Katharina Hagena, le goût des pépins de pomme

A  la mort de sa grand-mère Bertha, Iris Berger hérite de la maison familiale à Boostshaven, dans le nord de l’Allemagne. Elle n’envisage d’abord pas de la conserver mais à mesure qu’elle redécouvre chaque pièce, ses souvenirs ressurgissent……

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Le goût des pépins de pomme a reçu le prix des lecteurs 2011. Ce petit roman (285 pages) est écrit tout en finesse et en douceur.

On suit la narratrice Iris qui a hérité de la maison de sa grand-mère Bertha. Après l’enterrement, elle décide de passer quelques jours à Bootshaven, histoire de régler les problèmes de succession. Pendant ce séjour, elle va redécouvrir les pièces de la maison et une multitude de souvenirs va remonter à la surface. Elle qui ne venait chez ses grand-parents qu’en vacances, redécouvre les lieux avec ses yeux d’adulte.

Le roman commence par des souvenirs ténus, des anecdotes puis au fur et à mesure la mémoire se fait plus précise. Iris nous parle avec émotion de Bertha sa grand-mère qui perd la tête. Comme le sable dans un sablier, ses souvenirs s’écoulent inexorablement. Petit à petit, Iris reconstruit des pans entiers de son passé. Mais derrière la légèreté apparente de ses propos, plane toujours l’ombre de Rosemarie sa cousine morte à 16 ans dans d’étranges circonstances. Le récit des souvenirs est entrecoupé par la vie d’Iris qui profite de son séjour forcé pour ses poser les bonnes questions à propos de son avenir. Mais très vite elle se replonge à nouveau dans le passé. A la manière d’une madeleine de Proust, l’odeur des pommes ou de la terre-battue, la vision fugitive d’un vêtement font remonter des souvenirs.

En redécouvrant la maison, Iris découvre des secrets de famille. Elle interroge ainsi son voisin Mr Lexow qui confie avoir aimé sa grand-mère dès qu’il l’aperçut. Ou alors était-ce Anna la soeur de Bertha? Les fils s’emmêlent, s’entrecroisent. La vérité semble parfois proche mais se dérobe à chaque fois. Iris comprend certaines choses. D’abord cette étrange inimitié qui règne entre sa mère Christa et ses tantes. Ensuite cette relation étrange qu’entretenait Rosemarie et la petite voisine Mira, relation qui l’aurait poussée à commettre l’irréparable.

En dehors des souvenirs, des analepses, on suit la vie d’Iris. Bibliothécaire maladroite, elle enchaîne les situations les plus absurdes. C’est dans ce village qu’elle va revoir Max, un ancien camarade. Les dialogues entre les deux personnages m’ont déçue. Je les ai trouvé un peu « plaqué ». C’est d’ailleurs le seul reproche que je ferai à ce roman tout en retenue.

Le fin du livre éclaire le lecteur sur certaines zones d’ombre qui traversent le récit d’Iris. C’est sur ces dernières phrases émouvantes que se conclut le roman:  » Quand je lui téléphone, nous ne parlons ni l’une ni l’autre de Rosemarie. Nous ne parlons tellement pas d’elle que nous pouvons entendre sa respiration dans l’écouteur. Et le bruissement du vent nocturne dans les branches du saule ».

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