Meuse l’oubli, Philippe Claudel

L’intrigue

 

 

Le narrateur a perdu l’amour de sa vie, Paule. Elle était tout pour lui: la lumière, la vie, la joie. Face à cette perte irrémédiable, il fuit tous les lieux où ils ont vécu et il finit par échouer à Feil, un petit village sur la Meuse. Dans ces paysages brumeux et mélancoliques, il tente d’oublier. Mais les souvenirs liés à Paule ne disparaissent pas. Au contraire, ils se mêlent aux réminiscences d’une enfance douloureuse. Comment vivre après la mort de l’être aimé? Comment faire pour tout oublier sauf son visage et sa voix? C’est ce qu’évoque ici Philippe Claudel avec talent….

 

 

 

Page 92, le narrateur se souvient de son premier baiser avec Paule:

« Au premier baiser, j’avais déjà le coeur d’un oiseau, ses battements affolés qui font de la poitrine une caverne effroyable ».

 

 

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Mon avis

 

 

Encore une fois je suis troublée après la lecture de ce roman de Claudel. A chaque nouveau roman, je découvre un univers et des mots qui me parlent, qui résonnent en moi. Comment expliquer être tombée amoureuse d’une écriture?

 

Dans ce roman, l’auteur évoque une perte douloureuse liée à un être cher. Le narrateur se livre par bribes. En effet, il repousse au plus profond de lui-même les souvenirs liés à Paule mais rien n’y fait. Une odeur, la caresse d’un tissu font remonter à la surface des images, des sons. Ainsi on comprend au fil des pages que Paule est morte d’un cancer et que sa souffrance a été longue. Les souvenirs liés à son enfance se superposent aussi à toutes ces images de bonheur passé. Lui, le fils de la « putain » du village, lui qui n’a jamais reçu d’amour maternel et que Paule a su sauvé et aimé.

 

 

Pour oublier, le narrateur boit. Il noie son malheur mais s’en se l’avouer vraiment il aimerait rejoindre Paule là où elle est à présent. Il n’est pas lâche et ce n’est pas l’idée de souffrir qui l’empêche de passer à l’acte, seulement il craint de ne pas retrouver Paule une fois passé de l’autre côté. Boire en attendant son heure semble pour lui la seule solution. C’est donc un homme en détresse hanté par les jours heureux que l’on suit tout au long du récit. Pour s’en sortir, il va même tenter de fuir en s’installant dans un village déserté où rien ne se passe jamais. Comment remonter la pente et s’en sortir? Le narrateur essaie l’écriture et couche sa souffrance sur les pages blanches d’un cahier Conquérant au chevalier à jamais figé, reflet de sa propre vie.

 

 

C’est finalement le temps qui viendra (un peu) à bout de cette souffrance. Un roman profond et envoûtant.

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