L’Ouroboros d’argent d’Ophélie Bruneau

L’Ouroboros d’argent d’Ophélie Bruneau,

Publié aux éditions du Chat Noir,

2013, 255 pages.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Axel est généreux. Axel est amoureux. Axel est trop gentil. Aujourd’hui, il doit traverser la France pour acheminer un héritage. Célia est fière. Célia est implacable. Célia est un loup-garou. Aujourd’hui, secondée par deux jeunes de sa meute, elle doit retrouver l’objet responsable d’une vieille malédiction. À la croisée des chemins, le piège se referme dans le Massif Central. Prête à tout pour mener à bien sa mission, Célia n’hésitera pas à détruire la vie d’Axel s’il le faut. Le jeune homme a de la résistance à revendre et des amis prêts à l’aider. Pourtant, cette fois, il pourrait bien finir broyé au nom de l’Ouroboros d’argent. L’artefact vaut-il seulement tous ces sacrifices ?

C’est chez Bazar de la littérature que j’ai repéré ce roman. Outre le titre intriguant, j’ai eu envie de découvrir cette histoire parue aux très bonnes éditions du Chat Noir. La couverture m’a également incitée à en savoir plus. On peut dire que je ne suis pas déçue de ma lecture et que L’Ouroboros d’argent est quasiment un coup de cœur.

L’intrigue nous plonge au cœur de la Bourgogne, d’abord près de Dijon puis dans la Nièvre. Ophélie Bruneau marque déjà un point avec moi car j’ai fait toutes mes études supérieures à Dijon. J’ai eu plaisir à découvrir des petits morceaux de « ma » ville dans son roman. Ironie du sort, j’ai effectué mes premières années en tant que professeur à Nevers! Je connais donc par cœur les deux villes décrites dans le roman et cela à apporté un petit plus à ma lecture.

A Dijon, l’auteur met en place l’intrigue autour de Célia, Claudio et Capucine. Ce sont des loups-garous appartenant à la même meute. Leur job de loup est, entres autres, de neutraliser les lunards, des hommes qui n’ont pas tout à fait réussi leur transformation en garou et qui sont potentiellement dangereux pour la communauté humaine car ils ne contrôlent pas leurs pulsions. Après l’une de ses missions, Célia se rend chez son grand-père. L’un de ses plus vieux ennemis vient de mourir. Or il possédait un objet magique: une ceinture d’argent. C’est avec ce talisman, qu’il y a des années, il a fait du grand-père de Célia, un simple humain, incapable de se transformer en loup. Célia a donc pour mission de retrouver ce talisman.

A Nevers, nous suivons Axel, un jeune homme dynamique, qui travaille dans une école. Lui aussi est un loup-garou mais il s’est éloigné de sa meute, préférant rester un humain tout ce qu’il y a de plus normal. Il partage sa vie entre sa petite amie, son colocataire Dérénik plutôt étrange et le boulot. Un jour, il reçoit un coup de fil de son chef de meut basée à Nantes. Il doit récupérer un étrange objet en argent ayant appartenu à un loup-garou qui vient de mourir.

Les deux intrigues vont donc d’abord se jouer en parallèle l’une de l’autre pour mieux se rejoindre un peu plus tard car chaque garou convoite le même objet mystérieux. Autant vous dire qu’il n’y a aucun temps mort dans ce roman. L’action maintient en éveil le lecteur. Les pages se tournent d’elle-même et je ne me suis ennuyée à aucun moment. J’ai vraiment pris plaisir à suivre ces deux intrigues avec d’un côté la fougueuse Célia et de l’autre le calme et tempéré Axel. De la Bourgogne, nous passons en Auvergne, dans les forêts touffues et le long des chemins de campagne. Qui sera le premier à récupérer ce fameux artefact?

Les personnages sont plutôt bien campés. Célia est un personnage complexe. Je me suis pris de sympathie pour elle au début du roman puis très vite, la demoiselle m’a un peu dérangée. Elle est impulsive et fait de cette quête de l’Ouroboros sa vendetta personnelle. Quant à Axel, j’ai adoré ce personnage calme, réfléchi, qui finalement n’aspire qu’à une vie rangée et normale. Il cache pas mal de secrets, révélés au fil du roman. Les deux acolytes de Célia, Claudio et Capucine, sont eux aussi intéressants. Capucine est une loup-garoue effacée, qui ne s’accommode pas de sa condition et qui répugne à faire le mal autour d’elle. J’ai beaucoup aimé ce personnage qui « voit » ce que d’autres n’imaginent même pas. J’aurais d’ailleurs aimé que cet aspect soit davantage exploité (peut-être dans un autre roman?). Ophélie Bruneau sort des clichés et c’est rafraîchissant. Pas de jeune écervelée ou de mâle à la testostérone surdimensionnée. Elle donne une vision du loup-garou dépoussiérée et très intéressante.

Quant à l’écriture de l’auteur, c’est peut-être ce qui m’a le plus plu. J’ai adoré la plume d’Ophélie Bruneau. Ses phrases sont claires, bien construites. Son vocabulaire est riche et surtout, elle ne met pas d’obscénités dans la bouche de ses personnages toutes les deux phrases! Comme quoi on peut être un loup-garou et rester poli!

Le seul bémol de l’ouvrage revient à sa fin, pour le coup, un peu cliché. J’imaginais les relations entre les personnages évoluer différemment. Les choses se précipitent un peu et Célia, après avoir assouvi sa vengeance, redevient une jeune femme bien sous tous rapports, ce qui m’a déconcertée.

L’Ouroboros d’argent est une lecture intéressante. Ophélie Bruneau dépoussière le mythe du loup-garou et nous offre un roman bien écrit, aux multiples rebondissements. Un sans faute. 

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Une réflexion sur “L’Ouroboros d’argent d’Ophélie Bruneau

  1. Pingback: La Dernière de Bourbon d’Ophélie Bruneau | Carolivre

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