Ressacs de David-James Kennedy

Ressacs de David-James Kennedy,

Publié aux éditions Fleuve noir,

2014, 428 pages,

Pour l’acheter: Ressacs

 

 

 

 

 

 

 

Jean-Christophe d’Orgeix est interne dans un hôpital isolé au bord des falaises en terres basques. Par une nuit d’orage, alors qu’il vient contrôler un patient arrivé dans l’après-midi et souffrant de blessures graves après un accident de la route, il comprend que ce dernier a été agressé en plein hôpital et n’arrive pas à le sauver. Fou de rage, Jean-Christophe d’Orgeix part à la poursuite de l’agresseur. On ne le reverra jamais. Thomas, interne également et particulièrement affecté par la disparition de son ami, mène l’enquête en même temps que la police. Et bientôt il découvre une chose étrange. Dans cet hôpital, un ancien monastère construit par les Augustins 1000 ans plus tôt, d’autres disparitions ont eu lieu. Et notamment celle d’un jeune interne sept ans auparavant dont l’histoire personnelle est semblable à celle de Jean-Christophe d’Orgeix en tous points, et dont les photos montrent qu’il en est l’exact sosie…

J’avais entendu une critique à la radio qui m’avait emballée et donné envie de lire ce thriller. Le critique insistait sur cette étrange légende de moines et sur ce mystérieux hôpital psychiatrique. Je m’attendais à un thriller très noir, plein de mystères et j’ai été partiellement déçue à l’issue de ma lecture. Voici pourquoi.

Je n’ai d’abord pas été happée par l’ambiance développée par l’auteur. L’intrigue se déroule dans le sud ouest, près de Biarritz, dans un hôpital militaire. Tout commence un soir de tempête: vents hurlants, pluie, tonnerre et éclairs. Les éléments se déchaînent. Malgré cette mise en condition, je n’ai ressenti ni angoisse ni malaise. L’auteur se sert d’un cliché vieux comme le monde mais il ne réussit pas à s’en démarquer. Tout apparaît comme dans un mauvais téléfilm et c’est bien dommage.

Un peu plus tard dans le thriller, l’auteur met en proie son personnage principal, Tom, face à une étrange disparition, celle de Jean-Christophe d’Orgeix, un interne. Par où s’est-il enfui? En effet, il n’y a qu’une seule issue et personne ne l’a vu quitter l’hôpital. Et pourtant… Il y a un gros gros indice dès le début, mentionné à plusieurs reprises. Je ne dirai pas lequel mais j’avais deviné bien avant Tom, bien avant les gendarmes qui s’occupent de mener l’enquête. On se demande pourquoi ils ne dirigent pas leur enquête dès le départ de ce côté-ci tellement le lieu paraît évident. En tout cas, l’auteur manque de cohérence.

Et c’est justement ce manque de cohérence qui m’a le plus ennuyée dans cette histoire. En effet, outre la disparition de Jean-Cristophe d’Orgeix, Tom découvre l’existence d’une sorte de laboratoire secret qui se sert de patients hospitalisés pour réaliser d’étranges expériences. Les deux affaires n’auront au final rien en commun et à la fin du roman, on se retrouve avec deux histoires complètement différentes. J’ai trouvé cela étrange de la part de l’auteur. Pourquoi ne pas avoir relié les deux intrigues? Cela aurait apporté plus de crédibilité au thriller. Et enfin pourquoi faire passer la gendarmerie pour des incapables tout au long du roman? En effet, c’est Tom, le personnage principal, qui va mener toute l’enquête de A à Z. Il se fie à son instinct et boucle l’affaire en une semaine, là où la gendarmerie incarnée par l’officier Bost n’avancera pas d’un pouce. Là encore, j’ai trouvé l’idée maladroite. Les deux personnages, Tom et Bost, aurait pu travailler de concert: l’intrigue n’en aurait été que plus crédible.

Enfin, pourquoi ne pas avoir exploité cette légende des moines? Le roman en aurait été plus profond, plus noir. C’est dommage car l’auteur lance des idées mais ne les exploite pas assez. Il se contente de les effleurer à peine et laisse son lecteur sur sa faim…

Tout n’est quand même pas à jeter dans ce thriller. La fin du roman est bien menée et c’est d’ailleurs dommage qu’il faille attendre aussi longtemps pour voir les choses se corser et décoller enfin! C’est donc une lecture mitigée pour moi. L’auteur semble encore balbutier: il lui manque de la maturité dans l’écriture et dans le déroulement de son intrigue pour parvenir à quelque chose de vraiment bon.

Une réflexion sur “Ressacs de David-James Kennedy

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