mystérieux. Enfant du village, il est devenu orphelin après avoir perdu ses parents dans un naufrage. Lambert prétend qu’au cours de cette nuit fatale, le phare s’est éteint quelques minutes, causant l’accident mortel. Lambert est à la recherche de son passé; la narratrice tente d’oublier le sien. Au fil des discussions et des promenades, une vérité douloureuse va remonter à la surface….

 

 

 

 

 

 

 

Je n’ai qu’un mot à dire pour ce roman: bouleversant! J’ai été vraiment très émue par l’histoire des personnages mais surtout par le style de Claudie Gallay tout en douceur et en retenue.

L’auteur nous plonge dans l’ambiance de la lande bretonne, là où les légendes font corps avec la réalité. Les descriptions des paysages sont plutôt evanescentes donnant une atmosphère mystérieuse au récit. Le lecteur suit ainsi pas à pas la narratrice qui arpente la lande déserte à la recherche des oiseaux. Une façon pou elle de fuir sa douleur et sa culpabilité. Douleur d’avoir perdu l’être aimé (les passages où elle raconte cette perte sont magnifiques!) mais aussi culpabilité de sentir cette même douleur s’évaporer peu à peu au fil du temps. Le temps qui guérit tout ou presque…

L’intrigue secondaire est également très intéressante même si on devine facilement la fin de l’histoire. Ici le plus important est la manière dont l’enquête se fait. Dans ce village où les rumeurs vont bon train, on ne parle pas facilement du passé. Tout est fait de non-dit, de silences qui valent plus que tous les discours.

Les Déferlantes est un livre profond et envoûtant sur une femme qui se cherche, qui ne veut pas oublier son passé. C’est aussi l’histoire d’un homme qui au contraire veut se souvenir et ramasser les lambeaux de son adolescence volée.Voici pour conclure un extrait du roman. La narratrice parle de l’homme qu’elle a aimé et cette culpabilité ancrée en elle:  » Je me souviens de cette nuit. De cette première nuit où j’ai cessé de penser à toi. Parce-qu’il y avait lui. Cette première nuit où j’ai rêvé de lui. Où je me suis perdue, dans un rêve, dans un autre.

Tu m’avais dit, Oublie-moi. Tu m’avais fais jurer ça, d’aimer à nouveau. Ma bouche, à l’intérieur de la tienne, Il va falloir oublier, tu as dit cela, oublier ou m’oublier je ne sais plus, sans détacher tes lèvres des miennes, tu as déversé ça en moi. Il va falloir que tu vives sans moi, jure-le moi…

J’ai juré.

Les doigts en croix. Dans ton dos. Tu étais encore debout. tellement grand. J’ai posé ma main sur ton épaule.

Comment je peux aimer après toi? « 

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