Les voies d’Anubis de Tim Powers

Les Voies d’Anubis de Tim Powers,
Publié aux éditions J’ai lu,
1986, 478 pages,
Pour l’acheter: Les Voies d’Anubis
 
 
 
 
Vraiment, pourquoi Brendan Doyle, jeune professeur californien, aurait-il refusé de faire à Londres cette conférence payée à prix d’or? Comment deviner que l’attend la plus folle et la plus périlleuse des aventures ?
Voyez plutôt: à peine arrivé, le voici précipité, par une mystérieuse brèche temporelle, dans les bas-fonds de Londres. De Londres en 1810 ! Sorciers, sectes et rumeurs de loup-garou … Et, nul doute, quelqu’un cherche à l’enlever sinon à le tuer !
Au hasard de sa fuite, Doyle régressera jusqu’en 1685 puis sera projeté dans l’Égypte de 1811 où des magiciens vénèrent encore le dieu Anubis.
Traqué, maintes fois capturé et toujours s’échappant, il cherche à corps perdu la « brèche » du retour.
Les Voies d’Anubis est un roman qu’on pourrait classer dans la catégorie science-fiction. Je l’ai découvert sur plusieurs sites de blogueurs livresques et leurs avis m’ont à chaque fois donné envie de le lire.
L’intrigue débute avec Brendan Doyle, professeur de littérature anglais du 19ème siècle. Il est spécialiste de Coleridge et s’intéresse particulièrement à un obscur poète anglais du nom de Ashbless. Il est contacté par un certain Darrow afin de se livrer à une expérience inédite: faire un saut dans le temps et rencontrer Coleridge lors d’une conférence donnée en 1810. Doyle se laisse tenter mais rien ne se passe comme prévu. Il ne parvient pas à revenir de son voyage et reste coincé au 19ème siècle. C’est le début de l’aventure pour Brendan qui ne sait pas encore qu’il est au cœur d’une machination infernale….
En effet, tandis qu’il cherche à tout prix à revenir en 1983, un certain Docteur Romany s’entête à le kidnapper afin que Brendan lui livre tous ses secrets sur les fameuses brèches temporelles qui permettent d’aller et venir dans le temps. L’intrigue se complique de plus en plus. Brendan doit non seulement chercher à s’échapper de cette époque qui n’est pas la sienne mais également sauver sa peau.
Dans ce récit, Tim Powers s’en donne à cœur joie. Avec Doyle, le lecteur explore les bas-fonds du Londres du 19ème siècle. En effet, Doyle va devenir mendiant pour survivre et il devra entrer dans l’une de « ces confréries ». L’auteur dévoile à son lecteur tout un pan de la société qui tente tant bien que mal de vivre, vivant de mendicité et de larcins. Doyle est adopté par une troupe de clochards qui lui font jouer le rôle de « Tom le muet ». Doyle s’en sort plutôt bien et se fait même un allié: Jacky, un jeune homme très efféminé. J’ai beaucoup apprécié la galerie de portraits dressée par l’auteur qui détaille avec soin chaque personnage tant du point de vue physique que psychologique. On s’y perd même un peu à certains moments tant les personnages sont nombreux et jouent tous un rôle important. Le personnage du clown Horrabin est particulièrement réussi et m’a même fait frissonner tant il apparaît pervers et machiavélique.
L’intrigue prend un nouveau tour quand la magie s’en mêle. Là encore, l’auteur se fait plaisir! Le Docteur Romany est capable de jeter des sorts et surtout de créer des « kas », sortes de sosies capables de prendre la place du véritable personnage et doté de tous ses souvenirs! Très pratique lorsqu’on veut se débarrasser de quelqu’un tout en voulant garder trace de ce qu’il sait. Le Docteur Romany veut renverser le pouvoir afin d’instaurer à nouveau le règne d’Anubis. Son rêve devra passer par de nombreux meurtres et attentats conte la couronne. L’auteur déploie une intrigue politique complexe qui prend ses racines en 1810 et qui coure sur plusieurs décennies.
La magie et les phénomènes fantastiques prennent plus d’ampleur. L’auteur fait intervenir un personnage nommé Joe face de chien capable de changer de peau à l’infini et de se glisser dans celle de sa future proie! Doyle en subira les conséquences. Attaqué par Joe face de chien, il va échanger son corps avec lui et se retrouver dans celui du poète Ashbless! Mais alors, ce Ashbless au départ existait-il vraiment? Si Doyle n’avait pas pris sa place, aurait-il écrit les poèmes qui ont fait sa renommée? Car au-delà de la fantaisie du roman et de la magie qu’il décrit, l’auteur mène une réflexion sur le sens de l’Histoire. Peut-on en changer le cours? Et si Doyle n’avait pas fait ce voyage dans le passé, Ashbless aurait-il exister? C’est la théorie des « et si » mise en œuvre ici avec brio.
Certains détails qui apparaissent au début du roman trouveront leur place un moment ou à un autre. L’architecture de l’intrigue est donc basée sur toutes ces allées et venues dans le temps et rien n’apparaît comme étant une coïncidence chez Powers. Son travail d’écriture est titanesque.
Même si l’intrigue paraît compliquée parfois, j’ai aimé la manière dont l’auteur a construit la structure de son livre. Il décrit à merveille l’ambiance des bas-fonds de Londres. Sa galerie de personnages vaut le détour. Sans conteste, Les Voies d’Anubis est un très bon livre de Science-fiction.
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