La Maison de Sugar Beach, Hélène Cooper

 Auteur: Hélène Cooper

   Titre: La Maison de Sugar Beach

   Éditions: Zoé, 2012

  

  

 

 

 

 

 

 

1966, enfance dorée, Monrovia, Liberia. Aujourd’hui, grand reporter, Washington, États-Unis. Helene Cooper a grandi et vécu sa première adolescence dans le très privilégié milieu des Congos, ces descendants des esclaves affranchis d’Amérique venus créer le Liberia au XIXe siècle en Afrique. Le 12 avril 1980, grand ciel bleu, elle se réveille dans sa maison de 22 pièces, se prépare à sa leçon de ballet et à faire la demoiselle d’honneur l’après-midi.
Mais non, c’est le coup d’État, sa société est renversée. Un mois plus tard elle fuit aux États-Unis avec sa mère et sa soeur, laissant derrière elle Eunice, soeur adoptée et meilleure amie, d’une tout autre caste. Helene Cooper fait un magnifique récit sur le Liberia contemporain, à partir de sa propre histoire. Avec un subtil mélange de tendresse et d’honnêteté, elle raconte comment des gens comme elle se sont rendus coupables d’effroyables injustices sans être pour autant monstrueux.

 

   La Maison de Sugar Beach est un livre étrange qui au premier abord n’avait rien pour me séduire. Entre le document et l’autobiographie, ce livre propose de revenir sur la vie d’Hélène Cooper, naguère libérienne, aujourd’hui américaine. J’avais beaucoup entendu de bien de ce livre cet été: il a d’ailleurs remporté le Grand prix des lectrices Elle dans la catégorie « document ». Je suis tombée sur un exemplaire d’occasion, à un prix totalement dérisoire vu l’état « neuf » du livre. Avait-il été lu avant moi? J’en doute.

   Je me suis donc lancée dans cette lecture avec un peu d’appréhension et je peux dire que j’en ressors ravie, émue, bouleversée. J’ai non seulement énormément appris à travers ce livre mais j’ai aussi lu avec énormément d’attention le destin d’Hélène Cooper, un destin hors du commun.

   Tout commence au Libéria. Hélène est une petite fille presque comme les autres. Elle mène une enfance paisible et privilégiée au Libéria car elle fait partie des Congos. Les Congos sont les descendants des esclaves noirs d’Amérique ayant fondé l’État du Libéria. Première nouvelle pour moi: je connaissais bien l’existence de cet État africain mais j’ignorai totalement qu’il avait été fondé par les Américains. En quelques lignes et avec précision, Hélène Cooper rappelle au lecteur l’Histoire de son pays natal. J’avoue avoir été très étonnée par ma propre ignorance et je suis heureuse d’avoir lu ce livre au moins pour en avoir appris plus! Hélène Cooper est en plus très pédagogue: les passages dans lesquels elle relate l’Histoire de son pays ne sont ni lourds, ni ennuyants. Un vrai plaisir d’apprendre.

   Mais ce document ne s’appuie pas seulement sur l’Histoire avec un grand H. Hélène Cooper raconte son histoire à elle à la fois fascinante et émouvante. Lors du coup d’État de 1980, sa vie est menacée. En effet, les Congos privilégiés sont vivement pris à parti. La violence de tout un peuple se déverse sur eux. Il n’y a qu’un seul moyen de s’en sortir: la fuite vers les États-Unis.

   Hélène Cooper doit alors renoncer à son enfance et à sa grande maison de Sugar Beach synonyme de bonheur et d’insouciance. Sa famille part sans rien pour échouer minablement en Amérique. Il faut alors tout reconstruire dans la pauvreté et le dénuement. Mais Hélène est une fille intelligente: elle réussira par tous les moyens et deviendra même une journaliste internationale et réputée. L’histoire aurait pu s’arrêter là mais Hélène décide de retourner au Libéria, 20 après.

   A travers son histoire personnelle, Hélène Cooper raconte celle de tout un peuple opprimé d’abord par la domination des Congos puis par celle des rebelles. Malgré le style parfois journalistique de l’auteur, j’ai suivi avec passion cette histoire émouvante souvent violente et cruelle. Pour moi, il s’agit d’un livre fort et poignant: un coup de cœur sans hésitation.

Publicités

3 réflexions sur “La Maison de Sugar Beach, Hélène Cooper

  1. Pingback: C’est Lundi, que lisez-vous? #14 « carolivre

  2. J’avais écrit un comm’ mais il n’a pas dû passer. J’adore ces histoires de déracinement fait dans la violence ou la précipitation parce que l’histoire l’a décidé. Je l’ai commandé à la librairie tout à l’heure et j’ai hâte de le commencer. Merci pour cette idée 🙂

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s