Les Gens heureux lisent et boivent du café d’Agnès Martin-Lugand

Les Gens heureux lisent et boivent du café d’Agnès Martin-Lugand,

Publié aux éditions Michel Lafon,

2013, 253 pages,

Pour l’acheter: Les gens heureux lisent et boivent du café

 

 

 

 

 

« Ils étaient partis en chahutant dans l’escalier. […] J’avais appris qu’ils faisaient encore les pitres dans la voiture, au moment où le camion les avait percutés. Je m’étais dit qu’ils étaient morts en riant. Je m’étais dit que j’aurais voulu être avec eux. »

Diane perd brusquement son mari et sa fille dans un accident de voiture. Dès lors, tout se fige en elle, à l’exception de son cœur, qui continue de battre. Obstinément. Douloureusement. Inutilement. Égarée dans les limbes du souvenir, elle ne retrouve plus le chemin de l’existence. C’est peut-être en foulant la terre d’Irlande, où elle s’exile, qu’elle apercevra la lumière au bout du tunnel.
C’est en fouinant dans la bibliothèque familiale que j’ai découvert ce roman. J’en ai beaucoup entendu parler sur la blogosphère bien sûr et j’étais curieuse de le lire à mon tour. Je n’ai pas été déçue de ma lecture et j’ai dévoré ce roman en une petite journée.

Pourtant, au départ, je ne suis pas fan des romans où tout commence mal avec une héroïne déprimée et neurasthénique. En effet, le personnage principal, Diane, perd son mari et sa fille dans un accident de voiture. C’est la descente aux enfers pour la jeune femme qui ne quitte plus son appartement. Elle fume toute la journée et boit beaucoup trop. Seul son meilleur ami, Félix, lui tient compagnie et la ravitaille. Ce dernier tente de motiver Diane à travailler à nouveau. En effet, les deux amis tiennent un café littéraire.

Dès les premières pages du roman, le ton est donné. Diane déprime (qui ne le ferait pas à sa place?) et elle se laisse aller. Elle préfère vivre avec les fantômes de son passé. Elle s’habille d’ailleurs avec les vêtements de son défunt mari et dort avec la peluche de Clara, sa fille. Diane est une loque humaine qui n’a plus envie de se battre et qui a perdu goût à la vie. Et pourtant …..

Alors que se profile l’anniversaire de la mort de Colin et Clara, Diane décide de tourner la page et de s’exiler en Irlande parce que c’est là-bas qu’aurait aimé aller Colin. Elle loue un cottage dans un bled perdu, battu par les vents. Diane espère oublier son malheur et peut-être rebondir.

Son voisin le plus proche s’appelle Edward et leur première rencontre est explosive. Diane trouve qu’il est vulgaire, impoli; Edward veut à tout prix que cette « étrangère » dégage de ses terres. Les deux personnages se mènent la vie dure. Tous les coups sont permis. J’ai trouvé que l’auteur allait quand même un peu loin à travers les propos tenus par Edward. Elle veut faire passer son personnage pour rustre mais certains dialogues deviennent caricaturaux.

Et c’est selon moi le point faible du roman. Les personnages sont parfois trop clichés, mal dégrossis. Félix, l’ami de Diane, apparaît comme l’ami gay comme on se l’imagine: frivole, avide de détails croustillants, branché. Edward est un Irlandais sauvage et bourru mais il cache un cœur d’or; sa sœur Judith est la fille fantasque à laquelle on peut se confier. C’est dommage que l’auteur ne soit pas allé au-delà de ces clichés.

Hormis ce détail, l’histoire est plaisante à lire. On se doute rapidement qu’entre Diane et Edward les choses vont s’arranger. L’auteur tente d’écrire l’histoire d’une femme qui cherche à se reconstruire. On est loin du roman chick-lit ou mièvre comme je le craignais. Diane possède une certaine profondeur et puis elle est libraire! En effet, c’est seule face à elle-même qu’elle va enfin pouvoir affronter son présent et son avenir. C’est notamment grâce aux livres qu’elle a emporté qu’elle va enfin sortir la tête de l’eau.

J’ai trouvé aussi que l’auteur décrivait bien la vie et l’ambiance dans ce petit village d’Irlande. Isolée, Diane fait de longues ballades sur la plage. Elle renoue avec les éléments: la mer, le vent, la pluie. Elle découvre aussi la vie du village lorsqu’elle se rend à l’épicerie ou au pub. L’auteur nous offre une tranche de vie irlandaise telle qu’on pourrait se l’imaginer.

A travers son roman, Agnès Martin-Lugand livre à son lecteur une histoire forte et émouvante. Malgré quelques petits défauts, son roman se laisse lire facilement et on s’attache finalement à cette Diane bien abîmée par la vie.

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7 réflexions sur “Les Gens heureux lisent et boivent du café d’Agnès Martin-Lugand

  1. Pingback: La vie est facile, ne t’inquiète pas d’Agnès Martin-Lugand | carolivre

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