Le Bouc émissaire de Daphné du Maurier

Le Bouc émissaire de Daphné du Maurier,

Publié aux éditions Phébus,

1996, 375 pages,

Pour l’acheter: Le Bouc émissaire

Élevée dans une famille londonienne aisée, Daphné Du Maurier écrit ses premières pages dignes d’être publiées à l’âge de dix-huit ans. Elle publie son premier roman, The Loving Spirit (La Chaîne d’amour), en 1931.
Le roman de Daphné du Maurier le plus connu est certainement Rebecca (1938), l’histoire du mariage d’une jeune femme avec un veuf riche et mystérieux. Œuvre saluée par la critique, qui lui apporte la gloire. Trois de ses romans ou nouvelles furent portés à l’écran par Alfred Hitchcock

 

 

 

 

John, professeur d’histoire française en Angleterre, s’apprête à rentrer à Londres. Il s’arrête au Mans. Il est à un moment crucial de sa vie: doit-il continuer sa vie ordinaire qu’il juge sans goût et sans but ou au contraire changer de cap?

Il fait alors la rencontre du Comte Jean de Gué. Chose étrange, les deux hommes se ressemblent comme deux gouttes d’eau. Après une soirée bien arrosée, John se retrouve seul dans une chambre d’hôtel. On frappe à la porte. C’est Gaston, le chauffeur du Comte qui prend John pour Jean de Gué. John se résout alors à endosser le rôle du Comte de Gué…..

Le Bouc émissaire n’est pas l’œuvre la plus connue de Daphné du Maurier et pourtant, il serait temps! Il se dégage de ce roman une telle puissance qu’il est très difficile d’interrompre sa lecture. J’ai découvert ce titre un peu au hasard cet été dans une petite librairie. J’ai tout de suite aimé l’édition Phébus et j’ai été très intriguée par ce titre de Bouc émissaire.

Dès les premières pages, le lecteur fait la connaissance de John. C’est un homme ordinaire, professeur d’Histoire à Londres. Sa vie est confortable: il fait un travail qu’il aime, il voyage et donne des conférences un peu partout. Alors qu’il s’arrête au Mans afin de faire une pause, John fait une étrange rencontre: il fait la connaissance du Comte Jean de Gué. La ressemblance entre les deux hommes est frappante: il sont identiques en tous points tels des jumeaux. Le Comte s’empresse de charmer John. Après une soirée très arrosée, John se retrouve seul. Toutes ses affaires ont disparues. A la place: celles de Jean de Gué. John comprend alors qu’on l’a trompé et il se résout à accepter d’endosser une fausse identité.

Tout s’enchaîne alors très vite. John ne veut pas trahir cette supercherie. Il est conduit au Manoir et fait la connaissance de sa femme et de sa fille mais aussi de sa mère et de son frère Paul. John découvre l’envers du décor: Jean de Gué n’est pas l’homme qu’il paraît être. C’est un être cynique qui prend ce dont il a besoin là et quand il en a besoin. Le lecteur découvre alors en même temps que John la personnalité de Jean de Gué: un homme séduisant, charmeur qui obtient toujours ce qu’il désire mais qui ne fait pas grand cas des autres à commencer par sa femme.

Le personnage de John, à un tournant de sa vie, va tenter de comprendre cet homme à travers le costume qu’il endosse et d’arranger les choses avec tous ceux qu’il a blessé.

Daphné du Maurier captive son lecteur comme jamais. Avec beaucoup d’habileté, elle fait accepter l’inacceptable. Elle déploie tout son talent d’écrivain pour mener son personnage avec adresse. Jamais il ne trahira son identité. John joue beaucoup sur les mots et sur son comportement pour tenter de comprendre les faits qui lui sont reprochés. Il découvre alors une situation familiale au bord de l’implosion. John décide de devenir le bouc émissaire: celui qui porte toutes les fautes sur son dos.

Alors que les personnages voient en John le Comte Jean de Gué, égoïste et cynique, le lecteur connaît la vérité. Il voit John tenter de rattraper les choses, certaines vieilles de plus de quinze ans. Comment comprendre et aimer une famille qui n’est pas la sienne? Avec énormément de talent, l’auteur distille ici et là un certain suspens concernant des secrets de famille inavouables que John découvre en même temps que le lecteur à son grand étonnement.

J’ai été happée par ce récit qui mêle secrets de famille et identité trouble. A plusieurs reprises, John sera tenté de renoncer à son rôle et de partir mais à chaque fois il est retenu par son sens du devoir et de la morale.

Pour résumer, Le Bouc émissaire est un roman haletant qui mêle quête de soi et suspens. J’ai vraiment eu du mal à interrompre ma lecture. Les événements s’enchaînent à la perfection et on reste suspendu au destin de John: sera-t-il démasqué ou non? Cette découverte est un vrai coup de cœur pour moi.

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6 réflexions sur “Le Bouc émissaire de Daphné du Maurier

  1. Coup de cœur partagé ! Daphne Du Maurier n’est pas assez connue et reconnue à mon goût, et ce roman en particulier. La fin continue à me laisser sur les fesses (ce n’était pas celle que je voulais, et en même temps, le roman serait moins génial si elle était autre !), mais c’est peut-être bien mon roman préféré de l’auteure, je n’arrive pas à choisir.

    • Je suis d’accord avec toi. Daphné du Maurier reste dans l’ombre alors que nombre de ses œuvres ont été adaptées au cinéma! Quant à la fin du roman, j’aurais aimé aussi une autre fin mais celle choisie par l’auteur laisse les choses plus tragiques.

  2. J’aime énormément Daphné du Maurier, qui a écrit des romans très divers et qui mériterait d’être mieux aimée de la part du grand public ! Et cette maison d’édition lui rend bien hommage.

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