Le Maître des illusions de Donna Tartt

   Le Maître des illusions de Donna Tartt,

   Éditions Pocket,

   2012, 706 pages,

   Pour l’acheter: Le Maître des Illusions

 

 

 

 

 

 

En décrochant une bourse à l’université de Hampden, dans le Vermont, Richard Papen ne laisse pas grand chose derrière lui : la Californie, qui lui déplaît ; son adolescence, faite de souvenirs incolores ; et ses parents, avec qui il ne s’entend pas. Hampden est une porte de sortie inespérée, l’opportunité de vivre une nouvelle vie. Passées quelques semaines, il est bientôt attiré par un professeur atypique, Julian Morrow, esthète capricieux qui enseigne les lettres classiques à cinq étudiants apparemment très liés. Contre l’avis de ses professeurs, il tente de s’introduire dans le groupe de ces jeunes gens marginaux sur qui courent les plus folles rumeurs. Et il est loin d’imaginer ce que lui coûtera sa curiosité.

Je réalise qu’écrire cette chronique va être plutôt ardu. J’ai beaucoup aimé ce premier roman de Donna Tartt, paru il y a maintenant une dizaine d’années. C’est en effet un texte riche, foisonnant, complexe.

Dès le début, j’ai été prise par l’intrigue qui paraît simple mais diablement efficace. Donna Tartt amène son lecteur jusqu’à la conclusion de son histoire sans qu’il ait eu l’impression d’avoir tourné 700 pages! Elle nous plonge au cœur du drame de l’université de Hampden dès les premières pages pour laisser son lecteur, plus tard, K.O, groggy par le dénouement.

L’histoire commence avec Richard Papen. Il grandit dans une banlieue californienne entre un père violent et une mère effacée, inexistante. Sans motivation intellectuelle, en vase clos, Richard décide de quitter la Californie pour faire ses études dans le Vermont. Il souhaite à la fois fuir sa famille léthargique mais aussi s’affranchir intellectuellement et culturellement. Sur la campus, Richard souhaite intégrer un cours bien particulier: le cours de grec ancien de Julian Morrow. Fait particulier, Julian n’accepte que cinq étudiants dans ses cours très privés. Ces cinq étudiants constituent une race, un clan à part entière, connu de tous sur le campus. Ils ne se fréquentent qu’entre eux, ne jurent que par Homère et Aristote et cultivent une certaine distance intellectuelle vis à vis de tout ce qui touche le médiocre.

Richard parvient à intégrer ce clan très fermé. Toute l’intrigue du roman va reposer sur ce groupe d’étudiants, leur personnalité, leur motivation. S’ils paraissent soudés, des disputes internes éclatent peu à peu, mêlant discorde et zizanie dans le clan des esthètes. Les disputes se règlent en général à coup de scotch ou de whisky bien tassé. Richard s’intègre peu à peu à cette famille recomposée. Mais un jour, il apprend quelque chose qui va le lier à tout jamais aux autres.

Donna Tartt joue sur la psychologie de chacun de ses personnages. Ils ont tous une personnalité affirmée, des caractéristiques. Elle fait jouer à ses personnages une tragédie. Le lecteur en connaît l’issue et tout l’enjeu du roman consiste à voir de quelles manières elle positionne ses personnages par rapport aux faits. Elle étudier une micro-société: comment se comportent les hommes face à un terrible secret qui les lient tous? Qui craquera le premier? Qui sera sacrifié pour sauver les autres? Donna Tartt pose les bonnes questions.

Il est terrible, pour nous lecteurs, de voir cette tragédie se dérouler lentement tel un serpent sans que l’on puisse rien faire pour arrêter les choses. Le suspens est parfaitement dosé et m’a laissé fébrilement tourner les pages jusqu’au point final, terrible, presque irréel. On suit l’intrigue du point de vue de Richard, novice en la matière qui ne comprend pas tous les tenants et aboutissants. Quand les pièces du puzzle se mettent enfin en marche, il est trop tard pour reculer.

Donna Tartt sait aussi créer une atmosphère bien particulière. Le Vermont en hiver est coupé de tout. La neige envahit le campus, forçant les étudiants à vivre reclus. L’université est dominée par le Mont Cataract, géant qui veille et menace les étudiants de sa terrible hauteur! On respire avec les étudiants les vapeurs d’alcool et de cigarettes, cet air épais qui s’insinue au cœur des poumons, rendant les choses plus troubles, plus floues. 

J’ai passé un moment hors du temps, tournant les pages rapidement pour enfin connaître le fin mot de l’intrigue. Le Maître des illusions reste un livre prenant, un chef-d’œuvre!

 

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6 réflexions sur “Le Maître des illusions de Donna Tartt

  1. Je n’ai jamais lu cette auteure, pourtant ce titre est dans ma bibliothèque!
    Ton avis m’a donné envie, j’aime les lectures de ce type, les longues soirées d’hiver!
    Bonne semaine

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