Nummer de Frédéric Staniland

   Nummer de Frédéric Staniland,

   Éditions Scrinéo,

   2014, 320 pages,

   Pour l’acheter: Nummer

 

 

 

 

 

 

1er septembre 1939. Toni vient de passer la frontière alsacienne. Son père et les emblèmes nazis sont derrière lui, en Autriche. Mais ici à Algolsheim, c’est l’ordre d’évacuation générale, tout le monde fuit. Et très vite, l’adolescent se sait poursuivi. Espions Allemands puis Anglais semblent rechercher quelqu’un ou quelque chose dans les prémisses d’une guerre annoncée.
De nos jours, un octogénaire, Séraphin, découvre chez un vieil ami disparu un mystérieux manuscrit, Nummer, écrit en allemand gothique durant la seconde guerre mondiale, ainsi que d’étranges messages, éparpillés dans sa maison… Quel message a voulu laisser son ami ? Aidé de jeunes voisins un peu envahissants, Pauline et Gabriel, il va tenter de résoudre l’énigme de « NUMMER » qui le mènera, entre autre, sur le chemin de son passé et de celui de Toni…

Merci à Livraddict et aux éditions Scrinéo de m’avoir fait une nouvelle fois confiance en me permettant de chroniquer ce roman jeunesse. J’ai beaucoup apprécié ma lecture et j’ai découvert tout un pan de l’histoire jusque là obscur et inconnu pour moi.

Nummer est un roman qui croise deux récits: celui de Toni, en 1939; celui de Séraphin de nos jours. Les chapitres s’alternent pour faire des va et vient entre les deux époques.

Les chapitres se déroulant en 1939 mettent en scène Toni, un jeune Autrichien. Il vient de passer la frontière française, traînant derrière lui une grosse valise. Il souhaite rejoindre Lyon. Mais Toni semble poursuivi par les Allemands. En effet, il aurait sauté d’un train en marche. Depuis, il se cache. Il se réfugie auprès d’Auguste et de Cathel, des Alsaciens, qui l’accueillent dans leur ferme en attendant d’évacuer leur village.

Séraphin est un octogénaire. On lui a demandé de venir trier et répertorier les affaires de son défunt ami, Gérard. Alors qu’il s’attelle à sa tâche, Séraphin découvre un étrange manuscrit en allemand gothique intitulé Nummer. Que contient ce livre auquel Gérard tenait tant? Et quels sont ces chiffres étranges qu’il renferme?

Les deux récits semblent au départ très éloigné loin de l’autre et on s’imagine mal le lien qui les réunit. Pourtant, au fil des pages, les pièces du puzzle se met en place. L’auteur écrit son récit à la manière d’une enquête. Séraphin souhaite faire la lumière sur Nummer et ses recherches vont l’amener du côté de l’histoire avec un grand H. J’ai beaucoup aimé la manière dont les recherches sont menées. A plus de 80 ans, Séraphin est carrément ignare en matières de nouvelles technologies. Il peut heureusement compter sur ses deux voisins adolescents, qui amènent un peu de fraîcheur au récit. Le papi n’est pas non plus dénué d’humour et j’ai apprécié ses réflexions sarcastiques et ses réponses ironiques qui émaillent le texte.

L’autre récit est bien sûr plus sombre. Il se déroule alors que la guerre est à peine déclarée. Toni est un adolescent qui reste mystérieux tout au long du roman. L’auteur dévoile son secret au fur et à mesure. La fin du récit consacré à Toni reste violent et émouvant. J’ai d’ailleurs appris l’existence des Kindertransport: des convois d’enfants juifs à destination de l’Angleterre. J’ai également appris que les artilleurs sénégalais avaient été engagés dans l’armée dès le début de la guerre. L’auteur a mené des recherches approfondis. On sent que son récit est bien documenté sans pour autant être lourd. Il mêle action et émotion avec brio. Les personnages sont attachants et portent des valeurs fortes dans ce monde bientôt en ruines.

Dans la partie consacrée à Toni, les événements s’enchaînent et l’auteur a su intelligemment mêler la petite à la grande histoire. On croise des familles alsaciennes abandonnant leurs terres pour le Limousin; on croise aussi l’ombre glaçante d’Oradour sur Glane. Encore une fois, sans être pédant, l’auteur nous raconte les drames de la vie quotidienne: les paysans obligés d’abandonner leurs terres; les animaux domestiques errants dans la campagne; les zèbres libérés des zoos pour ne pas qu’ils meurent de faim.

Ce roman destiné aux adolescents m’a conquise: j’ai apprécié l’intrigue, l’humour des personnages. J’ai aimé aussi en apprendre plus sur un pan de l’histoire qui m’était encore obscur. Un roman fort et bouleversant.

 

 

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