Mercure d’Amélie Nothomb

 

   Mercure d’Amélie Nothomb,

   Publié aux éditions Le Livre de Poche,

   2010, 189 pages.

 

 

 

 

 

 

Sur une île au large de Cherbourg, un vieil homme et une jeune fille vivent isolés, entourés de serviteurs et de gardes du corps, à l’abri de tout reflet ; en aucun cas Hazel ne doit voir son propre visage.
Engagée pour soigner la jeune fille, Françoise, une infirmière, va découvrir les étranges mystères qui unissent ces deux personnages. Elle saura pourquoi Hazel se résigne, nuit après nuit, aux caresses du vieillard. Elle comprendra au prix de quelle implacable machination ce dernier assouvit un amour fou, paroxystique…

Mercure est l’un des derniers romans d’Amélie Nothomb que je ne possédais pas et que je n’avais pas lu. Le roman est pourtant paru en 1998. J’en avais lu de bonnes critiques sur la blogosphère et je me rallie à la plupart des commentaires écrits sur ce livre.

Mercure c’est d’abord un personnage, Françoise, infirmière dévouée à son travail quelque part dans une petite ville de Normandie. Elle est célibataire, sans enfants, passionnée par son métier, dévouée aux autres. Un jour, on lui demande d’aller soigner une jeune patiente sur une île située au large de Cherbourg.

Dès le début, le lecteur est plongé dans un univers mystérieux, fait de suspicion, de doute. En effet, lorsque Françoise débarque sur l’île, elle est fouillée par les sbires du propriétaire, la capitaine, un vieillard. Un peu plus tard, il lui explique que sa compagne, Hazel, est malade. Elle a besoin de soins. Il impose à Françoise plusieurs conditions: ne jamais poser de questions à Hazel et surtout ne pas lui parler de son visage, atrocement défiguré par un bombardement.

Françoise s’exécute. Elle soigne Hazel et se rend vite compte que la jeune femme est séquestrée mais qu’elle demeure sous l’emprise du capitaine. Elle va alors tenter de convaincre Hazel de s’échapper. Mais comment commettre l’impensable lorsqu’on a été élevée dans la peur et le mensonge?

L’intrigue menée par l’auteur est bien conçue. Le roman est bâti sur une aura de mystère et de doute. Les détails étranges s’accumulent: pourquoi n’y-a-t-il aucun miroir dans la maison ou aucune surface lisse dans laquelle se refléter? Pourquoi cette différence d’âge entre Hazel et le capitaine? Pourquoi ce capitaine vit-il reclus sur une île, lui qui déteste la mer? Autant de questions auxquelles se heurtent Françoise. A la manière d’une enquêtrice, elle va mener des investigations pour tenter de percer la vérité.

Au-delà du mystère, vite découvert, l’auteur exploite surtout le genre du huis-clos. Trois personnages sont reclus sur une île. S’engage alors pour Françoise un vrai combat auprès d’Hazel: elle veut lui montrer la vérité et la faire accoucher de sa propre vérité un peu à la manière du philosophe Socrate. Il y a de nombreux dialogues qui rendent compte des joutes verbales entres les personnages. Hazel doit faire la propre lumière sur sa condition. Françoise devient son guide.

La fin du roman propose deux solutions. En effet, l’auteur n’a pas su trancher entre le « happy end » et une fin plus tragique. Pour ma part, j’ai préféré la thèse de la vengeance.

Mercure est un des bons romans d’Amélie Nothomb qui offre au lecteur plusieurs strates de lecture et d’interprétation. A lui de choisir celle qui lui plaira le plus.

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Une réflexion sur “Mercure d’Amélie Nothomb

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