Délivrance de Jussi Adler Olsen

    Délivrance de Jussi Adler-Olsen,

   Publié aux éditions Le Livre de Poche,

   2015, 744 pages

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A Wick, aux confins de l’Ecosse, une bouteille en verre dépoli traine depuis des années sur le rebord d’une fenêtre du commissariat. A l’intérieur, une lettre que personne n’a remarquée. Et quand on l’ouvre enfin, personne ne se préoccupe non plus de savoir pourquoi les premiers mots, Au secours, sont écrits en lettres de sang et en danois…
La lettre finit par arriver sur le bureau des affaires classées de Copenhague où l’inspecteur Carl Mørck croit à une mauvaise plaisanterie. Mais quand Carl et ses assistants, Assad et Rose, commencent à déchiffrer le message, ils réalisent qu’il a été écrit par un jeune garçon enlevé avec son frère dans les années 90. Cet SOS serait leur dernier signe de vie. Qui étaient-ils ? Pourquoi leur disparition n’a-t-elle jamais été signalée ? Sont-ils encore en vie ?
Carl et Assad progressent lentement dans l’univers glacé et calculateur du kidnappeur pour découvrir que le monstre est encore en activité.

Délivrance est la troisième enquête du département V menée par le lieutenant de police Carl Morck et son assistant Assad. J’avais clairement eu le coup de cœur pour le premier tome Miséricorde et le deuxième Profanation (non chroniqués). La découverte des personnages et l’ambiance des romans m’avaient vraiment séduites. En outre, les enquêtes s’étaient avérées palpitantes et très réussies.

Avec Délivrance, je n’ai pas été aussi conquise. Je n’ai pas été déçue non plus mais il a manqué un petit quelque chose pour qu’il soit à la hauteur des deux premiers tomes. Je l’ai tout de même lu d’une traite (en seulement 4 jours) mais c’est décidément l’enquêté menée par les policiers à laquelle je reproche de manquer de peps.

Dans Délivrance, tout commence par le repêchage d’une bouteille en verre dans la mer d’Écosse. La bouteille en question contient un message écrit avec du sang, un SOS. C’est seulement une quinzaine d’années après sa découverte – la bouteille ayant été oubliée sur le rebord d’une fenêtre – que Carl Morck va se pencher sur ce message troublant.

Au départ, il pense qu’il s’agit d’un canular de gosse et laisse de côté la bouteille pour se concentrer sur d’autres enquêtes plus importantes. C’est son assistant Assad qui va prendre les choses en main et décrypter le fameux message écrit en lettres de sang. L’intrigue est donc longue à se mettre en place au départ car Carl Morck hésite, tergiverse, part dans d’autres directions pour enfin se concentrer après une bonne centaine de pages sur cette fameuse bouteille. J’ai du coup eu l’impression de « perdre » du temps et que l’auteur voulait retarder les choses, noyer un peu le poisson avant de lancer activement son enquête. C’est dommage car le roman perd du rythme et certains lecteurs peuvent être tentés de décrocher.

De plus, cette histoire de bouteille à la mer repêchée puis exploitée près de 15 ans après sa découverte m’a paru tirée par les cheveux. Je ne suis pas sûre que la police est réellement du temps à consacrer à ce genre de cas. Certes, l’intrigue va s’avérer passionnante par la suite mais elle aurait pu commencer autrement que par ce drôle de SOS.

En parallèle de l’enquête, l’auteur introduit son « méchant » de l’histoire en lui consacrant des chapitres assez longs. C’est ce que j’apprécie chez l’auteur. Pour chaque enquête on sait finalement qui est le coupable et quelles sont ses motivations. Il n’y a pas de grandes révélations à la toute fin du livre comme dans d’autres polars et c’est pour moi la plus grande force de l’auteur. Son roman repose en effet sur la façon dans les policiers vont enquêter et remonter jusqu’au suspect. Dans Délivrance, l’auteur nous plonge dans le cerveau malade d’un sérial killer qui s’en prend aux membres de sectes religieuses. Peu importe lesquelles: il les honnit toutes. De nombreux flash back sur son passé personnel nous en dire d’ailleurs plus.

Je n’ai en revanche pas adhéré aux chapitres qui donnait la voix à la compagne du serial killer. Certes ils sont là pour témoigner de sa perversité et de son talent de dissimulation mais encore une fois, ils sèment le trouble dans la lecture et retarde pas mal l’avancée des choses. Au début de ma lecture, je me demandais même à quoi ils pouvaient servir: combler des chapitres? Donner des informations essentielles pour la suite? Je ne savais qu’en penser. Ils ne sont en tout cas pas capitaux pour le bon déroulement du roman.

Côté personnage, j’ai quand même adoré retrouvé Assad, le Syrien exilé au Danemark. Il a un côté « rafraîchissant »: c’est un personnage qui en sait plus qu’il ne le laisse entendre, débrouillard et qui cache pas mal de secrets. J’ai hâte de connaître le fin mot de son histoire dans les tomes suivants. Il vient donner un peu plus de peps à côté d’un Carl Morck toujours aussi sérieux et sombre, voire plus noir que dans les autres livres.

Quant à Rose, la nouvelle assistante, j’avoue ne pas avoir été convaincue par son trouble de la personnalité qui tombe, selon moi, comme un cheveu sur la soupe. Ce trait de personnalité sera peut être mieux exploité dans les livres à venir mais pour le moment je n’ai pas tout à fait compris les intentions de l’auteur.

J’ai apprécié ma lecture et l’ai dévoré en quelques jours même si l’intrigue a été longue à se mettre en place. Pour moi, Délivrance reste un poil en-dessous des deux premiers tomes. J’ai tout de même hâte de retrouver les personnages de la série dans les prochains volumes.

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