Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur, Harper Lee

L’intrigue

Dans une petite ville d’Alabama, à l’époque de la Grande Dépression, Atticus Finch élève seul ses deux enfants, Jem et Scout. Pour les deux enfants la vie se déroule tranquillement entre les jeux, l’espionnage du voisin Boo, les visites à la famille, les bagarres,….

Mais tout cela va bientôt s’arrêter. En effet, Atticus, avocat intègre et rigoureux, est commis d’office pour défendre un Noir accusé d’un viol sur une Blanche. Scout raconte alors avec ses yeux d’enfant les insultes et les moqueries qu’elle endure au quotidien. Pas facile de défendre ses valeurs morales quand la moitié de la ville est contre vous…..

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Mon avis

Publié en 1960, ce roman s’ancre au coeur de la lutte pour les droits civiques des Noirs. Il raconte de manière doublement dramatique la persécution d’un homme qu’on juge coupable parce qu’il est tout simplement noir. Cette histoire, qui s’inspire d’un fait réel, dénonce l’hypocrisie sociale et le racisme en cours dans les USA des années 30. Mais ce qui donne le plus de force à cette ouvrage, c’est la façon dont ce drame est raconté. En effet, c’est grâce à Scout, la fille d’Atticus, que l’intrigue se déroule. C’est elle qui prend la parole.

Scout n’est qu’une gamine au début du roman. Elle a six ans. Elle décrit ses jeux, son quotidien. Jeune fille bagarreuse, elle ne voit pas l’utilité de devenir une « dame » comme le voudrait sa tante. Elle préfère porter des salopettes (beaucoup plus pratiques que les robes) et se rouler dans la boue. Scout est souvent pointée du doigt par les vieilles voisines du quartier qui voient en elle une sauvageonne sans éducation. Et pourtant, elle en a de l’éducation! Avant d’entrer à l’école, elle sait déjà lire et écrire. D’où son point de vue sur l’inutilité de l’école. Elle préfère apprendre auprès de son père Atticus, père idéal, réfléchi, aimant et sage! La relation père/fille est développée avec beaucoup de douceur. J’ai tout de suite accrochée avec ce personnage de Scout. Une fille qu’on devine rebelle et qui est élevée par un père qui cherche avant tout à faire d’elle un esprit critique quitte à mépriser les conventions.

Cependant la vie n’est pas un long fleuve tranquille. Scout l’apprend bien assez tôt. Avec ses mots d’enfant, elle raconte les menaces faites à son père. C’est encore avec ses yeux que l’on suit le procès passionnant de Tom Robinson, accusé à tort de viol. Le roman dénonce les préjugés et le racisme des petites villes américaines des années 30 qui voit dans la communauté noire une simple main d’oeuvre bon marché. Avec naïveté, Scout pose les bonnes questions à son père et, au passage, au lecteur. Elle ne comprend pas toujours les haines des hommes et révèle l’absurdité de certaines situations. C’est toujours avec drôlerie et innocence qu’elle nous décrit sa vie et ses malheurs ce qui rend le récit encore plus profond.

Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur est un roman grandiose. Rappelons qu’il a reçu le prix Pulitzer et qu’il est toujours étudié dans les écoles américaines. Un roman à lire!

Un roman lu dans le cadre du challenge « La littérature au féminin »

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Une réflexion sur “Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur, Harper Lee

  1. Pingback: Va et Poste une sentinelle de Harper Lee | Carolivre

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