Le Bruit des Autres de Amy Grace Loyd

 Le Bruit des Autres d’Amy Grace Loyd,

 Publié aux éditions Stock,

 2014, 262 pages,

 Pour l’acheter: Le Bruit des Autres

Amy Grace Loyd signe avec Le bruit des autres son premier roman, après avoir été pendant plusieurs années en charge de la fiction à Playboy Magazine où elle a publié les plus grands auteurs américains. Elle vit à Brooklyn.

 

 

 

Depuis la mort de son mari, Celia tient le monde à distance. Propriétaire d’un immeuble à Brooklyn, elle a choisi ses locataires pour leur discrétion. Puis il y a l’arrivée de Hope, une belle femme un peu perdue, fuyant un mari infidèle. Lorsque Hope entame une liaison dangereuse et qu’un de ses locataires disparaît soudainement, Celia voit ses murs vaciller. L’équilibre précaire qu’elle était parvenue à construire vole en éclats et l’oblige à sortir d’elle-même.

 

C’est grâce à Libfly et aux éditions Stock que j’ai reçu ce nouveau roman. Je les en remercie vivement tous les deux.

Le Bruit des Autres est le premier roman d’Amy Grace Loyd. Elle a voulu à travers ce livre nous raconter l’histoire de Celia. Celia est une veuve, plutôt jeune (nous ne connaîtrons jamais son âge précis). Elle habite à New-York. Après le décès de son mari, elle a décidé de plaquer son travail, d’acheter un brownstone, une sorte d’immeuble, dont elle loue les appartements. Justement, l’un de ses locataires, Georges, part à l’étranger durant une année sabbatique. Il demande à Celia s’il peut sous-louer son appartement à une amie qui s’appelle Hope. Celia est d’abord réticente puis elle finit par céder. Elle découvre alors la vie de Hope à travers le bruit des murs….

J’ai d’abord eu beaucoup de mal à m’immerger dans ce roman. Les cent premières pages m’ont parue bien longues. En effet, nous y faisons la connaissance de Celia. Or Celia est un personnage étrange. Certes, elle a perdu son mari et un grand nombre de ses repères mais elle apparaît comme déconnectée de la réalité et surtout froide voire austère. Son mot d’ordre dans l’immeuble est de respecter l’intimité des autres. Elle connaît bien ses locataires mais ne s’autorise aucune familiarité avec eux. C’est tout juste si elle ose franchir le pas de leur porte pour déguster un thé en leur compagnie.

Celia est un personnage qui s’exclut des autres dès le début et qui ne veut pas communiquer plus que de raison. Mais la venue de Hope va plus ou moins bouleverser sa vie. Passé les cent premières pages qui décrivent le quotidien morne de Celia, on s’intéresse à la relation qu’elle va devoir nouer malgré elle avec Hope. En effet, cette dernière fréquente un homme, Les, violent et manipulateur. Un jour, Hope revient d’une de ses escapades amoureuses la figure tuméfiée et le cou marqué. Celia constate ces violences et pourtant elle ne fait rien: ni consolation, ni appel à la police. Un peu plus tard, elle entend Les et Hope se disputer puis se frapper. S’agit-il encore d’une violence conjugale ou d’un jeu coquin qui tournerait mal?

La pudeur de Celia l’empêche à chaque fois d’intervenir. Elle se claquemure dans son silence en essayant de se persuader que cela va passer, qu’il s’agit d’un mauvais moment. Et puis les souvenirs refont surface. Celia se rappelle qu’elle même a subi des sévices de la part d’hommes et qu’elle ne pouvait rien faire, possédée par leur aura, leur force. Le roman prend alors une tournure plus intéressante. Celia va tenter de sauver Hope grâce à de petites attentions. Les deux femmes vont lier une sorte d’amitié. Celia va permettre à Hope d’ouvrir les yeux, quant à Hope elle va révéler Celia à elle-même.

Il ne se passe pas grand chose dans ce roman si ce n’est la naissance d’une amitié entre deux femmes. Celia, qui apparaît d’abord froide et austère, se révèle être une femme douce et attentionnée. Elle surveille toujours d’un œil son plus vieux locataire, le capitaine, lui remplaçant en douce la nourriture moisie dans son frigo, lui glissant un billet de 20 dollars de temps à autre dans son porte-feuille. Finalement, le lecteur se plaît à apprécier cette femme blessée par la vie, toute seule, incapable de s’imaginer un avenir avec un autre homme que son défunt mari.

Le récit s’entrecoupe de flashbacks dans lesquels on voit Celia s’occupant jusqu’au bout de son mari, atteint d’un cancer. Elle l’a accompagné jusqu’au bout pour lui offrir une mort digne. Celia cache en effet un lourd secret qu’elle traîne comme une peine et dont elle ne pourra jamais se débarrasser. On la voit aussi femme perdue, noyant son chagrin dans des bras qu’elle ne connaît pas, se laissant mettre plus bas que terre pour tenter d’oublier, pour s’anesthésier de tout. La manière dont l’auteur traite ces retours en arrière m’a par contre un peu perdue. En effet, rien ne les annonce. C’est la conscience de Celia qui laisse remonter les souvenirs à la surface. Le récit principal se double parfois d’un autre récit qui n’a rien à voir avec le premier.

Même si j’ai d’abord eu du mal à entrer dans ce récit et à m’intéresser aux personnages, j’ai ensuite apprécié ma lecture. L’auteur révèle son personnage principal au fur et à mesure et crève le voile de mystère qui l’entoure. Elle nous raconte avant tout la naissance d’une histoire d’amitié entre deux femmes, toutes deux écorchées par la vie.

 

 

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Une réflexion sur “Le Bruit des Autres de Amy Grace Loyd

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