Le Lamento des ombres des Enfants de Walpurgis

   Le Lamento des Ombres par le collectif des enfants de Walpurgis,

   Publié aux éditions du Chat Noir,

   2011, 300 pages.

 

 

 

 

 

 

 

Tempo sourd ou pure envolée, trille innocente ou rugissement de haine, la musique vibre à nos oreilles de ses multiples identités. Tantôt berceuse, parfois fracassante, elle n’a pas de frontières, elle ignore les bornes. Ou plutôt, elle les refuse.
L’harmonie, ce fluide évanescent de cannelle et de myrrhe qui perce jusqu’aux palissades des cultures, marche aux confins de la mortalité. Elle transgresse les limites humaines. Elle apporte l’ailleurs jusqu’à nous, nous y transporte. Elle ouvre des passages vers des mondes imperceptibles et les créatures qui y vivent. Pour la beauté, pour la musique…

Huit auteurs se sont rencontrés autour d’une poignée de notes. Certains ont pris l’immortalité en Dot majeure, d’autres un chant Fa-erique aux accents tragiques. Les restants se sont partagé des partitions en clés de Sol afin de passer une porte, une épreuve… ou la muraille dont s’entoure un cœur.
Dans ce grand opéra à huit voix, l’Histoire croise l’utopie, la fantasy médite en compagnie du fantastique romantique sur la magie et les pactes faustiens. Un arpège délicat se met en œuvre. Une mélodie douce-amère, où les ombres évoluent dans les brumes comme dans les consciences…

Le sentier du lamento vous mènera jusqu’à elles.

 

Je continue mon exploration des titres parus aux éditions du Chat Noir avec ce recueil de nouvelles écrit par le collectif des enfants de Walpurgis regroupant des auteurs déjà publiés au Chat Noir. J’ai adoré cette lecture qui m’a permis entre autre de connaître de nouveaux auteurs, de nouveaux styles et pour certains c’est une vraie révélation! Le thème du recueil est la musique. On dit qu’elle adoucit les moeurs. Ici, le plus souvent elle déclenche des apparitions fantastiques.

Le recueil s’ouvre sur une nouvelle de Stéphane Soutoul « Maudite Sonate ». J’ai adoré cette première histoire qui se base sur un pacte entre un musicien maudit et la mort. Ce dernier a créé une sonate pour sa belle mais la Mort l’a trouvée si parfaite qu’elle a tué la Dame pour s’approprier ce morceau de musique. Aussi quand le musicien joue cette sonate, il convoque la Mort qui tue tout ceux qui se trouvent dans son entourage. Ce qui se révèle une malédiction finira peut-être par sauver des vies…J’ai beaucoup apprécié l’intrigue de cette nouvelle mais c’est surtout le style de l’auteur qui m’a définitivement séduite. Stéphane Soutoul écrit magnifiquement bien et je pense me pencher sur ses autres oeuvres.

J’ai également adoré la nouvelle de Marianne Gellon « That’s o Long Way to Hell ». Elle place son intrigue dans un monde post-apocalyptique. Les Russes dominent le monde. La partie occidentale de l’Europe est en ruines et repose dans une étrange brume qui est faite, dit-on, de fantômes. Richard fait partie d’un groupe de rock à succès. Il est en tournée dans tout le pays. Il est en couple avec Lisa, une jeune femme qu’il ne semble pas aimer. Sous l’emprise de la drogue, il va même jusqu’à la battre et la violer! Un soir, pendant un concert, il rencontre une autre Lisa. Cette dernière l’attire comme un aimant. Elle lui confie appartenir à « l’autre monde », celui des fantômes. Cette rencontre n’aura de cesse de travailler Richard. Devient-il fou ou ce monde existe-t-il vraiment? J’ai adoré l’ambiance de cette nouvelle. J’ai aussi adoré détester Richard, ce monstre d’égoïsme. L’auteur nous en dit tout juste assez pour faire travailler notre imagination. Une vraie réussite.

J’ai découvert la plume de Vanessa Terral avec la nouvelle « Les flûtes enchantées » et nul doute que ma prochaine lecture concernera son roman. Là aussi, j’ai vraiment apprécié le style de l’auteur qui mêle fantasy et humour sans que cela ne soit lourd! Quelle finesse dans les descriptions et les dialogues. Dans cette nouvelle, une enquêtrice du parasurnaturel, doit trouver quel être a investi des flûtes à champagne. Libéré de ces fameux objets qui se transmettent de génération en génération, l’être tue de son cri horrible. Et voilà notre enquêtrice propulsée aux pays des elfes et des banshees, l’Irlande. Là encore c’est un gros coup de coeur tant pour l’histoire que l’écriture!

Je terminerai avec La Clef musicale de Bettina Nordet qui met en scène l’Ange de la mort et Léonard de Vinci, un pari osé mais qui fonctionne extrêmement bien. Là encore, j’ai autant apprécié l’histoire, finement ciselée, que le style de l’auteur. Elle nous plonge au coeur du 15ème siècle aux côtés d’un Léonard de Vinci qui devient ami avec Loriel, l’Ange de la mort. Une vraie complicité naît au fil de leurs discussions. Léonard fait un cadeau inestimable à Loriel qui aura des conséquences quatre siècles plus tard. Là encore, c’est une histoire envoûtante, belle et très émouvante!

Les quatres autres nouvelles ne m’ont pas autant convaincue même si j’ai passé un moment extrêmement agréable en les lisant. Je n’ai pas été envoûtée de la même manière. Il manquait parfois un petit quelque chose pour définitivement me séduire.

Le Lamento des Ombres est en tout cas un recueil de nouvelles que je recommande vraiment. Il m’a permis de découvrir la plume d’auteurs très talentueux et d’être sous le charme pendant quelques heures de ces petites musiques intérieures.

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3 réflexions sur “Le Lamento des ombres des Enfants de Walpurgis

  1. Pingback: L’aube de la guerrière de Vanessa Terral | Carolivre

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