Le Tournoi des ombres, Hervé Jubert

Le tournoi des ombres d’Hervé Jubert,

Le Pré aux clercs,

2013, 325 pages,

Pour l’acheter: Le Tournoi des ombres

Son bac littéraire en poche, Hervé Jubert reçoit une formation en Lettres Modernes à Reims puis en histoire de l’Art . En 2000, il quitte Paris pour le Sud-Ouest de la France et se consacre à l’écriture de romans de genre.

Hervé Jubert a fait une entrée fracassante dans la science-fiction française avec Le roi sans visage. Auteur d’une trilogie de SF chez J’ai Lu et d’un cycle fantastique aux éditions du Masque, il appartient au courant du steampunk développé dans les années 80 par quelques grands noms de la SF, comme Tim Powers ou James P. Blaylock.

 

 

 

Georges Beauregard, l’ingénieur mage, est envoyé à New London en compagnie de Jeanne, son assistante, pour sécuriser la venue d’Obéron III et de l’impératrice Titania. Au terme d’une semaine de festivités, le tunnel sous le détroit sera inauguré.
Beauregard travaillera avec John Dee, le psychomancien de la reine Victoria. Alors que les souverains respectent le programme, le smog s’abat sur la ville. Trois entités insaisissables en profitent pour accomplir un carnage. Mais le véritable ennemi se cache derrière elles. Il s’apprête à frapper l’Empire. Il s’agit d’un enfant. Et il est en colère.

 

J’avais lu cet été le 1er tome de Magies secrètes consacré au personnage du mage Georges Beauregard. J’avais adoré cette lecture fantasy pleine d’intelligence et de subtilités. Je renoue avec l’auteur Hervé Jubert à travers le deuxième tome, Le Tournoi des ombres.

Dans ce deuxième tome, le lecteur suit Georges Beauregard dans ses aventures en compagnie de la charmante Jeanne. Cette fois-ci, l’intrigue ne se déroule pas à Sequana mais à New London, de l’autre côté de la Manche. Georges Beauregard découvre une ville pleine d’individus tous plus étranges les uns que les autres. L’auteur décrit avec finesse cette ville tentaculaire faite de bizarreries à commencer par les New londoniens eux-mêmes tout en flegme. J’apprécie énormément cette écriture qui permet à l’auteur de traiter une réalité (ou même certains a priori) connue de tous avec fantaisie et humour. Ainsi, les grands monuments comme Big Ben ou le palais de la reine sont bien présents mais ils prennent une allure et une dimension différentes grâce à l’imagination de l’auteur. J’ai adoré cette capacité de montrer les choses et les êtres sous un nouvel angle. Les descriptions permettent au lecteur de s’immerger dans le roman et d’imaginer les lieux sans trop de difficulté. Les clins d’œil sont aussi nombreux à commencer par ce fameux tunnel reliant Sequana à New London.

Outre le décor, j’ai apprécié aussi l’ambiance créée par l’auteur. Qui dit Londres, dit smog. L’atmosphère se fait de plus en plus brumeuse. Les rues se couvrent d’un brouillard épais à tel point que les Londoniens eux-mêmes ont du mal à se repérer. L’arrivée de ce smog accentue l’angoisse de l’intrigue d’autant plus que ces conditions météorologiques s’accompagnent d’événements étranges. Trois femmes, libérées d’une prison, sont lâchées dans les rues de New London et commettent des crimes horribles. Pour quelle raison? Les plus malins d’entre les lecteurs auront rapidement repéré à quel mythe l’auteur fait allusion et de quelle manière il s’amuse à le détourner. J’ai encore une fois pris plaisir à retrouver disséminer ici et là de petites allusions à tel auteur, à tel peintre ou à tel mythe. Les références sont assez discrètes et toujours intelligentes et j’adore décoder ce genre de petite énigme.

Enfin, les personnages m’ont encore une fois séduite. Georges Beauregard se dévoile un peu plus dans ce roman. Il fait d’ailleurs la rencontre de son alter ego britannique John Dee ce qui ne va pas sans une certaine concurrence entre les deux hommes. On s’attache de plus en plus au mage qui fait encore une fois preuve de talent. Quant à Jeanne, son rôle devient crucial et je ne m’attendais pas à ce que l’auteur traite son personnage de cette manière. L’automate Condé apporte une touche d’humour et incarne un être mécanique plein de sentiments maladroits mais honnêtes.

Quant à l’intrigue, elle m’a tenue en haleine jusqu’au bout. On devine que sous ce smog soudain, se cache une autre menace tout aussi terrifiante et je peux vous assurer que l’auteur n’y va pas de main morte avec ses personnages. Il leur réserve bien souvent un sort très peu enviable.

Pour résumer, j’ai adoré ce deuxième tome qui apporte une nouvelle dimension à la saga consacrée à Georges Beauregard. L’auteur se renouvelle avec intelligence et finesse. Il a su créer un monde fantastique vraisemblable dans lequel le lecteur s’immerge complètement. Je remercie énormément Livraddict et Le Pré aux Clercs de m’avoir permis de lire cette pépite.

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3 réflexions sur “Le Tournoi des ombres, Hervé Jubert

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