Pas d’inquiétude, Brigitte Giraud

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« Medhi est tombé malade quand nous avons emménagé dans la nouvelle maison. C’est moi qui avais relevé la boîte aux lettres ce jour-là, c’était un samedi matin. J’avais entre les mains l’enveloppe blanche petit format qui contenait des résultats d’analyses que nous ne saurions pas interpréter et qui allaient changer notre vie. »

 

  Pas d’inquiétude, c’est l’histoire d’un petit garçon malade, Medhi. Le lecteur ne sait pas de quelle maladie il est atteint; il devine seulement qu’elle est grave et que Medhi aura très peu de chances d’y survivre.

Le roman est raconté à la première personne du singulier. Chose assez peu courante, c’est le père de famille qui nous fait le récit de la maladie de son fils. Ouvrier dans une imprimerie, il vient tout juste d’acheter un pavillon tout neuf en banlieue. Sa femme a péniblement quitter l’usine pour devenir secrétaire de direction. Elle travaille beaucoup voulant prouver sa valeur à ses patrons.

Quand le verdict de la maladie tombe, c’est un vrai bouleversement à la maison. C’est l père qui restera pour s’occuper de Medhi à plein temps. Sa maladresse et sa tendresse rythment le quotidien. Le narrateur fait des projets, achète une Vespa pour promener son garçon mais tout devient vite compliquer quand la maladie s’en mêle.

Brigitte Giraud évite l’écueil des larmes versées trop facilement et du sentimentalisme. Elle nous présente un homme face à la maladie, complètement désemparé. C’est le récit d’un père qui se bat au quotidien pour donner un semblant de vie à son fils même s’il sait que tout est joué d’avance.

Cette histoire ne m’a pas touchée bizarrement. Peut-être parce qu’il s’agit du récit du père. Cela m’a même dérangée quelques fois. J’ai trouvé que le personnage parlait beaucoup de lui, qu’il en devenait peut-être un peu égoïste. Il reproche beaucoup de choses à sa femme, à sa fille, au monde entier. Il se revendique comme un homme devant porter sa croix. Sa position nouvelle au sein de la famille semble le perturber.J’ai eu l’impression qu’il se revendiquait comme la seule personne à avoir le droit de ressentir du chagrin. Les autres ont failli à leur tâche.

Nous avons très peu de détails sur Medhi. Sans vouloir tomber dans le voyeurisme, on ne sait jamais de quelle maladie il est atteint. On se doute qu’il s’agit d’un cancer. La façon dont le roman est racontée m’a paru étrange. Le père de Medhi apparaît abattu dès le départ. Il n’y a pas de réelle conviction dans ses paroles. C’est un être seul qui sait qu’il a déjà perdu et qu’il devra vivre sans Medhi.

Une seule scène m’a émue. Medhi se rend au Museum d’histoire naturelle avec son père. Les animaux empaillés, les papillons, le renvoient à sa propre situation si fragile, si éphémère. Ce sera un des deniers moments de bonheur passé en famille.

Un roman auprès duquel je suis peut-être passée. Je n’ai pas été touchée. Et vous, si vous l’avez lu, qu’en avez-vous pensé?

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