Pourquoi être heureux quand on peut être normal? de Jeanette Winterson

Pourquoi être heureux quand on peut être normal? de Jeanette Winterson,

Publié aux éditions Points,

2012, 260 pages,

Pour l’acheter: Pourquoi être heureux quand on peut être normal?

Jeanette Winterson est une romancière britannique.
Connue pour ses romans surtout « Les Oranges ne sont pas les seuls fruits », cette romancière est née à Manchester et fut élevée à Accrington.

Oranges est en partie autobiographique : elle raconte son enfance dans une famille très religieuse et ses premières relations homosexuelles.
Elle y racontait l’histoire d’une enfant adoptée encore bébé par un couple extrêmement religieux, obsédé par les Saintes Écritures. Le ton du roman est parfois surréaliste, souvent humoristique.

 

Pourquoi être heureux quand on peut être normal ?
Étrange question, à laquelle Jeanette Winterson répond en menant une existence en forme de combat. Dès l’enfance, il faut lutter : contre une mère adoptive sévère, qui s’aime peu et ne sait pas aimer. Contre les diktats religieux ou sociaux. Et pour trouver sa voie.
Ce livre est une autobiographie guidée par la fantaisie et la férocité, mais c’est surtout l’histoire d’une quête, celle du bonheur. «La vie est faite de couches, elle est fluide, mouvante, fragmentaire», dit Jeanette Winterson. Pour cette petite fille surdouée issue du prolétariat de Manchester, l’écriture est d’abord ce qui sauve. En racontant son histoire, Jeanette Winterson adresse un signe fraternel à toutes celles – et à tous ceux – pour qui la liberté est à conquérir.

C’est le titre du livre, question étrange, qui sert de guide tout au long de cette autobiographie. Jeanette Winterson est une auteure anglaise reconnue et à travers cet ouvrage, elle se livre sans concession, en tentant de répondre à cette fameuse question posée un jour par sa mère adoptive.

Née d’une fille-mère célibataire, dans la très prolétaire Angleterre des années 60, Jeanette Winterson est adoptée par un couple étrange. Lui est ouvrier et obéit au doigt et à l’œil à sa femme afin d’avoir la paix; elle, est pétrie de religion, se plaint de ne pas avoir eu d’enfant naturellement alors qu’elle refuse toute sexualité.

Chez Jeanette, les livres sont bannis. Seule la Bible a le droit de citer. C’est le seul livre toléré et chaque jour, Mme Winterson en lit des chapitres entiers à son mari et à sa fille. Jeanette est très tôt désignée comme une enfant non désirée et issue du diable. Rabrouée, rabaissée sans cesse, Jeanette lutte chaque jour pour s’en sortir.

Sa mère n’hésite pas à la laisser des nuits entières sur le seuil de la porte d’entrée afin qu’elle « réfléchisse » à son comportement. Partout dans la maison, Mme Winterson affiche des citations entières tirées de la Bible et prie pour que l’Apocalypse vienne rapidement. Elle veut que son mari et sa fille culpabilisent pour des fautes qu’ils n’ont jamais commises.

Si elle l’avait voulue, Jeanette Winterson n’aurait jamais pu inventer cette famille déjantée où la mère est une extrémiste religieuse, le père complètement passif et les voisins sourds et aveugles à la détresse de cette petite fille. Comment Jeanette s’en est-elle alors sortie? Comment n’est-elle pas devenue folle à son tour ou criminelle avec aussi peu d’amour et d’attention autour d’elle?

Les livres et la littérature semblent être une des réponses. Quand Jeanette découvre le pouvoir des mots et l’évasion qu’ils procurent, son monde bascule. Elle deviendra écrivain. Son premier choc littéraire, elle le découvre à la bibliothèque de sa petite ville. N’y étant jamais allée, elle n’a aucune idée de la façon dont un lecteur s’y prend pour choisir un roman. Elle commence alors par le premier rayon, celui de la littérature, et la lettre A. Elle lira tous les romans de la bibliothèque par ordre alphabétique.

Commence alors pour Jeanette, un véritable jeu de cache-cache avec sa mère. Elle planque ses romans sous son matelas, lit le plus longtemps possible aux toilettes. A travers les livres, elle découvre le monde, l’amour et la sexualité. Celle dont la mère lui a intimé l’ordre de « ne jamais se faire toucher en bas par un garçon », se découvre une attirance pour les femmes.

Honte suprême pour sa mère qui décide de chasser Jeanette de la maison. A 16 ans, elle se retrouve à la rue. De mésaventures en mésaventures, Jeanette s’en sort et devient l’auteur qu’on connaît.

On se demande où elle a su puiser cette force pour s’en sortir seule et comment elle a pu pendant des années subir les mauvais traitements infligés par sa mère. Et c’est sans aucun atermoiement, sans aucun regret qu’elle dévide le fil de ses souvenirs. Elle raconte les choses comme elles lui sont arrivées sans dramatiser. C’est même avec beaucoup d’humour que l’auteur revient sur son passé et sur cette mère paradoxale qui ne lui a jamais donné l’amour qu’elle méritait.

Pour résumer, Jeanette Winterson ne se pose ni en victime ni en héroïne dans son autobiographie. Elle montre le chemin difficile qu’elle a parcouru sans dramatiser. Avec parfois beaucoup de légèreté et d’humour, elle revient sur les épisodes de sa vie qui font ce qu’elle est devenue. Elle montre aussi au lecteur l’incroyable pourvoir de la littérature, capable de transcender un être.

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