Une éducation libertine, Jean-Bptiste Del Amo

L’histoire

 

Gaspard débarque à Paris. Originaire de Quimper, le jeune homme a fui une vie faite de brimades, de travail harassant au milieu des cochons. Il erre à travers ce Paris du 18ème siècle mais déchante vite: là aussi la vie est dure. Il faut se nourrir et tenter de gagner de quoi vivre.

Il trouve d’abord un travail: débarder les bois qui sont acheminés via la Seine. Le travail est dur et très pénible. Très vite, Gaspard se rend compte qu’il veut évoluer dans la société. Il devient garçon perruquier et fait la connaissance du comte Etienne de V. Le garçon est subjugué: il veut être le comte, toucher à la richesse et aux plaisirs.

Peu à peu, il gravit les échelons de la société mais pour y parvenir il doit faire le sacrifice de son intégrité physique….    https://i0.wp.com/www.decitre.fr/gi/18/9782070415618FS.gif

 

 

 

Mon avis

 

 

Un livre dérangeant qui laisse un goût amer. Si vous aimez Paris telle qu’elle est aujourd’hui, ne lisez pas ce roman. Car c’est Paris dans toute sa laideur, sa cruauté, sa violence qui nous est livrée ici. C’est une ville qui broie les corps et les coeurs, qui régurgite, qui digère son peuple toujours plus miséreux. L’auteur peint ici la vie parisienne dans toute sa crudité et sa vulgarité. On ne peut échapper aux descriptions, parfois à la limite de l’insoutenable, de ces corps qui souffrent, qui se contorsionnent. L’auteur n’épargne pas son lecteur. Au contraire, il lui envoie à la figure une vérité qui écoeure.

 

Gaspard ,quant à lui, est un personnage qui rend bien sûr hommage aux personnages des romans d’apprentissage. On pense tout de suite à Balzac. Ce jeune homme, perdu, qui a fui un père violent et une mère sénile, ne cherche qu’à s’élever dans la société. Et le moyen le plus sûr d’y arriver, quand on est sans le sou, est de vendre son corps. Ainsi, Gaspard réussit-il son éducation libertine en vendant son corps au plus offrant. Il devient giton, gigolo entretenu par de vieux messieurs et doit en contrepartie subir leurs assauts. Mais Gaspard parfait aussi son éducation par la pensée. Il devient un vrai libertin: il se détache de tout sentimentalisme, reste libre comme l’air, sous aucune influence. Il faut reconnaître qu’il est très agile. Il parvient toujours à ses fins. Il ira jusqu’à se prostituer pour gagner sa pitance. Mais pour lui, il ne s’agit que d’une étape intermédiaire. Il doit descendre au plus bas, goûter à l’enfer pour mieux revenir.

Je reconnais n’avoir pas éprouvé une grande empathie pour ce personnage. On se plaît à le voir gravir toutes les étapes mais on se doute que tout cela finira mal. Gaspard reste un personnage distant, que l’on a du mal à cerner. A l’égard de la façon qu’il a d’être détaché de toutes choses, le lecteur reste à distance, ne connait jamais vraiment ses motivations, ses désirs.

 

Cependant, j’ai beaucoup aimé le fait que Gaspard porte un regard éclairé sur la bourgeoisie et la noblesse déclinantes de ce 18ème siècle. Il voit tout: les intrigues, l’ennui, l’oisiveté qui font que ces hommes et femmes vieillissent plus vite. C’est une description très réussie de ce monde qui commence à vaciller sur ses pieds.

 

 

En bref, un roman remarquable dans le style et l’écriture mais un personnage qui ne m’a pas emballée, qui reste à distance.

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