Les heures silencieuses, Gaëlle Josse

  Auteur: Gaëlle Josse

   Titre: Les heures silencieuses

   Éditions: J’ai Lu, 2012

  

  

 

 

 

 

 

 

 

« A l’heure où mes jours se ternissent comme un miroir perd son tain, le besoin de m’alléger de ce qui m’encombre devient plus fort que tout. Je garde l’espoir, naïf peut-être, qu’un tel aveu sera comme l’amputation d’un membre inguérissable qui, pour douloureuse qu’elle soit, permet de sauver le reste du corps. » Tout paraît à sa juste place dans la vie de Magdalena, épouse de Pieter Van Beyeren, administrateur de la Compagnie des Indes orientales à Delft. Rigoureuse, maîtresse d’elle-même, elle aurait pu succéder à son père. Mais le commerce est réservé aux hommes. Sa place est au foyer. Magdalena doit se limiter à cet espace intérieur, où elle a souhaité se faire représenter à son épinette, de dos. Un décor à secrets, que son journal intime dévoile. Déceptions, souvenirs, drames familiaux, mais aussi joies, et désirs interdits… Dans le silence de l’heure, derrière le précaire rempart de l’ordre et de la mesure, Magdalena transcrit les vacillements de son cœur, explorant les replis les plus secrets de l’âme.

 

   En moins de cent pages, Gaëlle Josse dresse le portrait d’une femme avec douceur et talent. Ce tout petit roman met en scène Magdanela. Elle partage avec le lecteur quelques heures de sa vie de femme hollandaise du 18ème siècle.

   Magdanela est avant tout une femme accomplie: mère au foyer, épouse comblée, elle semble heureuse. Si elle prend la plume pour se confier au lecteur, c’est parce qu’elle souhaite raconter pourquoi elle a voulu se faire représenter de dos sur le tableau qui ornera l’entrée de la maison et qui rendra honneur à sa famille.

   Magdanela a dû renoncer à ses rêves de petite fille pour devenir une femme respectée. Fille d’armateur, elle n’a pas pu reprendre l’affaire de son père. Le travail est en effet réservé aux hommes.

   Mère au foyer, elle a eu de nombreux enfants. Elle en a beaucoup perdu aussi. Avec retenue et finesse, Magdanela confie au lecteur à demi-mot les grandes peines de sa vie, ses espérances mais aussi ses peurs pour l’avenir de ses enfants.

   Le roman ne contient pas vraiment d’intrigue. Il permet juste de faire connaissance avec cette femme qui cache derrière les apparences et les conventions ses douleurs, ses peines et ses joies.

   Les heures silencieuses est un petit bijou, finement ciselé à découvrir.

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