Les enfants de Noé de Jean Joubert

Les enfants de Noé de Jean Joubert,

Publié aux éditions L’école des loisirs,

1987, 207 pages,

Pour l’acheter: Les enfants de Noé

Né à Chalette-sur-Loing en 1928, Jean Joubert est poète, romancier et auteur pour la jeunesse. Son quatrième roman, « L’homme de sable » a obtenu le prix Renaudot en 1975, « Les poèmes » 1955-1975 le prix de l’Académie Mallarmé en 1978 et « Les enfants de Noé » le prix de la Fondation de France 1988 pour le meilleur roman jeunesse.

En février 2006, des expériences dans la zone polaire provoquent une gigantesque tempête qui ensevelit l’hémisphère nord sous plusieurs mètres de neige, paralysant toute activité. Quelques années plus tard, un jeune homme, Simon, raconte la longue lutte pour la survie matérielle et spirituelle qu’il a menée avec sa famille, dans leur chalet des Alpes, au cœur de ce déluge blanc. Dans leur arche perdue, le père, la mère et les deux enfants affrontent de multiples périls, la solitude, la peur, parfois l’angoisse, mais finalement c’est l’ingéniosité et l’espoir qui l’emportent. Ils réinventent des gestes ancestraux qu’ils croyaient oubliés. 

C’est suite à une chronique lue sur un blog que j’ai souhaité découvrir ce titre. Écrit en 1987, ce roman fait figure de pionnier dans la littérature jeunesse tant son sujet paraît à la mode aujourd’hui. En effet, l’intrigue tourne autour d’une catastrophe naturelle qui isole une famille, dans leur chalet, au cœur des Alpes.

Tout commence par un matin comme un autre. Simon aide son père à couper du bois quand la neige se met à tomber sans discontinuer. Rien d’anormal ici puisque Simon et sa famille habitent les Alpes. Sauf que cette neige paraît plus dense, plus épaisse que d’habitude. Le lendemain, lorsque toute la petite famille se lève, la neige tombe toujours. La famille ne s’inquiète pas. Le père de Simon rassure les siens en prédisant que le chasse-neige passera bientôt. Mais la neige tombe toujours au point de recouvrir la maison!

Voilà Simon et sa famille coupés du monde. Plus de téléphone, d’électricité, d’accès à la lumière du soleil hormis par le toit. La vie s’organise donc. La cheminée chauffe la maison, les enfants s’occupent comme ils le peuvent en attendant de pouvoir retourner dehors. Mais bientôt les jours deviennent des semaines puis des mois. Simon et sa famille comprennent qu’ils sont bloqués durablement. Que s’est-il passé au-dehors? Sont-ils les seuls survivants d’une potentielle catastrophe naturelle?

Si j’ai aimé l’idée de cette famille isolée développée par l’auteur, j’ai trouvé qu’elle tournait vite en rond. Certes la vie se réorganise. Il faut économiser la nourriture, moudre le grain pour faire du pain, trouver des astuces pour s’approvisionner en eau. La télé éteinte, les enfants se tournent vers la lecture et s’imaginent des mondes plein d’aventures afin de s’évader de leur prison blanche. Rapidement, l’auteur fait le tour de la question et ne propose pas d’évolution ou de rebondissements qui viendraient pimenter la vie des habitants de la maison.

L’écriture apparaît d’autre part vieillotte. C’est Simon qui est le narrateur et on sent qu’il s’agit d’un enfant. Ses réflexions restent très infantiles et je me suis parfois ennuyée à le lire raconter ses petites histoires. L’image de la famille m’a aussi déplu: la mère de Simon adooooore faire la cuisine tandis que son père, attend sagement, pipe au bec, que le repas soit servi. Le schéma familial proposé par l’auteur est très stéréotypé à tel point que la mère, si fragile, tombe malade, tandis que le père, ce héros moderne, ne faiblira pas mais sauvera toute sa petite famille. La vision que nous offre l’auteur est loin d’être moderne!!

Vers la fin du roman, l’auteur émet une hypothèse sur les raisons de cette soudaine tempête de neige. Certains éléments futuristes viendront d’ailleurs au secours des habitants. Si cette dernière partie redonne du souffle au roman, elle n’est hélas, pas assez creusée, développée selon moi. J’aurais aimé que l’auteur nous en dise plus. Même si l’on se doute que ce roman est une réécriture du mythe de l’arche de Noé, l’auteur aurait pu être moins catégorique. On le voit venir de très loin avec ses gros sabots. Les clichés et les sous-entendus sont trop nombreux!

En bref, sans avoir détesté ce roman, je n’ai pas vraiment accroché non plus. Je l’ai trouvé trop superficiel et répétitif. Les personnages ne sont pas assez développés. Ils répondent à des clichés bien établis qui gâchent la lecture de ce roman d’anticipation.

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4 réflexions sur “Les enfants de Noé de Jean Joubert

  1. avis assez mitigé donc…
    en lisant le résumé je me disais que ça me plairait beaucoup: l’isolement au cœur des Alpes etc… si je le trouve en médiathèque à l’occasion pourquoi pas…

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