Victoria et les Staveney, Doris Lessing

Titre VF: Victoria et les Staveney

Titre VO: Victoria and the Staveneys

Auteur: Doris Lessing

Publié aux éditions Flammarion, 2010

 

 

 

 

 

 

 

 

L’histoire se déroule à Londres sur plusieurs décennies. Victoria est une petite fille de 9 ans. Elle est noire, pauvre et va dans une école publique adaptée à sa condition sociale. Elle a perdu sa mère et vit avec sa tante. Or cette dernière tombe gravement malade. Victoria se retrouve seule à la sortie de l’école: personne n’est venu la chercher.

Thomas Staveney a 7 ans. Il est dans la même école que Victoria sauf qu’il est blanc et que sa famille est très riche. Son père a tenu à ce que ses deux enfants fréquentent cette école afin qu’ils sachent « comment cela fait de vivre de l’autre côté ». C’est Edward, le frère de Thomas qui est chargé, à la suite d’un hasard, de récupérer Victoria. Elle devra passer la nuit chez les Staveney.

Quand Victoria arrive chez les Staveney, elle découvre un autre univers: la cuisine pourrait à elle seule abriter une famille entière!! Victoria n’oubliera jamais cette rencontre. Bien des années plus tard, elle est prête à saisir sa chance…

 

C’est donc la première fois que je lis un roman de Doris Lessing, prix Nobel de littérature! Ce roman est très court (150 pages) mais je pense qu’il reflète le style de l’auteur et les thèmes qui lui tiennent à cœur: le racisme, la condition des femmes, les différences sociales.

Victoria et les Staveney, c’est la rencontre entre deux mondes, c’est le choc des cultures. Victoria est noire, pauvre et orpheline: elle n’a rien et sa vie ne sera qu’une suite de luttes pour tenter de s’extraire de sa condition sans jamais y parvenir vraiment. Les Staveney sont blancs, riches: c’est une famille d’artistes. Ils ont tout. Mais ils incarnent aussi les valeurs de la bourgeoisie: les riches restent entre riches; accueillir une fille noire dans sa propre maison permet de prouver au monde son degré d’ouverture d’esprit, sa tolérance comme un faire-valoir. Les apparences priment avant tout.

L’histoire se déroule sur plusieurs années depuis l’enfance de Victoria jusqu’à ses 30 ans. La jeune fille est belle et intelligente: elle tente de s’en sortir comme elle peut. Mais comme frappée d’atavisme, elle retombe dans la misère. Pourtant elle parvient à toucher du doigt son rêve. Elle aura un enfant avec Thomas Staveney: une petite métisse, Mary, que la famille va s’empresser de revendiquer dans son besoin d’afficher son ouverture au monde et aux autres.

Tout au long de l’histoire, on contemple Victoria se débattre pour finalement s’incliner. Trop faible ou peut-être déjà trop usée par la vie, elle accepte l’inévitable. Émouvante, Victoria montre bien qu’elle n’a pas et n’aura jamais sa place aux côtés des Staveney. Elle est noire, ils sont blancs. Elle ne mesurera pas toutes les conséquences de ses actes.

Le lecteur l’accompagne au fil de son histoire et aimerait lui suggérer de renoncer. Il la contemple qui s’enfonce de plus en plus sans pouvoir rien faire.

Doris Lessing nous livre un roman doux-amer où la cruauté n’est que suggérée. Un très beau moment de lecture.

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2 réflexions sur “Victoria et les Staveney, Doris Lessing

  1. J’ai moi aussi beaucoup aimé ce court roman, mais je l’ai trouvé bien trop court, ce qui a fait que les évènements s’enchainent trop vite, on a l’impression que ça a été bâclé…

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