La mort s’invite à Pemberley, P.D James

Titre VF: La mort s’invite à Pemberley

Titre VO: Death comes to Pemberley

Auteur: P.D James

Publié aux éditions Fayard, 2012

 

 

 

 

 

 

 

P.D James s’appuie sur le roman Orgueil et préjugés de Jane Austen pour bâtir son intrigue.

A la veille du grand bal annuel donné à Pemberley par les Darcy, les amis et la famille proche de la famille sont réunis dans le salon. C’est alors qu’au loin, on aperçoit un équipage lancé à grande vitesse. Il s’agit de Lydia Wickham, la sœur d’Elizabeth et Jane. Elle descend terrorisée de la voiture déclarant qu’elle a entendu des coups de feu et que son époux Wickham court un grave danger dans le bois du domaine.

Darcy et quelques hommes se décident à aller constater d’eux-mêmes les dires de Lydia, bravant la tempête et la nuit profonde. Ils font une bien macabre découverte: Denny, l’ami de Wickham est retrouvé mort tandis que Wickham lui-même s’accuse du meurtre….

 

Je me suis fait véritablement une grande joie de retrouver Elizabeth, Darcy et tous les personnages qui ont fait d’Orgueil et Préjugés un magnifique roman. Le lecteur les retrouve à Pemberley alors qu’ils ont tous grandi et évolué dans la vie: chaque couple a fondé une petite famille. Le début du roman permet à P.D James de poser le décor de son intrigue et de rappeler à tout à chacun le rôle et les relations qu’entretiennent les différents personnages. C’est un passage obligé pour ceux qui ne connaissent pas le roman de Jane Austen ou qui l’ont lu il y a bien longtemps. C’est cependant superflu et redondant pour tous les fans du livre! Il faut donc dépasser les 50 premières pages avant que la machine ne se mette enfin en branle.

La découverte du corps se fait rapidement ainsi que les aveux du supposé meurtrier. P.D James manie bien les codes de la langues de l’époque: son style correspond presque parfaitement à celui de Jane Austen. C’est toujours la politesse et les codes de la bonne société qui conduisent les personnages à agir de telle ou telle façon. J’estime qu’elle a plutôt bien cerné la psychologie des personnages et qu’elle ne les trahit pas.

On suit le déroulement de l’enquête avec attention. Alors que tout porte à croire que Wickham est le seul coupable, P.D James laisse planer le doute grâce à une sombre histoire de fantômes.

J’ai donc adoré retrouver tous ces personnages, notamment Elizabeth qui brille toujours autant par son esprit vif et son intelligence. Cependant, il manque toute l’ironie mordante de Jane Austen qui pointe du doigt les travers de la société par des répliques cinglantes et suggestives. C’est le plus grand reproche que je ferai à l’auteur ici. Elle n’a pas su restituer ce côté ironique et critique. A Pemberley, tout le monde est beau et gentil. Tout au long du roman, P.D James ne cesse de répéter que les Bingley et les Darcy sont les meilleurs maîtres du monde; les domestiques sont les plus dévoués; les juges les plus impartiaux; etc, etc…. Cela en devient lassant, trop lisse. Il manque la granularité qui faisait tout le sel des romans de Jane Austen.

J’ai tout de même passé un agréable moment. Une chose reste certaine à l’issue de ma lecture: Jane Austen ne sera jamais égalée.

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3 réflexions sur “La mort s’invite à Pemberley, P.D James

  1. En même temps, écrire une enquête policière en reprenant les personnages et l’univers d’une des plus grandes romancières anglaises, c’était très risqué ! Mais d’après ton billet, P.D James s’en sort pas si mal ! Je vais attendre qu’il soit dispo à la bibliothèque.

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