Un portrait de Jane Austen de David Cecil

Un Portrait de Jane Austen de David Cecil,

Publié aux éditions La Petite Bibliothèque Payot,

2013, 286 pages,

Pour l’acheter: Un Portrait de Jane Austen

David Cecil fut professeur de littérature anglaise à Oxford. Il fit partie, pour un bref moment, du club littéraire des Inklings.

 

 

 

 

Si les romans de Jane Austen (1775-1817) sont encore très lus – et très « vus » quand ils sont portés à l’écran -, on ignore généralement tout de cette fille de pasteur qui a grandi dans une famille nombreuse issue de la gentry et qui, demeurée célibataire, a toujours vécu avec sa mère et sa sœur Cassandra. Elle écrivait très discrètement sur un coin de bureau et son premier roman publié, Raison et Sentiments, ne l’a été qu’en 1811, signé d' »une dame » parce qu’elle ne cherchait pas la célébrité.

« Cette jeune dame, écrit pourtant Walter Scott, a le don le plus extraordinaire qu’il m’ait été donné de rencontrer pour décrire les relations, les émotions et les personnages de la vie ordinaire.  » Car pour comprendre le génie de Jane Austen il faut se souvenir qu’elle est fille de l’Angleterre de la fin du XVIIIe siècle : elle a gouverné son existence et sa plume en conciliant précisément la raison et les sentiments selon un solide bon sens épicé d’un humour à toute épreuve.

J’ai eu envie de me lancer ces jours-ci dans une biographie de Jane Austen. Celle-ci est assez connue et j’ai sauté sur l’occasion lorsque j’ai vu qu’elle était enfin rééditée.

David Cecil a été professeur de littérature anglaise à Oxford. Son ouvrage est paru pour la première fois en 1978. Pour bâtir son propos, il a repris ses notes de ses différentes conférences données sur le sujet. Il a également lu d’autres biographies de Jane Austen afin d’étayer son livre. Si la première partie du livre ne m’a pas convaincue, j’ai apprécié plonger dans la vie de la célèbre romancière.

David Cecil commence par nous raconter la vie « avant » Jane Austen: la rencontre entre ses parents mais surtout l’état de la société anglaise de l’époque. S’il est utile de comprendre le contexte familial et social dans lequel Jane Austen va naître, j’ai trouvé que l’auteur s’y prenait mal, ennuyant le lecteur, le perdant dans des réflexions sans intérêt majeur.

Les choses deviennent beaucoup plus intéressantes dès lors que Jane Austen vient au monde. L’auteur dresse avec minutie le portrait de sa famille. J’ai beaucoup aimé en apprendre plus sur chaque membre de cette grande famille. David Cecil met en évidence les liens forts qui uniront Jane à sa grande sœur Cassandra mais aussi le rôle de son père, prépondérant. George Austen était un homme d’Église, cultivé et attentionné. Sa bibliothèque regorgeait de livres et un peu comme Mister Bennet dans Orgueil et Préjugés, il encourageait ses filles à se cultiver, à débattre. Il ne pensait pas qu’une femme devait se contenter de coudre, jouer du piano et élever les enfants. Jane Austen a ainsi lu les classiques anglais comme les contemporains et elle s’est bâti une solide culture littéraire. George avait aussi instauré une tradition dans la famille: chaque soir, à la veillée, un des membres de la famille lisait à voix haute pour le plus grand bonheur de tous.

La partie qui, selon moi, demeure la plus intéressante, reste celle où Jane Austen devient écrivain. Elle a toujours aimé écrire des lettres ou des petits romans souvent humoristiques. En effet, elle était dotée d’un humour sans faille et savait analyser à la perfection les défauts de ses contemporains. Elle n’a commencer à se lancer dans la littérature qu’à 33 ans passés! A ses débuts, Jane se cache pour écrire. En effet, elle reste empreinte de la discrétion et des bonnes manières inhérentes au 18ème siècle. Alors que son premier roman est un succès, elle persiste à rester anonyme. A la fin de sa vie, Jane Austen est reconnue comme un écrivain majeur de la littérature anglaise, adoubée par les plus grands.

Pour résumer, cette biographie reste dans l’ensemble intéressante. Elle ravira les fans de la romancière mais pourrait apparaître ennuyante pour les moins avertis. L’ouvrage, qui date de 1978, a quelques peu vieilli, et certains passages n’ont pas grand intérêt pour comprendre l’art de Jane Austen.

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3 réflexions sur “Un portrait de Jane Austen de David Cecil

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