Pêcheur d’Islande de Pierre Loti

   Pêcheur d’Islande de Pierre Loti,

   Éditions Omnibus,

   2005, 241 pages,

   Pour l’acheter: Pêcheur d’Islande

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Entre Gaud, fille d’un gros commerçant de Paimpol, et Yann, le pêcheur, il y a bien des obstacles : la différence des conditions et des fortunes, bien sûr ; mais aussi la timidité farouche du jeune homme, de ceux qu’on nomme les  » Islandais  » parce que, chaque année, leurs bateaux affrontent, durant des semaines, les tempêtes et les dangers de la mer du Nord.
C’est l’histoire d’un amour longtemps jugé impossible que nous conte ce roman, publié en 1886, et depuis lors redécouvert et admiré par plusieurs générations. Mais c’est surtout un grand drame de la mer, et l’une des expressions les plus abouties de ce thème éternel.

C’est complètement par hasard que j’ai acheté ce petit roman d’occasion chez Boulinier l’été dernier. C’est surtout la couverture et le mini-format qui m’ont séduite. La collection La Petite bibliothèque de chez Omnibus est vraiment toute mignonne avec sa jolie tranche dorée.

Je ne suis pourtant pas portée sur la littérature dite de « terroir ». Cependant j’ai su apprécier ce texte simple, beau, poétique et émouvant.

Tout commence en Bretagne, au XIXème siècle. La vie des marins est rude. On les appelle les Islandais car ils partent plusieurs mois en mer pêcher la morue dans les eaux froides d’Islande. A bord de la Marie, il y a Yann, un marin immense, fort et fier. Yann a beaucoup navigué et a roulé sa bosse.

Lors d’un bal, pendant l’été, Yann rencontre Marguerite surnommée Gaud. Cette jeune femme est belle mais aussi riche. Elle a passé son enfance en ville, à Paris, et n’a donc rien à voir avec les filles du pays. Et pourtant, entre Yann et Gaud, c’est le coup de foudre: ils danseront tout au long du bal, se promettant même à demi-mot de s’épouser la saison prochaine. Mais Yann repart en mer et Gaud l’attend. Lorsqu’il revient, il l’évite, la fuit même.

Le roman tourne donc autour de cette histoire d’amour entre Yann et Gaud qui semble impossible. Ils ne viennent pas du même milieu social. Yann aime bien trop la mer, sa première maîtresse. Il est aussi bien trop fier pour épouser une fille de la ville. L’intrigue m’a paru d’abord simple, limite mièvre à certains moments. Yann est un homme robuste et beau qui collectionne les femmes tandis que Gaud reste une fille pure, effarouchée qui a vent des aventures amoureuses de Yann et qui ne trouve rien à y redire. Nous sommes bien sûr au XIXème siècle! Les femmes ont donc une réputation à tenir et Gaud paraît bien naïve.

Cependant, dans la deuxième partie du roman, l’héroïne semble sortir de sa torpeur. Elle qui est amoureuse de Yann ose prendre les devants et lui demander directement ce qui le rend si fuyant, si timide. Gaud n’est donc pas si sotte et offre même un visage déterminée. L’intrigue prend alors un nouveau tournant plus intéressant du point de vue de l’évolution des personnages.

Parallèlement, l’auteur développe une intrigue secondaire qui m’a beaucoup touchée. L’histoire d’une grand-mère qui vit avec son petit fils Sylvestre. Elle est veuve depuis bien longtemps: tous les hommes de sa vie sont morts en mer. Sylvestre est alors appelé pour faire son service militaire. Il se rend en Chine d’où il ne reviendra pas. Cette histoire m’a vraiment émue. La détresse du personnage prend toute son ampleur et rend le texte particulièrement émouvant.

La fin du roman est plutôt sombre. La mer, souvent noire et déchaînée, aura le dernier mot et laisse le lecteur triste, ému par ce couple dont l’amour aura été bien trop bref.

Vous pouvez aussi aller jeter un coup d’œil à la chronique de Bazar de la littérature.

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