Montres enchantées, Anthologie de nouvelles Steampunk

 Montres enchantées, Recueil collectif,

 Publié aux éditions du Chat Noir,

 2014, 395 pages,

 Pour l’acheter: Montres enchantées

 

 

 

 

 

Indécis entre fuite et union, le temps est un amant insaisissable. Omniprésent, dès qu’on le regarde, il s’efface pourtant, déjà évanescent. Inlassablement, il permet croissance ou use jusqu’à l’extinction. L’être humain pourchasse depuis toujours ce dieu créateur et destructeur, en quête de son asservissement. Secondes, minutes, heures… L’esprit cartésien a beau le fractionner, il n’en demeure pas moins incontrôlable.
Et si la relecture de notre passé, de notre culture, ou encore du progrès scientifique nous en accordait la maîtrise, l’Homme saurait-il mieux gérer son temps ?
Plongez-vous sans perdre une minute dans cette anthologie et peut-être, parmi ses pages, percevrez-vous le tic-tac de ces montres enchantées.?

 

J’ai parcouru et dégusté avec beaucoup de plaisir cette anthologie steampunk parue au Chat noir. Comme d’habitude avec cet éditeur, les textes sont soignés, sélectionnés avec soin et très bien écrits.

Dans cette anthologie, ce n’est pas moins de 17 auteurs qui se proposent d’écrire une nouvelle appartenant au genre du steampunk dont le thème tourne autour de la montre et du temps. Et quelle bonne idée! En effet, rien de mieux que la montre pour symboliser le temps qui lie les hommes à la marche du monde et au progrès. Le temps s’avère, dans chacune de ces nouvelles, un allié précieux ou au contraire un dangereux ennemi. Je ne chroniquerai pas toutes les nouvelles, ce serait bien trop long! Je vais revenir seulement sur celles qui m’ont le plus marquée mais dans l’ensemble, tous les textes de cette anthologie sont bons voire excellents!

J’ai beaucoup apprécié la nouvelle d’Hélène Duc, intitulée Allergène car je trouve qu’elle entre en résonance avec les problèmes de société actuels. En effet, dans ce récit, Hélène Duc met en scène un homme qui en vient à détester les machines et plus particulièrement les automates. Ces derniers ont pris une place considérable dans la société au point de supplanter les hommes dans leur travail et leurs tâches quotidiennes. Le héros se voit ainsi préférer un automate pour effectuer sa tâche de clerc de notaire: moins de frais, plus de rentabilité et bien moins de plainte, c’est l’employé idéal! Le héros est licencié et décide alors de mener sa vengeance et de tuer autant qu’il le peut les automates créateurs de vide et de souffrance. Un certain Sherlock va même être réquisitionné pour mener l’enquête aux côtés du bien connu inspecteur Lestrade. J’ai trouvé l’intrigue habile et bien menée ainsi que la façon qu’a l’auteur d’employer l’intertextualité pour enrichir sa nouvelle.

Dans Tourbillon aux Trois Ponts d’Or, Fabien Clavel revisite avec brio l’énigme d’un meurtre commis dans une chambre close. Un jeune inspecteur, flanqué d’un commissaire ventru et finaud, va devoir résoudre ce mystère. Fabien Clavel fait écho aux Gaston Leroux et autres Conan Doyle en mettant à la sauce steampunk cette énigme de genre. C’est intelligent, réussi, bien construit et très efficace.

J’ai adoré enfin Le Club des érudits hallucinés de Marie-Lucie Bougon. Le titre seul m’a déjà séduite! L’auteur met en scène une bande d’érudits tous un peu loufoques qui se livrent à des expériences sur le temps. En quelques lignes, elle parvient à dresser toute une galerie de portraits tous plus drôles les uns que les autres. J’ai surtout apprécié la manière dont l’auteur exploite le thème du club d’érudits pour jouer avec ses codes et mieux le détourner. C’est très drôle et fin en même temps. La chute de la nouvelle m’a beaucoup surprise également et n’a en rien entaché mon plaisir.

J’ai vraiment apprécié cette anthologie que j’ai dégusté à petites goulées. Chaque auteur a su s’approprier les codes du steampunk et a su me plonger à chaque fois dans un monde bien construit. J’ai vraiment aimé cette balade au cœur des Londres ou des Paris du 19ème siècle, tout droit sortis de l’imagination fertile de nos auteurs. Chaque nouvelle est une vraie réflexion sur le temps et sur l’évolution de l’homme. La machine est souvent au cœur du récit. Elle est bien souvent destructrice et effrayante et permet à chaque fois de mesurer la folie de l’homme qui lui lie trop souvent son destin. Un vrai coup de cœur pour moi.

 

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