Xénome de Nicolas Debandt

Xénome de Nicolas Debandt,

Publié aux éditions de L’Homme sans Nom,

2014, 397 pages.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Je me souviens très bien du jour où je naquis à la conscience. Il y a des jours comme ça qui ne s’oublient pas. Celui-ci était un 4 février. Celui de l’année 2184. »

Yann se réveille, sans savoir qui il est ni d’où il vient. Impliqué malgré lui dans une histoire de vol d’œuvres d’art au Louvre, il débute sa vie au rythme effréné de la fuite, des rencontres, des choix et des révélations.

Nicolas Debandt, à travers la situation impossible de Yann, soulève les questions de l’être et de l’existence, et dépeint une société contrôlée et voyeuriste où la place de l’homme est définie par son ADN, et où tout s’achète, même les gènes.

C’est avec Elodie du blog Les Confidences de Miss Elody et Méli du Bazar de la Littérature que j’ai lu ce roman publié aux excellentes éditions de l’Homme sans Nom. Le résumé m’avait déjà alléchée et je dois dire que la lecture de ce livre a été vraiment très plaisante!

La première chose qui m’a surpris, c’est la vitesse à laquelle j’ai lu ce roman. En effet, les pages se tournent toutes seules! Nicolas Debandt possède un style fluide, vraiment agréable à lire et on se surprend à dévorer une cinquantaine de pages sans même s’en rendre compte! En effet, son écriture ne connaît pas de répit et nous entraîne à pleine vitesse dans la folle histoire de Yann!

L’intrigue est d’ailleurs assez haletante. Un homme, d’une trentaine d’années, se réveille un jour au Louvre. Il est nu, ne se souvient de rien, même pas de son nom. Il est pris en charge par Joseph, un employé du Louvre, qui le soigne, l’habille, le nourrit. En même temps que Yann découvre son environnement, le lecteur pénètre dans ce monde futuriste où les bons gènes gouvernent le monde.

En effet, au fur et à mesure de l’intrigue, Yann prend conscience qu’il évolue dans une société nouvelle, régie par castes. Il y a les operaris, des humains situés en bas de l’échelle. Ils sont très limités intellectuellement et n’occupent que des tâches subalternes et manuelles. Ils possèdent des caractéristiques physiques bien spécifiques: un front proéminent, un corps plutôt développé et surtout, ils ne réfléchissent pas par eux-mêmes, se contentant d’exécuter les ordres venus d’en haut.

Il y a aussi les Obediensis, grosso modo des fonctionnaires. Ils sont un peu plus développés intellectuellement que les operaris mais ils se contentent aussi d’obéir. Et puis il y a les Nexilis et les Aureus, les humains suprêmes, au sommet de la hiérarchie, qui possèdent le pouvoir.

Cette société hiérarchisée est aussi contrôlée par le WebSoc, sorte d’Internet qui sait tout de vous: votre position géographique, vos actes et même vos pensées. Le WebSoc est une sorte de Big Brother qui permet de censurer tous ceux qui ne pensent pas comme la majorité.

Yann découvre ce monde petit à petit et il se rend compte qu’il n’appartient à aucune des espèces! Qui est-il vraiment? D’où vient-il? Pourquoi a-t-il été créé?

Nicolas Debandt nous livre ici un roman haletant. Les scènes d’actions sont légions et on ne s’ennuie pas un seul moment! Yann cherche ses origines et découvre un monde qu’on a voulu idéal mais qui se révèle à l’inverse putride, excluant et lugubre. Mais au-delà de cette intrigue, l’auteur livre à ses lecteurs une réflexion sur l’utilisation de la génétique à des fins commerciales et sociétale où le progrès devient un enjeu mondial. Il s’agit de fabriquer un homme surpuissant, beau, intelligent, éternel mais de garder une main d’œuvre bon marché, obéissante et limitée. Mais où sont les limites d’une telle folie?

L’auteur a su créer un monde futuriste auquel on croit sans aucun problème. Il a vraiment travaillé le fond sociétal de son roman en réfléchissant aux castes, aux manières de contrôler le peuple. Il offre ainsi à son lecteur une contre-utopie qui pourrait s’avérer vraisemblable!

Un seul point m’a dérangée dans le livre. Je trouve que la fin du roman concentre trop de révélations, trop d’informations. J’aurais préféré que l’auteur distille ses révélations tout au long du roman. La fin donne une impression de trop plein et c’est parfois difficile de tout assimiler.

Xénome est donc une lecture qui m’a vraiment plu. Le roman est haletant et soulève des points intéressants liés à la génétique. J’espère qu’il y aura une suite car la fin du roman nous laisse avide d’en savoir plus!

Vous pouvez également retrouver la chronique du Bazar de la Littérature.

 

 

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8 réflexions sur “Xénome de Nicolas Debandt

      • Dommage, pour t’expler, dans « Bienvenue à Gattaca », l’avenir de chaque être humain est conditionné par ses gênes et on sélectionne même les gênes de son futur enfant avant la naissance ; c’est pour ça que j’y ai pensé (^-^) Un film à voir d’ailleurs, je te le conseille

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