Sanditon de Jane Austen

Sanditon de Jane Austen,

Éditions Le Livre de Poche,

2012, 403 pages,

Pour l’acheter: Sanditon

 

 

 

 

 

 

 

 

En ce début du XIXe siècle où la bonne société anglaise découvre les bienfaits des bains de mer, les Parker se sont mis en tête de faire de la paisible bourgade de Sanditon une station balnéaire à la mode. Invitée dans leur magnifique villa, la jeune Charlotte Heywood va découvrir un monde où, en dépit des apparences « très comme il faut », se déchaînent les intrigues et les passions. Autour de la tyrannique lady Denham et de sa pupille Clara gravitent les demoiselles Beaufort, le ténébreux Henry Brudenall et l’étincelant Sidney Parker, peut-être le véritable meneur de jeu d’une folle ronde des sentiments. Observatrice avisée, Charlotte saura-t-elle demeurer spectatrice ? Le cœur ne va-t-il pas bouleverser les plans de la raison ?

 

À sa mort en 1817, Jane Austen laissait cette œuvre inachevée. Une romancière d’aujourd’hui a relevé le défi de lui donner un prolongement. En effet, au début du roman, le lecteur découvre que le récit a été achevé par « une dame ». Si l’histoire ainsi poursuivie m’a plutôt plu, je n’ai par contre pas apprécié le style de la dame en question.

J’ai d’abord eu du mal à franchir les 100 premières pages. Il faut dire que le style de Jane Austen n’est pas forcément facile et heureusement, c’est ce qui fait son talent! Elle décrit avec beaucoup de délicatesse les sentiments qui animent Charlotte, cette jeune femme invitée à passer quelques jours à Sanditon.

Avec beaucoup d’ironie et de perspicacité, Charlotte pose un regard lucide sur les gens qui l’entourent. Elle n’est pas dupe de la naïveté de Mr Parker ou encore de la pingrerie de Lady Denham. Elle porte un regard plutôt amusé sur les intrigues et les cachoteries. Bien qu’on la considère comme une jeune fille candide, Charlotte se démarque des autres par sa sagacité et son intelligence. Comme souvent avec Jane Austen, notre héroïne est une tête qui pense et qui pense bien.

Quant au jeune héros, Sidney Parker, je l’ai trouvé trop américanisé à mon goût. En lisant son portrait, je ne sais pas pourquoi mais j’imaginais qu’il était américain. Il paraît trop sûr de lui, trop décontracté pour moi. Bref, il fait très « cool » et je ne trouve pas que cette image colle parfaitement avec ce qu’aurait voulu faire Jane Austen.

Passé les 11 premiers chapitres, le style de l’auteur devient plus fluide et beaucoup plus aisé à lire!  Et c’est bien normal puisque Jane Austen s’est arrêtée là. C’est donc l’autre « dame » qui a pris le relais et malheureusement on le ressent énormément. Là où Jane Austen suggère, la dame qui a repris le relais écrase tout sur son passage, ne laissant guère planer le doute.

C’est peut-être ce qui m’a le plus déçue dans ce roman. Je sais bien sûr qu’il doit être extrêmement difficile d’adopter le style de Jane Austen mais certains passages m’ont semblé traité avec trop de légèreté. Jane Austen y aurait peut-être mis plus de circonvolutions. La nouvelle auteur a parfois tendance à tirer vers le Harlequin avec des sentiments trop vite dévoilés. On voit vite clair dans le jeu des personnages.

Cependant, l’intrigue reste correcte, pleine de retournements de situations et de surprises même si les férus de Jane Austen auront vu les choses venir de loin.

Pour résumer, j’ai passé un très bon moment avec ce roman continué par une autre. L’intrigue tient le coup. Je regrette cependant une différence de style trop évidente qui gâche à certains moments la lecture.

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