La Maison biscornue d’Agatha Christie

La Maison Biscornue d’Agatha Christie,

Publié au Livre de Poche,

1995, 189 pages.

 

 

 

Sous la domination d’un aïeul tyrannique, une étrange famille habite cette maison biscornue : deux fils, deux belles-filles, trois petits-enfants, une vieille tante…
Mais aussi la toute jeune seconde épouse du grand-père et le précepteur qui pourrait bien être son amant… Puis le grand-père meurt, qui peut bien l’avoir tué ? La seule personne qui semble avoir une idée précise sur la question c’est Joséphine, douze ans. Joséphine a des idées sur tout. Y compris sur l’art dramatique, les motivations des criminels et l’art d’empoisonner les gens. C’est un petit monstre très sympathique.
Et il faut être attentif aux petits monstres.

C’est dans le cadre de mon book club, dont le thème est Agatha Christie, que j’ai lu ce roman. J’avoue une chose: en dehors des Dix petits nègres ou du Crime de l’Orient Express, les romans d’Agatha Christie ne me font pas rêver. Sur le blog, j’en ai déjà chroniqué plusieurs comme La Plume empoisonnée, Le Crime d’Halloween ou encore Un cadavre dans la bibliothèque. Ils ne m’ont pas laissé un souvenir impérissable. En revanche, je ne saurais que trop vous conseiller son autobiographie, passionnante, mais ceci est un autre sujet. La Maison Biscornue m’a séduite grâce à sa couverture (qui fait très maison hantée, fantôme, période d’Halloween) et sa quatrième de couverture…

Au début du roman, nous faisons la connaissance de Charles. C’est le narrateur de l’histoire qui commence par nous raconter dans quelles circonstances il a connu celle qui deviendra sa femme, la belle Sophia Léonidès. Sophia est la petite fille d’Aristide Léonidès, un homme d’affaire à la tête d’une immense fortune. Alors qu’il doit rejoindre sa belle, après deux ans (!) passés en Inde, Charles apprend une terrible nouvelle: Aristide Léonidès est mort. On soupçonne même un assassinat. C’est sûr, tant que le mystère n’est pas élucidé, Charles ne pourra pas épouser la belle Sophia. Grâce à son père, enquêteur à Scotland Yard, Charles suit l’enquête de près. Bientôt, les soupçons se portent sur l’un des membres de la famille Léonidès.

En effet, toute l’enquête réside dans ce huis-clos puisque les membres de la famille sont assignés à résidence. Dans cette enquête, il y a beaucoup de témoignages. En effet, chaque personnage appartenant au clan Léonidès est suspect. Charles va donc assister aux nombreux interrogatoires et découvrir l’existence d’un testament qui pourrait bien être l’objet de convoitise. Tous ces bavardages m’ont un peu ennuyée. En bref, il y a énormément de dialogues et très peu d’actions! Charles navigue entre les étages, prêtant une oreille attentive aux uns et aux autres. Il se rend bientôt compte que les choses ne sont pas si simples dans cette famille. A commencer par la très jeune veuve Brenda qui aurait pu empoisonner son vieil époux pour vivre la dolce vita avec son amant; ou alors les deux fils d’Aristide, Roger et Philip, qui semblent en vouloir tous deux à leur père. Il y a enfin les deux petits enfants Eustace et Joséphine.  Or Joséphine semble en savoir beaucoup….

Charles n’est finalement qu’un simple spectateur. Il ne mène pas vraiment d’enquête et observe simplement, écoute les conversations avec attention. Bien sûr, son idée du meurtrier sera fausse. La révélation ne se fera qu’à la toute fin du roman. Néanmoins, j’avais ma petite idée sur l’identité de l’assassin grâce à un indice que l’auteur nous cède volontiers. Cependant, l’intrigue n’est pas exaltante. On se demande, bien sûr, qui a tué l’ancêtre mais surtout pourquoi. C’est davantage l’ambiance qui m’a séduite dans ce roman. La maison dans laquelle se déroule les faits est d’apparence baroque. Elle est biscornue et cache des coins et des recoins mystérieux. L’intrigue se déroule également dans la bourgeoisie anglaise. J’aime particulièrement le portrait qu’en fait l’auteur. Les personnages semblent a priori sans reproches mais ils cachent tous une part d’ombre et de mystère et quoi de mieux qu’étudier leur caractère, une tasse de thé à la main?

La fin du roman m’a en revanche bluffée. Je n’imaginais pas l’auteur aussi cruelle avec ses personnages. Finalement, elle sauve la morale et les apparences. Tout rentrera dans l’ordre même si encore une fois, la fin est surprenante!

La Maison biscornue est une enquête sympathique qui dresse le portrait d’une famille bourgeoise rongée par la jalousie et l’envie. Je retiendrai surtout la fin, bien surprenante, qu’a osé l’auteur.

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5 réflexions sur “La Maison biscornue d’Agatha Christie

  1. Je suis une grande fan d’Agatha Christie et La maison biscornue fait partie des mes Agatha préférés (c’est également le cas de La Plume Empoisonnée, que tu as cité plus haut). Les personnages christiens sont toujours un régal, et ils sont parfois même plus intéressants que la résolution de l’énigme 🙂

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