Rose Morte, Tome 1: La floraison de Céline Landressie

   Rose Morte, Tome 1: La floraison de Céline Landressie,

   Publié aux éditions de L’Homme sans nom,

   2012, 480 pages.

 

 

 

 

 

 

 

France, fin du xvie siècle. C’est dans ce pays en proie à de terribles dissensions religieuses que se réfugient les Greer, fuyant l’Angleterre élisabéthaine.
Eileen, seule enfant du comte, est une jeune femme vive et de caractère. Mais son âge avance, et son père la met au pied du mur : elle doit se marier.
Et c’est en faisant tout pour éviter cette terrible obligation à l’aide de sa fidèle amie Charlotte que Rose fera connaissance d’Artus de Janlys.
Le séduisant et mystérieux comte l’entraînera dans un univers dont elle ne soupçonnait pas l’existence, où les crimes terribles qui secouent Paris trouveront une explication apparemment inconcevable, mais bel et bien réelle…

 

J’aime beaucoup les éditions de L’homme sans Nom. Quand je trouve un de leurs titres en librairie, je craque. Ce fut le cas avec le premier tome de Rose Morte. Je savais très vaguemment que le roman parlait de vampires mais je n’en savais guère plus. J’ai donc été étonnament surprise à la lecture de ce livre. Céline Landressie possède une plume bien particulière qui m’a conquise.

En effet, ne vous attendez pas à lire de la bit-lit comme on la connaît d’habitude avec ses vampires, loups-garous et ses litres d’hémoglobine à chaque page. Dans ce roman, l’auteur prend son temps avec l’intrigue. Si je n’avais pas su qu’à un moment ou à un autre, une histoire de vampires ferait son entrée, j’aurais pu facilement croire que ce roman appartenait au genre historique. L’auteur place son intrigue au coeur des guerres de religion, au XVIème siècle, sous le règne d’Henri IV. L’édit de Nantes vient à peine d’être signé accordant la paix et la sécurité aux protestants. Mais la colère des catholiques gronde et une cabale contre le roi converti s’opère à couvert.

Dès le début de son roman, l’auteur nous happe dans la complexité des guerres de religion qui rythment ce siècle. Il faut posséder quelques notions historiques même si le glossaire à la fin du livre aide beaucoup le lecteur à s’y repérer. C’est dans ce contexte tendu qu’elle nous présente son héroïne Eileen, fille de Lord Greer, noble catholique anglais ayant fui ses terres natales pour se réfugier en France. Eileen se fait d’ailleurs appeler Rose, son deuxième prénom, peut-être parce qu’elle se sent plus française qu’anglaise ou alors par esprit de contradiction afin d’ennuyer sa mère une fois de plus, mère détestable et détestée avec laquelle elle ne s’entend pas du tout.

En effet, Rose est considérée par beaucoup comme une jeune fille délurée, n’ayant pas sa langue dans sa poche. A 28 ans, elle n’est d’ailleurs toujours pas mariée, au grand dam de ses parents qui l’imaginent déjà vieille fille. Rose préfère être toute seule plutôt que mal accompagnée! Le personnage est haut en couleurs. Dès le début, on décèle chez Rose une personnalité très forte, un caractère bien trempé et des idées très arrêtées! Elle a d’ailleurs un petit côté agaçant qui m’a parfois énervée mais dans l’ensemble j’ai apprécié ce personnage.

Alors qu’elle se rend à un bal donné par le Comte de Jouars, Rose fait la rencontre d’un personnage intriguant, le Comte de Janlys. Dès le départ, elle est subjuguée par la beauté et la prestance de cet homme. Leur première rencontre fait d’ailleurs des étincelles. Rose va se lier d’amitié avec Artus Janlys avant que leur relation n’aille plus loin. En tant que lecteur, on devine rapidement la vraie nature du Comte car l’auteur distille par-ci, par-là des petits indices qui mis bout à bout permettent d’échafauder une hypothèse. Il est alors assez drôle de constater la naïveté de Rose qui met un certain moment à prendre conscience de certaines choses par ailleurs évidentes.

Hormis l’intrigue surnaturelle qui reste somme toute classique, le roman développe une seconde intrigue plus profonde, plus complexe. Il y a d’abord ces menaces qui pèsent sur Rose et son père. Qui sont ces gens qui en veulent à leur vie. Qu’à fait le père de Rose pour mettre ainsi sa vie en danger? L’intrigue va lentement se dérouler au gré du roman pour enfin nous apporter des réponses. Il y a aussi ces attaques qui semblent toucher le clan d’Artus. Qui se cache derrière tout cela et pourquoi? La fin du roman esquisse un début de réponse et nous laisse entrevoir une suite pleine de rebondissements.

Pour terminer cette chronique j’aimerais évoquer le style de Céline Landressie. Je le disais en début de chronique, il faut être patient pour lire Rose Morte. C’est une lecture exigeante. En effet, l’auteur manie la langue avec soin et reproduit des dialogues savoureux. Il faut être assez concentré pour lire ce roman car la langue est pointue, complexe, les mots sont choisis avec soin. Bref, on ne lit pas Rose Morte comme on lirait un autre roman de bit-lit au style plus simple. Il faut être patient aussi dans l’intrigue tant les choses sont amenées doucement. L’auteur construit son monde petit à petit, brique après brique pour en faire quelque chose de solide et de tangible.

Rose Morte est une lecture exigeante au style travaillé. Si l’héroïne m’a parfois agacée, j’ai tout de même aimé son côté rebelle. L’intrigue prend son temps et permet au lecteur d’être plongé au coeur du XVIème siècle. Nul doute que je continuerai la saga avec passion!

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6 réflexions sur “Rose Morte, Tome 1: La floraison de Céline Landressie

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