Nox, Tome 1: Ici-bas d’Yves Grevet

   Nox, Tome 1: Ici-bas d’Yves Grevet,

   Publié aux éditions Syros,

   2012, 418 pages.

 

 

 

 

 

 

 

Dans une ville basse enveloppée d’un brouillard opaque – la nox –, les hommes sont contraints de pédaler ou de marcher sans cesse pour produire leur lumière. Comme l’espérance de vie y est courte, la loi impose aux adolescents de se marier et d’avoir un enfant dès l’âge de dix-sept ans. Lucen a peur de perdre celle qu’il aime, la rebelle Firmie, qui refuse de se plier à la règle. Il sent aussi ses meilleurs amis s’éloigner de lui. L’un d’eux, Gerges, s’apprête à rejoindre la milice qui terrorise les habitants, un autre, Maurce, un groupe hors-la-loi. C’est l’heure pour Lucen de faire des choix qui détermineront toute son existence. Au même moment, dans des territoires épargnés par la nox, la jeune Ludmilla ne se résigne pas au départ forcé de Martha, la gouvernante qui l’a élevée, injustement renvoyée par son père. Elle décide de tout tenter pour la retrouver.

C’est lors d’un salon du livre que j’ai découvert Yves Grevet, un écrivain jeunesse charmant et abordable! A l’époque, j’avais acheté sa trilogie Méto qu’il avait eu la gentillesse de me dédicacer. J’avais adoré! L’auteur mêlait dans son roman aventure, science-fiction, anticipation et dystopie.

J’ai donc eu envie de renouer avec cet univers riche à travers le premier tome de Nox. La quatrième de couverture fait elle aussi penser à une dystopie. J’ai globalement apprécié ma lecture même si elle n’atteint pas la perfection de Méto selon moi.

L’intrigue se déroule dans un monde dévasté par la pollution. La ville est organisée sur un mode vertical: les gens aisés vivent tout en haut, au-dessus de la chape de brouillard, tandis que les plus pauvres survivent sous cette brume opaque, appelée Nox.

Le cœur du roman se déroulera d’ailleurs dans la ville basse. Tout y est plongé dans le noir. Les habitants se repèrent dans les rues grâce à des ficelles déroulées le long des trottoirs. Pour s’éclairer, ils possèdent des lampes frontales ou des chenillettes, sortes de patins qu’ils doivent alimenter eux-même. Les pauvres sont donc condamnés à survivre dans ce mystérieux brouillard opaque. Si l’auteur nous donne quelques éléments sur les coutumes des habitants de la ville basse, j’ai trouvé qu’il n’allait pas assez loin. J’aurais aimé que le sujet soit plus développé, qu’on en sache plus sur la manière de vivre des habitants. Dans ce premier tome, on sait simplement qu’ils vivent dans le noir et la crasse et que le gouvernement entretient leur peur de la lumière du soleil et de l’eau pure. C’est donc un monde sale, étouffant, crasseux qui nous est présenté ici d’une manière assez vraisemblable au final.

L’intrigue va se focaliser sur trois personnages; Lucen, Gerges et Ludmilla. Non, je n’ai pas fait de fautes de frappe: il faut bien lire Lucen et non Lucien, Gerges et non Georges. L’auteur a trouvé un moyen astucieux de rendre ses personnages encore plus misérables à travers leurs prénoms. En effet, chaque prénom se voit retirer une lettre, manière de montrer pour le gouvernement qu’ils ne sont que des ersatz d’êtres humains.

Lucen et Gerges sont amis mais leur amitié va être remise en cause. En effet, Gerges appartient à une milice répressive qui n’hésite pas à cogner et insulter les passants qui n’auraient pas respecté le couvre-feu. La ville basse est non seulement sale mais également peu sûre. Les milices ont tous pouvoirs dont ceux d’emprisonner et de violer à tout va. Pour contrer ce pouvoir fasciste, une opposition faite de rebelles s’est organisée et lutte à sa façon en posant des bombes. Yves Grevet dresse le portrait d’un monde divisé politiquement et socialement. Bientôt Gerges et Lucen vont s’opposer sur le plan des idéaux.

Quant à Ludmilla, le dernier personnage, elle est une jeune fille de la ville haute. Elle vit seule avec son père. Ludmilla connaît une vie au grand air, fait des études et dépense son argent sans compter. Elle ne sait rien de la ville d’en bas à part les rumeurs qui lui en parviennent. Elle va découvrir que les habitants d’en bas ne sont pas des animaux ni des meurtriers sans scrupule lorsqu’elle fera la connaissance de Lucen.

Chaque chapitre du roman est raconté par l’un des personnages: Lucen, Gerges ou Ludmilla et les points de vue s’alternent très régulièrement. C’est ce qui ne m’a pas plus dans le roman. En effet, un événement peut par exemple être raconté du point de vue de Lucen puis ensuite du point de vue de Gerges. J’avoue avoir été un peu perdue. L’auteur aurait dû à chaque chapitre préciser le nom du personnage qui raconte la scène. J’aurais d’ailleurs préféré une narration omnisciente même si je comprends l’intérêt d’alterner les poins de vue. C’est en tout cas le seul reproche que j’aurais à faire au livre.

L’intrigue est très intéressante même si elle met du temps à se mettre en place. Il y a un réel intérêt pour ce monde réduit à une chape de brouillard: qu’est-il arrivé? Qu’y a-t-il en-dehors de la ville? Les propos de l’auteur sont beaucoup plus sombres, encore plus profonds que ceux qu’il développait dans Méto. Le vocabulaire est parfois cru et les scènes violentes ce qui me fait dire que le roman ne s’adresse plus vraiment à des enfants mais à des adolescents et des adultes.

Pour résumer, Nox est un roman dystopique qui développe des problématiques intéressantes. Seul le point de vue adopté par l’auteur ne m’a pas plus. L’auteur sait cependant entretenir le mystère autour de ce monde décrépi et violent. Le tome 2 apportera sans doute des réponses aux questions soulevées ici.

 

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4 réflexions sur “Nox, Tome 1: Ici-bas d’Yves Grevet

  1. Alors là, j’ai vraiment envie de le lire ainsi que Meto du coup ! Je vais le proposer au comité de lecture du collège, je pense que tout avoir au CDI serait une bonne idée, d’autant que je fais une séquence sur l’anticipation avec les 3ème. Merci pour cette découverte !

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