L’île des chasseurs d’oiseaux de Peter May

   L’île des chasseurs d’oiseaux de Peter May,

   Publié aux éditions Babel,

   2013, 432 pages.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Marqué par la perte récente de son fils unique, l’inspecteur Fin Macleod, déjà chargé d’élucider un assassinat commis à Edimbourg, est envoyé sur Lewis, son île natale, où il n’est pas retourné depuis dix-huit ans.
Un cadavre exécuté selon le même modus operandi que celui d’Edimbourg vient d’y être découvert. Sur cette île tempétueuse du nord de l’Ecosse, couverte de landes, où l’on se chauffe à la tourbe, pratique encore le sabbat chrétien et parle la langue gaélique, Fin est confronté à son enfance. La victime n’est autre qu’Ange, ennemi tyrannique de sa jeunesse. Marsaili, son premier amour, vit aujourd’hui avec Artair.
Alors que Fin poursuit son enquête, on prépare sur le port l’expédition rituelle qui, chaque année depuis des siècles, conduit une douzaine d’hommes sur An Sgeir, rocher inhospitalier à plusieurs heures de navigation, pour y tuer des oiseaux nicheurs. Lors de son dernier été sur l’île, Fin a participé à ce voyage initiatique, qui s’est dramatiquement terminé. Que s’est-il passé alors entre ces hommes ? quel est le secret qui pèse sur eux et resurgit aujourd’hui ? Sur fond de traditions ancestrales d’une cruauté absolue, Peter May nous plonge au cœur de l’histoire personnelle de son enquêteur Fin Macleod.

 

C’est dans le cadre de mon book club du mois de juin que j’ai lu ce polar. Le thème est en effet de lire un roman d’un auteur écossais ou un roman qui se déroule en Écosse. Avec L’île des chasseurs d’oiseaux je fais coup double puisque Peter May est écossais et que son intrigue se déroule sur l’île écossaise de Lewis.

L’intrigue commence à Edimbourg. Fin McLeod est inspecteur de police. Il est chargé d’une enquête particulièrement horrible: on a retrouvé le corps d’un homme éventré et pendu. Fin est bientôt appelé sur les lieux d’un crime similaire mais cette fois-ci sur l’île de Lewis, son île natale. C’est un ancien camarade de classe, Ange McRichtie, une brute épaisse que tout le monde détestait, qui est retrouvé mort de la même manière. Fin prend le premier avion et s’envole pour Lewis.

Ce qui est d’abord étonnant dans ce polar, c’est la narration adoptée par l’auteur. Les chapitres alternent entre deux points de vue différents. Quand il s’agit de l’enquête menée par Fin, le point de vue adopté est externe. On suit Fin dans ses interrogatoires, sur le terrain. Il parcourt la lande de l’île de Lewis avec un autre inspecteur, George Gunn. L’enquête se révèle alors de facture classique: suspicion, interrogation des témoins, fausses pistes, revirements de situation. Cependant, l’enquête progresse lentement et on se rend bien vite compte qu’elle n’est pas au cœur du roman. Elle est même presque à l’arrière-plan. En effet, ce qui devient particulièrement intéressant, c’est finalement le passé de Fin lié à l’île.

C’est là qu’interviennent les chapitres racontés du point de vue de Fin. C’est lui qui prend alors la parole pour nous plonger dans son propre passé. On suit avec passion et beaucoup d’intérêt la vie de Fin. Il remonte assez loin dans son enfance pour nous raconter sa vie sur l’île: ses parents décédés alors qu’il n’avait que huit ans, son amour de jeunesse pour Marsaili, sa relation étrange avec Artair et ce fameux jour sur l’île de An Sgeir qui verra sa vie basculer.

De ce fait, c’est surtout l’histoire personnelle de Fin qui m’a le plus intéressée. Je l’ai dit plus haut, l’enquête sur la mort d’Ange devient quasi secondaire. En réalité, l’auteur nous happe avec le passé de Fin. En effet, pour comprendre sa situation actuelle, il faut se plonger dans son passé chaotique et torturé. J’ai vraiment adoré les moments dans lesquels Fin se remémore sa jeunesse. Il nous immerge dans une Écosse encore profondément ancrée dans la religion. Le dimanche est consacré à la prière. Le poids des traditions est très lourd. J’ai d’ailleurs été étonnée par certaines coutumes. Les femmes ne peuvent pas pénétrer dans le cimetière lors d’un enterrement par exemple. La vie décrite par Fin est très rurale, très sommaire. Sur l’île de Lewis, il y a peu de perspectives d’avenir réjouissant. On élève les moutons, on se chauffe grâce à la tourbe, on vit du produit de la pêche. Fin nous raconte la manière dont il s’est extirpé de tous ces dogmes. Il a eu la chance de quitter l’île contrairement à ses camarades de classe qui y sont restés.

Au cours de son enquête, Fin va devoir remuer le passé. Ce qu’il a oublié ou ce qu’il n’a pas voulu voir va refaire surface. C’est assez bien amené par l’auteur. L’enquête sur la mort d’Ange et le passé de Fin se rejoignent d’une manière assez inattendue.

J’ai cependant peu apprécié la conclusion de l’enquête qui m’a paru incongrue voire un peu bâclée. Les derniers mots prononcés par Fin sonnent faux quand on connaît le contexte de l’histoire. J’ai eu l’impression que l’auteur voulait absolument un happy end. C’est dommage car j’avais apprécié tout au long du roman la tristesse, le gris de cette île battue par les vents, aux personnages rudes et accablés par leur situation.

L’île des chasseurs d’oiseaux est presque un sans faute pour moi. Malgré une intrigue policière secondaire, j’ai adoré me plonger dans le passé torturé de Fin et en apprendre plus sur cette fameuse île de Lewis.

 

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6 réflexions sur “L’île des chasseurs d’oiseaux de Peter May

  1. Ah oui ! Ça a été ma grande lecture de cet hiver avec le deuxième tome. Pareil, j’ai assez aimé ce côté très personnel du récit et l’enquête qui finalement n’est jamais loin. Le deuxième est construit de la même façon et est tout aussi bien.

  2. Mon avis est très différents du tiens. Je n’ai pas aimé ce livre justement à cause des souvenirs du personnages principale, de son retour dans un lieu qu’il avait fuit. Mais c’est du à mon histoire personnelle et du coup je n’ai pas réussi à me mettre dans le livre… Dommage *Marie*

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