Le Palais de Verre de Simon Mawer

Le Palais de Verre de Simon Mawer,

Publié aux éditions Pocket,

2013, 634 pages,

Pour l’acheter: Le Palais de Verre

 

Après des études supérieures faites à Oxford, Simon Mawer enseigne la biologie d’abord dans les iles anglo-normandes, puis en Écosse et à Malte.
L’auteur vit maintenant et ce depuis une trentaine d’années à Rome.
Sa famille et son métier d’enseignant lui prenant énormément de temps, il n’a commencé à écrire qu’après la quarantaine. Son premier livre à été publié en 1989.

 

 

 

 

Tchécoslovaquie, fin des années 1920. Liesel tombe amoureuse de Viktor Landauer, héritier d’une riche famille juive. Les deux jeunes gens, qui fréquentent la haute société des années folles, rêvent d’une maison moderne. C’est à Venise qu’ils vont rencontrer l’homme capable de mener à bien ce projet, Rainer von Abt, un architecte adepte de Loos, de Mondrian, du Corbusier. Celui-ci va imaginer pour eux un palais de verre, une œuvre d’art entièrement conçue autour des transparences et de la lumière. Plus qu’une maison, c’est un véritable acte de foi dans le siècle nouveau où, les jeunes mariés n’en doutent pas, l’art, la science, la démocratie sauront venir à bout des ténèbres. Mais les espoirs du jeune couple, comme ceux de toute une société, ne vont pas tarder à être mis à mal par les aléas de la vie conjugale et de l’histoire, l’occupation nazie puis soviétique de l’Europe centrale venant bouleverser la donne.

J’ai reçu ce roman après avoir joué à un concours. J’ai ouvert ma boîte aux lettres et ce roman m’est tombé dessus, comme ça, parce que j’avais complétement oublié ledit concours mentionné plus tôt. Je l’ai donc laissé un peu traîner dans ma PAL. La couverture et le résumé ne m’inspiraient pas vraiment. Et puis, en lisant quelques (bonnes) critiques de ci de là, je me suis laissé tentée. J’ai quand même mis une semaine entière pour le lire. Il faut dire qu’il s’agit d’un bon pavé: 635 pages. Je referme cet épisode « 3615 ma vie très intéressante » pour vous livrer mon avis sur ce roman.

J’ai d’abord eu vraiment du mal à entrer dans l’histoire. Le début du roman est en effet long et traînant. On fait la connaissance de Liesel et Viktor. Ils habitent tous les deux ce qui deviendra plus tard la Tchécoslovaquie. Il est d’origine juive et a fondé une grande entreprise: la Landauer. Elle est jeune, assez belle et riche également. L’histoire du roman débute avec l’histoire du couple, fraîchement marié, sans enfants. Très vite, ils souhaitent faire construire leur maison.

A Venise, ils font la connaissance de Rainer von Abt, un architecte aux idées très modernes. Ce sera lui qui leur construira leur maison: une demeure toute en verre et en transparence, résolument moderne et tournée vers l’avenir. C’est cette partie du roman qui m’a le plus ennuyée car il ne s’y passe pas grand chose sinon l’organisation de la maison et les questions qu’elle suscite dans le couple.

Mais les choses se modifient peu à peu et prennent une tournure beaucoup plus intéressante par la suite. En effet, la seconde guerre mondiale va éclater et la vie des personnages va en être bouleversée. Le lecteur suit leurs aventures jusqu’au moment où la famille Landauer se résout à quitter l’Europe pour les États-Unis. Dans leur fuite, ils laissent derrière eux leur belle maison. J’ai apprécié alors le parti-pris de l’auteur qui délaisse pendant un moment la famille Landauer pour montrer aux lecteurs ce que la fameuse maison va devenir pendant et après la guerre. Le palais de verre devient presque un personnage à part entière. Et c’est grâce à son histoire que le lecteur plonge dans une multitudes d’autres intrigues.

Pendant la guerre, la maison deviendra une sorte de centre de recherches dans lequel les nazis essaieront de prouver qu’il y a bien une race juive et une race aryenne. Les quelques pages dévolues à cette « recherche scientifique » sont terribles et montrent la folie des pouvoirs nazis. A travers l’histoire de cette maison, l’auteur projette le lecteur dans le temps. De maison familiale, elle deviendra musée, témoin d’une époque révolue.

J’ai également aimé l’ambiance que l’auteur instaure tout au long de son roman. Ses personnages sont globalement issus de la bonne société. Le soir, ils aiment sortir écouter un concert de musique classique ou alors ils invitent le plus grand des pianistes tchèques à jouer une sonate dans leur salon. Liesel Landauer se plaît à rejoindre son amie Hanna dans les cafés où les dorures côtoient le velours des sièges, où il est doux de déguster un café turc et une part moelleuse de Sacher Torte. L’esprit libre et moderne des Landauer souffle tout au long du roman et insuffle de l’énergie au style de l’auteur. L’auteur restitue avec beaucoup de talent cette folle époque où tout semblait plus doux, plus facile et possible.

Pour résumer, malgré un début lent et difficile, je me suis attachée au destin de la famille Landauer. J’ai aimé lire le récit de leur destinée familiale et leurs pérégrinations dans la tourmente de la seconde guerre mondiale. J’ai apprécié que l’auteur donne « vie » à la maison de verre et que le lecteur découvre son histoire à travers ce siècle tourmenté.

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