Quitter le monde, Douglas Kennedy

L’histoire

 

 

Jane est une petite fille de 13 ans coincée entre un père souvent absent et une mère qui ne lui a jamais manifesté le moindre geste d’amour. Un soir, elle déclare que plus tard elle ne se mariera ni n’aura d’enfants. Le lendemain matin, son père claque la porte pour toujours laissant Jane endosser les responsabilités de cette fuite.

 

Jane, brillante élève, entre à Harvard et fait sa thèse sous l’égide d’un professeur renommé…. Leur histoire d’amour durera quatre ans au bout desquels David meurt dans d’étranges circonstances. Accident ou suicide? Jane est effondrée. Elle décide de tout plaquer pour s’intaller à Boston. Là elle rencontre Théo, un joyeux allumé, dingue de cinéma. Les deux personnages entament une histoire dont le fruit sera Emily. Tandis que son couple se délite de plus en plus, Jane connaît un second drame dans sa vie: sa fille meurt, heurtée par une voiture. C’est est trop pour la jeune femme qui décide alors de quitter le monde au sens propre comme au sens figuré.

 

 

Mon avis

 

 

Un roman brillant, époustouflant que je n’ai pas pu lâcher!!!

 

On suit les aventures de Jane Horward, cette jeune femme brillante et intelligente à qui tout semble sourire. Mais Jane n’est pas celle que l’on croit. Elle non plus d’ailleurs ne sait pas vraiment qui elle est. Toute son histoire repose sur un mensonge. Son père n’est qu’un vulgaire escroc, quant à sa mère elle n’a jamais voulu regarder le vérité en face mais a préféré rejeter les responsabilités sur sa fille.

 

 

C’est donc une jeune femme seule au monde qui se construit au fil des pages de ce roman. On suit Jane depuis son enfance jusqu’à l’âge adulte. On vit avec elle ses bonheurs fugaces mais aussi ses peines. Elle perd coup sur coup les deux amours de sa vie: David puis Emily. Loin de faire dans le mélodrame, Douglas Kennedy projette au visage de son lecteur la vraie douleur d’une mère. Jane n’est pas une pleurnicheuse. Pas de long sanglots ici ni de compassion dégoulinante de bons sentiments. C’est la douleur dans toute sa dureté et sa cruauté qui nous est présentée. Jane s’enfonce de plus en plus dans le chagrin passant par l’alcool, les médicaments, l’enfermement, l’isolement, la dépression. Jusqu’au moment où c’en est trop. Elle décide de quitter le monde, d’en finir, de ne plus vivre avec cette douleur qui ne la quittera que dans la mort.

 

Entraînée donc dans ce tourbillon d’émotions à vif, je n’ai pas pu décrocher de ma lecture. Au-delà du drame personnel de Jane, Douglas Kennedy fait la peinture de la société intellectuelle américaine où tout est dit sans l’être. Il ne faut pas créer de scandale mais rester dans le rang à tout prix. Malgré tout, j’ai adoré voir Jane évoluer dans ce milieu. Le roman est truffé de références à la littérature, au cinéma, à la peinture, chose que j’adore.

 

Le seul point négatif du livre est le moment où Jane se lance dans la finance et la spéculation. Elle change totalement de monde. Ici c’est le fric qui compte. Aucun sentiments et aucune considération pour l’être humain qui ne rapporte rien. J’ai trouvé ce passage un peu caricatural parfois mais il était peut-être nécéssaire pour faire comprendre le dégoût qu’il inspire à l’auteur.

 

 

Un magnifique roman que je recommande vivement. Je n’ai pas tout dévoilé de l’intrigue bien entendu. La seconde partie de livre étant la meilleure……

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