Rien ne s’oppose à la nuit, Delphine de Vigan

L’auteur revient sur la vie torturée et tumultueuse de sa mère, depuis son enfance jusqu’à son suicide récent. Un hommage en quelque sorte à cette femme qui l’a toujours fascinée.

 

Rien ne s’oppose à la nuit navigue entre la biographie et le roman. Delphine de Vigan raconte la vie de sa mère Lucile. C’est elle qui découvre un matin son corps inanimé. Lucile a mis fin à ses jours. L’auteur décide alors de revenir sur la vie de cette femme. Pour cela, elle s’est beaucoup documentée: elle a interviewé ses oncles et tantes, elle a retrouvé des lettres, des morceaux de journal intime. A partir de tous ces éléments, elle tente de reconstituer la vérité et elle imagine Lucile d’abord enfant, puis ado et enfin femme.

On suit avec grand intérêt l’histoire de Lucile. C’est une jeune fille très jolie qui pose dans des magazines de mode et qui permet parfois d’arrondir des fins de mois difficiles. Il faut dire que la famille est nombreuse (7 enfants). C’est un joyeux capharnaüm au quotidien géré par Lina, la maman de toute cette tribu. Lucile grandit à Paris, dans une famille plutôt joyeuse et soudée.

Mais bientôt les drames familiaux s’enchaînent. Avec d’abord la mort d’un premier enfant puis d’un second. Lucile semble traverser la vie avec beaucoup de peine jusqu’au jour où elle révèle son terrible secret….C’est l’histoire émouvante d’une femme qui ne semble jamais trouver sa place dans ce monde.

C’est donc un personnage paumé, fragile, frappé par la maladie (elle était bipolaire) que l’auteur nous présente. L’histoire de Lucile m’a touchée, parfois émue. Mais j’ai surtout aimé le regard que pose l’auteur sur sa propre mère. C’est un regard qui ne juge jamais mais qui constate. Dieu seul sait comme elle a dû souffrir entre deux crises de délire! C’est parfois dur à lire et à comprendre au sens où l’histoire est tellement incroyable qu’on a du mal à accepter la vérité.

On sent beaucoup de tendresse chez l’auteur. C’est à la fois une histoire qui raconte Lucile en détail et qui permet peut-être à l’auteur de se confier mais c’est aussi un roman très pudique. Souvent l’auteur se confie sur les doutes qu’elle a à propos de son récit. Elle se demande s’il est légitime d’écrire sur sa mère. Les difficultés sont nombreuses et le travail de l’écrivain est ici plus que jamais crucial.

Un très beau roman, un très bel hommage à celle qui fut une mère étrange…..

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2 réflexions sur “Rien ne s’oppose à la nuit, Delphine de Vigan

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