Victorian Fantasy, tome 1: Dentelle et Nécromancie de Georgia Caldera

   Victorian Fantasy, Tome 1: Dentelle et Nécromancie de Georgia Caldera,

   Éditions J’ai Lu,

   2014, 541 pages,

   Pour l’acheter: Victorian Fantasy

 

 

 

 

 

 

D’aussi loin que remontent ses souvenirs, Andraste vit dissimulée aux yeux du monde. Son univers restreint ressemble à s’y méprendre à une cage dorée, elle qui ne rêve que de s’envoler. Car, au Coven Coldfield – manoir de construction ancienne où résident toutes les femmes de la famille ayant la chance de posséder quelque pouvoir – aucune âme, à l’exception de sa dirigeante, leur très redoutée grand-mère, n’a le droit de choisir son destin. C’est alors qu’une invitation de la main même de la Reine lui est spécifiquement adressée et vient bousculer les plans de la matriarche. Malheureusement, une requête royale ne se refuse pas… à moins de souhaiter perdre la tête.

 

Je connaissais déjà Georgia Caldera à travers son précédent roman Les Larmes rouges paru aux éditions du Chat Noir qui pour moi était une vraie réussite tant du point de vue de l’intrigue que du style.

J’étais donc intriguée à l’idée de lire son tout dernier roman Victorian Fantasy dont le 1er tome est paru au mois de septembre. Je sors de cette lecture plus que mitigée et je ne poursuivrai pas dans la saga tant j’ai été déçue par certains points.

L’intrigue est d’abord très très longue à se mettre en place. Dès les premières pages, le lecteur fait la connaissance d’Andraste. Cette dernière est une sorte de sorcière dont les pouvoirs ne sont, hélas!, guère développés. Fait étrange, Andraste vit enfermée dans le manoir familiale. En effet, elle est dotée d’une peau très blanche et la morsure du soleil pourrait lui être fatale. Andraste est aussi pourvue d’yeux  violets qui ne semblent choquer personne autour d’elle.

Un jour, une délégation royale débarque au manoir. Andraste est demandée par la reine Victoria en personne afin de participer à un programme d’enseignement. Andraste saute sur l’occasion. Accompagnée de sa sœur Ruth, elle arrive et découvre New-Londonia et le palais royal.

Dès sa première nuit, Andraste commet l’irréparable puisqu’elle s’acoquine avec un certain Thadeus Blackmorgan. Andraste va découvrir qu’elle s’est liée à jamais à Blackmorgan et qu’une étrange malédiction pèse sur sa vie. Je n’en dirai pas plus sur la suite des événements bien que j’en eusse déjà beaucoup dévoilé..

Plusieurs choses m’ont dérangée dès les premières pages du roman. D’abord Andraste débarque au palais de la reine Victoria. Les explications données sont très vagues. Il s’agit a priori de recruter les meilleurs éléments du royaume en vue de les former en matière de magie et de nécromancie. C’est là qu’est le hic. Selon moi, on devrait logiquement suivre les cours d’Andraste, son évolution à travers les matières un peu comme dans les Harry Potter (sans pousser la comparaison plus loin). Or, toute la partie enseignement est passée sous silence ou reste très évasive. C’est décevant car cette partie de l’intrigue aurait apporté beaucoup à l’histoire. D’ailleurs le titre mentionne bien qu’il s’agit en partie de nécromancie. Au final, Andraste est peu confrontée à cette discipline; le lecteur n’en sait pas plus qu’elle!

Au lieu de cela, l’intrigue piétine. On avance d’un pas pour mieux reculer de deux. Il n’est pas sorcier de deviner qu’Andraste et Blackmorgan vont se livrer au jeu du chat et de la souris qui n’en finira pas. C’est un peu « je te suis, tu me fuis; je te fuis, tu me suis » appliqué sur plus de 300 pages. Ces ronds de jambe et revirements soudain m’ont profondément lassée. On devine l’issue de cette rencontre et l’auteur, comme dans une série américaine, repousse les choses à l’extrême alors que le suspens est depuis bien longtemps consommé.

Il est bien dommage d’avoir à attendre la page 300 (sur 541) pour avoir enfin un peu d’action! En effet, les choses sérieuses et intéressantes se mettent en place tardivement. L’histoire de cette malédiction qui pèse à la fois sur Blackmorgan et Andraste est enfin mise sur le tapis à l’extrême fin du roman. Là encore, il est dommage d’avoir tant attendu pour développer ce passage et de rester d’ailleurs encore trop évasif à son sujet.

Je n’ai pas véritablement apprécié l’héroïne Andraste qui passe pour une enfant gâtée. Elle ne sait pas ce qu’elle veut et passe parfois pour une idiote. De nombreux passages mettent en avant sa naïveté (en soi touchante) frisant parfois la bêtise. Blackmorgan relève un peu le niveau même s’il n’est pas toujours très futfut concernant les sentiments qu’il éprouve.

Enfin, j’ai été déçue par le traitement de l’environnement steampunk. Il n’est pas assez développé à mon goût. Certes, les héroïnes portent de longues robes à la mode victorienne et il y a quelques animécaniques (contraction d’un animal et d’un automate) qui se baladent mais c’est tout! Il me semble aussi que les personnages devraient parler un langage plus châtié ou en tout cas moins contemporain. Nous sommes tout de même à la cour de la reine Victoria. Au contraire, les insultes et les tournures de phrases d’aujourd’hui se multiplient. Là encore, la cohérence de l’époque n’est guère respectée.

Le point positif de ce roman est qu’il m’a bien divertie. On est finalement pris dans le tourbillon amoureux des deux personnages et on souhaite savoir comment cela va finir entre eux. Georgia Caldera décrit aussi les scènes de sexe avec beaucoup de style, sans tomber dans le vulgaire ou le cliché et je salue cette performance fort difficile. Elle réussit à émoustiller son lecteur.

En résumé, je n’ai pas été emballée par ce roman qui traîne trop en longueur et qui ne respecte pas assez les codes steampunk. C’est dommage car l’intrigue de départ est plutôt bonne. Je m’arrêterai donc au premier tome sans regret.

 

 

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12 réflexions sur “Victorian Fantasy, tome 1: Dentelle et Nécromancie de Georgia Caldera

  1. Je pense à peu près la même chose sur ce premier tome.
    J’ai été très déçue et encore plus entre cette relation malsaine qui est la leur, après c’est selon les opinions mais dans l’ensemble, il n’était pas terrible.
    l’action arrive à la fin (ce qui est bien joué dans un sens, car j’ai envie de savoir la suite tout de même)
    Il est vrai que j’ai remarqué que beaucoup de monde a apprécié ce livre, pourtant il n’a rien d’exceptionnelle contrairement aux « Larmes rouges » qui est juste magnifique!

    En tout cas, j’ai beaucoup apprécié ta chronique !

  2. aie, je l’ai dans ma PAL et je dois le lire après « hors de porté », je viens aussi de me faire les tome 1 et 2 des LARMES ROUGES, mais le soucis c’est que je vais retrouver le même problème dans ce roman avec une héroïne casse pied, et un jeu amoureux a dormir debout! Bon ben je verrais bien lol. Sympa ta chronique

  3. j’ai bien aimé la romance et l’univers, mais comme toi, je regrette que la partie « magie / nécromancie » soit si peu utilisée 😦 je lirai quand même la suite pour voir (mais Les larmes rouges était vraiment meilleur)

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