Compartiment pour dames, Anita Nair

Auteur: Anita Nair

Titre: Compartiment pour dames

Éditions: Picquier Poche, 2004

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un jour, Akhila décide de partir vers l’extrémité sud de l’Inde, là où se rencontre l’océan Indien, la baie du Bengale et la mer d’Arabie, pour faire le point sur une vie qu’elle a l’impression de n’avoir pas vécue. Dans le train qui la conduit à destination, elle fait la connaissance de ses compagnes de voyage, avec lesquelles elle va partager toute une nuit l’intimité d’un compartiment pour dames. A travers leurs confidences Akhila cherche la réponse aux questions qu’elle se pose : une femme a-t-elle vraiment besoin d’un homme pour être heureuse, pour se sentir épanouie ? Comment trouver en soi la force de vivre la vie qu’on a choisie, de redevenir maîtresse de son destin ?

Compartiment pour dames est un roman à plusieurs voix qui donne la parole aux femmes. Akhila est une femme de 45 ans qui s’est toute sa vie sacrifiée pour sa famille. A la mort de son père, c’est à elle qu’est revenu la charge de s’occuper de sa mère, de ses frères et de sa sœur Padma. Aussi, elle ne s’est jamais mariée, trop occupée à travailler et à assurer l’avenir de sa famille.

Un jour, elle décide de prendre le train seule et de partir. En accomplissant cet acte, elle fait preuve de beaucoup de courage. En effet, la société indienne voit plutôt d’un mauvais œil qu’une femme voyage seule, sans être accompagnée par son mari, son père ou son frère. Akhila fait fi de tout cela et prend le premier train de nuit qui la mènera jusqu’au Sud de l’Inde.

Le voyage se déroule dans un compartiment réservé aux femmes. Akhila va alors faire la connaissance de plusieurs femmes, toutes différentes, toutes uniques. Elle voit l’occasion dans ce voyage de se confier et de demander conseil. A-t-elle raté sa vie? Devrait-elle se marier? Chaque femme va alors lui raconter son histoire personnelle afin d’éclaire et de guider Akhila. Les chapitres s’alternent pour leur donner la parole. Qu’elle soit âgée ou jeune, chaque femme a son mot à dire.

L’histoire de ces femmes est l’occasion de faire un point sur l’état de la société indienne et sur les relations homme/femme. On apprend beaucoup de choses. Ainsi, une femme doit impérativement se marier si elle veut se faire respecter. Certaines femmes vont encourager Akhila à épouser un homme mais elles sont peu nombreuses. En effet, la majorité des femmes racontant leur histoire avouent que leur mariage a été raté. Coincées entre une belle-mère acariâtre et un mari exigeant, leur rôle est de faire des enfants. En dehors de cette mission, point de salut! Comment trouver sa place?

Ainsi, j’ai suivi avec intérêt l’histoire de Maggie, mariée à Ebenezer, un mari tyrannique qui l’humilie sans cesse. Bel homme, séducteur et cavaleur, Maggie va le dominer grâce à la nourriture en l’engraissant et en faisant de lui un pachyderme, incapable de se mouvoir!

Dans une autre histoire, Prabha Devi fait part en toute franchise de son désir pour son mari, désir corseté et bafoué. En effet, une femme ne doit jamais être entreprenante avec son époux. C’est ce dernier qui a pour mission de prendre les devants et de faire part de ses envies. Dans une scène d’anthologie, Prabha Devi renoue avec le plaisir dans une piscine municipale!

L’auteur critique cette société corsetée où les relations homme/femme sont très codées, où le plaisir et le sexe ne sont envisagés que du côté masculin. Grâce à ses personnages féminins, elle donne la parole à toutes ces femmes trahies, humiliées qui n’ont guère le choix sinon celui d’obéir à leur époux ou à leur famille.

Mais l’auteur montre aussi que le femme se révèle rusée et très intelligente pour contourner les interdits. Finalement, les dindons de la farce s’avèrent bien souvent être les maris qui pensent que leurs femmes leur obéissent au doigt et à l’œil.

Ce roman permet de voyager véritablement au cœur de la société indienne. Tous ces récits de femme m’ont passionnée. L’histoire d’Akhila se révèle touchante. C’est finalement une femme libre et indépendante qui éclot sous les yeux du lecteur. Quand Akhila descend du train, on est même un peu déçu que le voyage s’achève si vite!

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5 réflexions sur “Compartiment pour dames, Anita Nair

  1. Il a l’air super ! Décidément, tu sais sortir les arguments pour me convaincre sur ce genre de livres x) En plus c’est un Picquier… bon, je l’ajoute à la liste !

    L’histoire se déroule bien au 20e siècle ?

    • Oui, oui! ça se passe dans les années 2000 je pense! En tout cas comme à chaque fois on apprend plein plein de choses! En plus, je précise qu’il y a un glossaire à la fin, bien utile!

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