Que font les rennes après Noël? Olivia Rosenthal

Première lecture de l’année pour moi avec ce livre qui me faisait envie depuis pas mal de temps. J’en avais entendu beaucoup de bien notamment sur France Inter où il a reçu le prix du livre France Inter. Les nombreuses interviews de l’auteur m’avaient vraiment interpellée et intriguée. Qu’en fut-il vraiment?

 

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D’abord, il est très difficile de résumer l’histoire de ce livre. Ce n’est pas vraiment un roman, ni un documentaire. On serait plutôt dans la catégorie de l’essai ou du docu-fiction (comme pour les films). Le livre est composé de quatre parties. Dans chacune de ces parties, trois protagonistes prennent la parole.

Il y a d’abord cette jeune fille que l’on va retrouver tout au long du livre mais à différentes étapes de sa vie. Elle aime les animaux et voudrait en posséder un. Ses parents s’y refusent. Elle n’en comprend pas la raison hormis peut-être le fait qu’elle aurait alors un être sous sa dépendance, comme elle l’est elle-même sous celle de sa mère. Cette réflexion accompagne le personnage de son enfance à l’âge adulte.

Dans chaque partie, le lecteur est aussi confronté à un spécialiste des animaux: un dresseur, un soigneur, un fermier, un ingénieur en laboratoire. Chacun donne sa vision de son métier et bien sûr de ses animaux. Une façon étrange de réfléchir à la condition animale. Pourquoi mettre des loups en cage? Pourquoi apprendre à un animal à adopter un comportement anthropomorphique? Pourquoi réaliser des expériences sur les rats et les souris?

Enfin une troisième voix s’élève, celle d’une entité qui nous livre des faits bruts, scientifiques sur la taille réglementaire des cages au zoo, sur la façon dont un dresseur s’y prend pour amadouer un animal sauvage. C’est une voix omnisciente, qui sait tout.

 

 

Voilà ainsi la manière dont je pourrais décrire ce livre. Alors qu’en ai-je retenu? Ai-je aimé? Là encore ça m’est difficile de répondre. J’ai d’abord mis beaucoup de temps à le lire (2 semaines) alors qu’il est très court (214 pages). J’ai vraiment eu du mal à saisir le sens de ces trois voix successives qui ne communiquent jamais et qui sont autonomes. Le fait qu’il n’y ait pas d’intrigue m’a dérangée.

Je me suis tout de même accrochée. Au fur et à mesure, je me suis alors sentie mal à l’aise. Car finalement, l’auteur pointe du doigt une société où les animaux ne sont ni plus ni moins qu’une marchandise. Au fil de la lecture une évidence se créée. Les hommes sont des monstres. Il domine la nature. Que leurs intentions soient bonnes ou mauvaises, l’animal reste un faire-valoir, une monnaie d’échange.

 

Finalement, ce livre nous fait prendre conscience de notre vraie nature: notre capacité à toujours vouloir assujetir l’autre, à dominer, à écraser. Une bien étrange lecture…..

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