Maus, Art Spiegelman

Un petit mot rapide pour vous parler d’une BD culte, Maus. Si vous ne devez lire qu’une seule BD dans votre vie, c’est bien celle-là.

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   Maus, c’est l’histoire de l’auteur Arthur Spiegelman. Dessinateur New-Yorkais, il demande à son père de lui raconter son passé. C’est ainsi que le récit débute. Vladek, le père d’Art, a connu la seconde guerre mondiale. Juif polonais, il raconte d’abord l’antisémitisme. Issu d’une famille plutôt pauvre, il épouse Anja, fille d’un riche industriel. Les affaires marchent bien pour Vladek qui s’est associé mais avec l’arrivée d’Hitler au pouvoir, ll voit bientôt ses biens confisqués un à un. Puis c’est la traque, la fuite, la peur et enfin l’enfermement dans les ghettos. La promiscuité, la faim, la saleté, les brimades.

Vladek est débrouillard et s’en sort plutôt bien. Il refuse de sacrifier sa famille et imagine un tas de ruses pour échapper aux nazis. Malheureusement comme beaucoup d’autres, la chance tourne: il se fait alors arrêter avec sa femme Anja. Ils sont tous les deux expédiés à Auschwitz. Vladek, là encore s’en sort. Il connait quelques bribes d’anglais et se porte volontaire pour enseigner quelques rudiments au kappo de son baraquement en échange d’un peu de nourriture. Mais chaque jour il pense à sa femme. Il tente désespérément de savoir si elle est toujours en vie alors qu’il aperçoit au loin les fumées des fours crématoires telles un présage funeste. En suivant le périple de Vladek, on se rend compte que tout à un prix dans ces camps de la mort: le moindre renseignement, la moindre bouchée de pain rassis se monnaye.

Vladek nous parle de son histoire personnel mais raconte aussi les horreurs qu’il a vu de ses yeux: les juifs trop faibles pour marcher que l’on abat comme des chiens enragés, les trahisons, les dénonciations, les passages à tabac.

L’horreur vécue est renforcée par la force du dessin. Ici, pas de visages humains. Les nazis sont des chats, les Polonais des cochons, les juifs des souris, les Américains des chiens. L’innocence de la souris face au chat cruel et avide de sang accentue le côté dramatique de la BD.

Il n’y a guère de quoi sourire sauf quand Art raconte son père ,des années après la fin de la guerre. Il n’a jamais oublié et porte sur lui les séquelles de ces années dans les camps de concentration comme cette manie de ne jamais rien gâcher.

Pas de morale manichéenne non plus. Simplement le besoin de raconter une histoire, peut-être semblable à celles de beaucoup d’autres rescapés des camps de la mort. Une façon pour Art de ne jamais oublier son histoire familiale.

Une vraie claque artistique et humaine!

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