Le grand Meaulnes, Alain-Fournier

En 189*,  dans le Cher, François Seurel vit une existence paisible. Fils de l’intituteur, ses journées sont rythmées par l’école, le lecture le soir au coin du feu, les promenades dans la campagne brumeuse. Un jour, Augustin Meaulnes, bientôt surnommé « le grand Meaulnes », débarque pour faire ses études aux côtés des autres étudiants. La vie de François va en être totalement chamboulée. Meaulnes prend le jeune garçon sous son aile et en peu de temps devient la coqueluche de l’école communale.

Un jour, Meaulnes ne se présente pas en classe. Il réapparaît trois jours plus tard et semble avoir bien changé. Il confie alors à son ami François avoir participé à une étrange fête dans un vieux château en ruines. Là-bas, il a fait la connaissance d’une jeune femme dont il est tombé éperdument amoureux. Il n’aura alors de cesse, avec François, de retrouver cet étrange et délicieux « Domaine » qui semble avoir été oublié de tous.

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Quel étrange et envoûtant roman que Le grand Meaulnes. Un classique jamais lu pour ma part et qui m’a laissée songeuse.

En effet, Alain-Fournier, l’auteur, a écrit ce livre alors qu’il était encore très jeune (27 ans). Un an plus tard, il mourra au combat (guerre de 14-18). Destinée bien tragique pour ce romancier qui vient accentuer le mystère nimbant ce roman. Alain-Fournier s’est inspiré de son histoire personnelle pour écrire. Il évoque en fait sa rencontre avec une jeune femme. Fasciné par celle-ci, il la suit dans les rues de Paris. Malheureusement, la jeune fille est déjà mariée. Triste découverte pour l’auteur qui ne connaîtra pas le bonheur d’un amour accompli.

Le grand Meaulnes devient ainsi une sorte de double de l’auteur. Lui aussi est totalement ébloui par une jeune femme qu’il rencontre lors d’une fête. Pensant qu’elle est mariée ou qu’elle est en passe de l’être, Augustin Meaulnes va sombrer dans une douce mélancolie.Ce n’est que bien plus tard, même trop tard, qu’il s’apercevra de son erreur. Le bonheur semble impossible pour ce jeune homme qui tente pourtant d’y parvenir.

Mélancolie, vague à l’âme sont les termes que je choisirais pour qualifier ma lecture. En effet, à tout moment, le lecteur est perdu entre réalité et rêve. L’épisode de la fête est troublant. Augustin est accueilli comme s’il avait été attendu depuis longtemps. Il semble pour la première fois entrevoir le grand amour pour être déçu aussitôt. Le lecteur erre entre deux mondes tout au long de sa lecture. Etait-ce une illusion ou la réalité? Il faut attendre les dernières pages du roman pour obtenir une réponse terrible et comprendre pourquoi Augustin semble si inquiet, éternellement triste et insatisfait.

J’ai apprécié aussi le côté historique du roman qui retranscrit parfaitement la vie de cette de fin du XIXème siècle. L’auteur transmet un goût doucement nostalgie. La salle de classe chauffée par l’unique poêle, l’école buissonnière, les veillées au coin du feu le soir, les plaisirs simples comme les baignades dans la rivière. L’auteur nous plonge dans une ambiance fin de siècle qui signe la fin des jours heureux avant les épisodes tragiques du nouveau siècle.

Une lecture qui m’a séduite grâce au rêve et à l’ambiance qu’elle distille. Un roman qui laisse son lecteur rêveur.

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