Tempête sur Nogales de Thierry Berlanda

Tempête sur Nogales de Thierry Berlanda,

Éditions La Bourdonnaye,

2014, format Epub,

Pour l’acheter: Tempête sur Nogales

 

 

 

 

 

 

 

Sur la route de Tombstone à Nogales, à la frontière entre l’Arizona et le Mexique, sous un soleil de fonte, une tempête se prépare. Tempête de sable, de vent, de souvenirs. Avec dans la ligne de mire le snack de Jess, planté au mile 88, en plein désert. Et tous, sans exception, aussi bien Dennewich – l’odieux patron du cabaret à filles – , que les chauffeurs de la compagnie de trucks locale et que la population entière, s’agitent de plus en plus à mesure qu’approche avec la tempête une Pontiac noire, tel un funeste présage. Pour quelle raison ce mystérieux attelage terrorise-t-il Jess, ange blond à la voix de chanteuse black et au passé enfoui ? Le gosse – un pauvre type éperdument amoureux d’elle – et son vieux pote Holly seront-ils de taille à la protéger ? A moins que la belle ne préfère l’aide de Cooper, un nouveau chauffeur qui ne la laisse pas indifférente.

 

Tout d’abord merci à l’auteur et aux éditions de La Bourdonnaye qui me font confiance en me proposant de lire et de donner mon avis sur ce roman.

Je connaissais déjà Thierry Berlanda grâce à son précédent roman L’insigne du boiteux qui m’avait beaucoup plus.

Je réitère ici l’expérience avec son tout dernier roman qui pour le coup m’a complètement changée dans mes habitudes de lecture et m’a beaucoup surprise.

Dans Tempête sur Nogales, l’auteur plante le décor d’emblée. Un snack miteux au milieu du désert, tenu par une femme, Jess, qui attire bien des convoitises. Ses clients sont des routiers qui tracent la route poussiéreuse et qui s’arrêtent là pour boire un verre, bière ou tequila au choix.

Dans cette atmosphère pesante, ensoleillée et écrasante, Jess a la visite régulière d’un gamin appelé « le gosse ». On ne sait pas vraiment quel âge il a mais c’est un peu le souffre-douleur de la communauté de Nogales. Il s’occupe des tâches ingrates et il est payé en bouteilles de tequila. Dans la journée, le gosse est souvent dans un état alcoolique avancé. C’est ce qui le fait tenir. Bien heureusement, il y a son ami, le seul, Holly, routier de la vieille, qui lui permet de temps en temps de dormir avec un toit au-dessus de la tête.

Et puis dans la vie du gosse, il y a Jess, la fille du snack, qui chante avec une voix de noire. Le gosse en pince vraiment pour elle au point qu’il est capable de rester des heures à l’attendre, à la regarder.

Un jour, une Pontiac noire débarque en ville. Jess est troublée, paniquée. Que craint-elle? A quoi ou plutôt à qui cherche-t-elle à échapper? Le gosse et Holly se donnent pour mission de sortir Jess de ce traquenard.

Je n’en dirai pas plus sur la suite du roman mais j’ai été véritablement surprise par le dénouement imaginé par l’auteur. En aucun cas, je n’avais soupçonné la vérité! J’ai beaucoup apprécié le fait que le lecteur soit berné jusqu’à la fin! Enfin un roman où je n’ai pas deviné l’issue finale dès les premiers chapitres.

Outre son intrigue bien ficelée, j’ai beaucoup aimé l’atmosphère créée par l’auteur. On ressent littéralement Nogales et son désert. On imagine sans peine une petite ville paumée, délabrée, entourée par le désert, morte à l’heure de la sieste. On ressent la chaleur suffocante, écrasante; le sable qui pénètre partout dans les vêtements, les cheveux. En lisant ce roman, j’étais presque physiquement incommodée. Les descriptions ne sont pas nombreuses et pourtant très visuelles. Elles répondent souvent à notre imaginaire de lecteur et offrent une vision fantasmée du désert américain.

Les personnages m’ont également plu. Ils sont tous truculents et hauts en couleur. Le gosse reste une énigme. Pinté dès 8 heures du matin, il ne semble vivre que pour Jess. A-t-il une famille? D’où vient-il? Le gosse reste très mystérieux. L’auteur dresse aussi une galerie de personnages fort en gueule avec l’ignoble Dennewich, macro de son état; « Mouffy » son homme de main puant au sens propre et Holly, ce camionneur (que j’ai imaginé avec une dégaine de biker) au grand cœur. Tout ce petit monde de côtoie, se mélange et n’hésite pas à en venir aux mains pour défendre son territoire. La violence peut paraître gratuite mais elle fait partie de la vie normale à Nogales.

Il y a enfin le style de l’auteur qui m’a d’abord désarçonnée. Il emploie un vocabulaire fleuri, familier, des structures de phrases proches de l’argot. Les premières pages sont un peu difficiles car il faut un temps d’adaptation à cette langue nouvelle puis finalement on se dit qu’elle s’accorde parfaitement à l’atmosphère rude et brutale de Nogales et aux événements qui vont s’y produire.

J’ai beaucoup aimé ce roman qui vire peu à peu au thriller au fil des pages. La tension atteint son comble dans les dernières pages. Lancez-vous dans ce récit et cette virée sur les routes poussiéreuses de Nogales ne vous laissera pas de marbre.

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Une réflexion sur “Tempête sur Nogales de Thierry Berlanda

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