Tendre est la nuit, Francis Scott Fitzgerald

Tendre est la nuit de Francis Scott Fitzgerald

Le Livre de Poche,

1985, 415 pages.

Pour l’acheter: Tendre est la nuit

 
 
 
 
 
 
 
 
Tendre est la nuit est l’histoire de l’amour de Dick et de Nicole, dont nous faisons connaissance à travers les yeux émerveillés d’une jeune actrice qui ne résiste pas au charme de Dick. Ce couple très uni cache un secret. Nicole a été soignée par Dick, médecin psychiatre. L’amour qu’elle a porté à Dick a fait de leur union une nécessité. Un jour viendra pourtant où ils devront se séparer… Mais le lecteur aura vécu avec eux les plus belles années d’une vie de loisir rendue magique par la richesse, les voyages. C’est un extraordinaire témoignage sur la vie d’entre les deux guerres qui nous est offert, un témoignage qui ne va pas sans une douloureuse nostalgie, un livre ensorcelé. 
  
 
   Cédant à la mode ambiante de Gatsby le Magnifique (nouvelle édition en poche + sortie du film au cinéma), j’étais partie pour m’offrir l’ouvrage. En parlant avec ma libraire, elle m’a convaincue de choisir Tendre est la nuit du même auteur.
  
   En ouvrant ce roman, je n’avais qu’une vague idée du contenu: une histoire d’amour entre un homme est une jeune fille comme il en existe des milliers. C’est donc presque sans conviction que j’ai entamé ce roman. Si à la fin de ma lecture, je peux dire que je n’ai pas été émerveillée, j’ai quand même passé un excellent moment.
 
   Le roman s’ouvre sur une scène au bord de la mer Méditerranée. Rosemary est une jeune femme de 18 ans. Elle a joué dans un film américain Daddy’s girl qui l’a propulsée au rang de vedette. Sur la plage de Nice, elle est rapidement reconnue par un groupe d’Américains assez bavards et lourdauds. Mais Rosemary a repéré un autre groupe de vacanciers qui semble animé par un seul homme, Dick Diver. Rapidement, la jeune femme tombe amoureuse de cet homme à la personnalité lumineuse et irrésistiblement attirante.
 
   Le seul problème à cette histoire d’amour, c’est Nicole la femme de Dick. Rosemary n’est pas jalouse car elle trouve Nicole mystérieuse et attirante. Elle comprend très vite que Dick et Nicole forment un couple à part et que quelque chose les lie à jamais.
 
   Le lecteur va donc suivre deux histoire: La première est celle de Rosemary et Dick, histoire d’amour plutôt banale entre un homme mûr et une jeune fille à laquelle on s’attend. Rosemary connaît ses premiers émois amoureux. Dick apparaît comme un modèle masculin, une passion fulgurante qui ne cessera de la dévorer. La seconde histoire est celle de Dick et de Nicole. Je dois dire que je ne m’y attendais pas. Fitzgerald a su glisser un certain mystère dans son roman. On comprend vite que Dick et Nicole sont liés par un événement important qui a traversé leur vie. Dans la deuxième partie du roman, l’auteur revient sur le passé de ces deux personnages et nous révèlent un élément de leur passé plutôt glaçant. Dick et Nicole sont un couple où l’un ne va pas sans l’autre,  où l’un n’est rien sans l’autre. Peut-être incarnent-ils la quintessence de l’amour?
 
   Au-delà de ces deux histoires d’amour, l’auteur nous balade dans l’Europe des années folles, juste après la première guerre mondiale. Et je crois que c’est cette atmosphère que je retiendrai dans le roman. Rosemary incarne la figure du lecteur qui découvre en même temps qu’elle une certaine liberté de paroles et d’actes. Fitzgerald nous plonge avec délice dans les bars enfumés où les orchestres de jazz font virevolter les couples. C’est aussi la description d’un monde aujourd’hui révolu où l’argent coulait à flot: hôtels de luxe, voyage en train à travers l’Europe, découverte des joies de la plage, farniente et oisiveté des classes supérieures. Les femmes paraissent aussi très libres. Il est courant qu’une femme prenne ouvertement un amant (et vice-versa) et que chacun s’en accommode. L’alcool est aussi un leitmotiv qui revient régulièrement. Dick et ses amis s’enivrent à l’excès: bourbon, whisky, tout est bon pour noyer son chagrin.
 
   Seul petit bémol au roman: certaines descriptions sont particulièrement longues et « cassent » la fluidité du récit. Le style de Fitzgerald apparaît parfois un peu vieillot (ou est-ce la traduction qui a mal vieilli?).
 
   Tendre est la nuit reste un roman qui en étonnera plus d’un. Fitzgerald dresse le portrait d’une société qui n’est plus, ses personnages sont ancrés dans ce qu’on a appelé plus tard « la génération perdue » à l’image de la fin du roman sombre et mélancolique.
 
  
 
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