Smog Of Germania de Marianne Stern

 

Smog of Germania de Marianne Stern

Publié aux éditions du Chat Noir,

2015, 343 pages.

 

 

 

 

 

 

 

 

Germania, début des années 1900, capitale du Reich. À sa tête, le Kaiser Wilhem, qui se préoccupe davantage de transformer sa cité en quelque chose de grandiose plutôt que de se pencher sur la guerre grondant le long de la frontière française – et pour cause : on dit qu’il n’a plus tous ses esprits. Un smog noir a envahi les rues suite à une industrialisation massive, au sein duquel les assassins sont à l’oeuvre.
Une poursuite infernale s’engage dans les rues et les cieux de Germania le jour où la fille du Kaiser échappe de peu à une tentative de meurtre. Objectif : retrouver les commanditaires. La chose serait bien plus aisée s’il ne s’agissait pas en réalité d’un gigantesque complot, qui se développe dans l’ombre depuis trop longtemps.

 

Attention ce roman est un coup de cœur! Merci à l’auteur qui m’a fait plonger dans les méandres du smog of Germania et qui m’a offert une lecture passionnante: ça faisait longtemps que je n’avais pas lu un livre aussi prenant et captivant.

Marianne Stern nous livre ici un roman aux accents steampunk. Nous sommes à Germania, capitale du Reich. A l’ouest, la menace de l’armée française gronde. Peu importe au Kaiser Wilhem, obnubilé par la grandeur de sa ville. Il rêve de concurrencer Paris et Napoléon. Il se dévoue jour et nuit à bâtir des chantiers faramineux pour dépasser en puissance et en beauté toutes les capitales du monde et asseoir la grandeur de Germania. Il développe l’industrie à grande échelle pour accéder à ses fantasmes de toute-puissance: un smog noir et épais a envahi les rues de la ville, dissimulant voleurs et assassins. Peu importe là aussi puisque seule l’élite du royaume a droit à de la hauteur, à de l’air pur et au soleil.

Le Kaiser a une fille, Viktoria qu’il fait protéger par son homme de main: l’Exécuteur. Ce dernier est une sorte d’automate mi-homme, mi-machine. Quand Viktoria échappe à une tentative de meurtre, elle s’évade grâce à ce chaperon inquiétant. Tous deux se réfugient sur le zeppelin de Maxwell, un pirate des airs aux airs de gentleman. Quel lien unit l’Exécuteur à Maxwell? Et surtout, qui en veut à la vie de Viktoria? Les apparences sont souvent trompeuses…

Le Kaiser est une transposition du Führer. Il joue à la guéguerre avec ses officiers dans une salle spécialement dédiée et il ne se rend pas compte de la grogne à l’extérieur. Bien protégé dans sa tour d’ivoire, il n’a qu’une idée en tête: faire de Germania la capitale du monde. L’auteur a sur faire du Kaiser un personnage ridicule mais à la fois suffisamment fou et inquiétant pour qu’on le prenne au sérieux. Il ne se soucie pas de ses enfants au point d’avoir congédié tous ses fils.

Seule sa fille Viktoria est à ses côtés au début du livre. C’est d’ailleurs elle l’héroïne de l’histoire. J’ai lu sur différents blogs qu’elle avait tendance à énerver par ses caprices et ses minauderies. C’est drôle car je n’ai pas du tout ressenti cela. C’est sûr, Viktoria est une Fraülein de la haute bourgeoisie. Elle a vécu dans un monde douillet, protégé de tout. Du jour au lendemain, elle est projetée dans un univers violent et rude. Le changement est grand. Cependant, j’ai trouvé que ce personnage s’adaptait bien à sa nouvelle existence. Elle n’hésite pas à prendre parti et se révèle une héroïne plaisante, au caractère affirmé. Cette Viktoria m’a beaucoup plu! 

Mais LE personnage qui m’a le plus passionnée et emportée est celui de l’Exécuteur: Jeremiah! Alors là je dis Wahou! J’aurais pu lire le roman rien que pour lui. C’est un homme qui a échappé à la mort: il est mutilé dans sa chair puisqu’il est mi-homme mi-automate. Le Kaiser l’a chargé des basses besognes de l’Etat à savoir faire disparaître tout opposant politique. Au contact de Viktoria, l’homme froid et taciturne qu’il est, va baisser la garde et nous offrir un autre visage. Au fil des pages, on en sait un peu plus sur son passé. En outre, l’auteur a l’intelligence de ne pas tourner la relation Viktoria-Jeremiah en une histoire d’amour collante et romantique! Elle a su doser parfaitement leurs sentiments sans oublier que l’action est au premier plan du roman. Jeremiah est un personnage qui possède une dualité intéressante, faite à son image. A la fois séduisant et repoussant, il m’a vraiment passionnée.

Outre ses personnages bien construits, Marianne Stern nous plonge dans une ambiance poisseuse, noire, qui colle à la peau à l’instar de ce smog qui envahit les rues et qui laisse proliférer aussi bien les criminels que les rats. L’industrialisation massive de Germania est bien décrite et on se laisse facilement perdre dans ce dédale de rues et de ruelles mal fréquentées. L’auteur y glisse aussi le thème de l’orfèvrerie avec l’ombre de Nicolas Flamel qui plane sur toute l’intrigue. Les machines et les automates ont leur place toute trouvée et restent des éléments bien inquiétants dans ce smog étouffant.

Smog of Germania est un coup de cœur pour moi. J’ai vraiment adoré ma lecture. Les personnages sont passionnants et l’intrigue possède de nombreux rebondissements. La plume de l’auteur m’a une fois de plus convaincue tant elle maîtrise le genre du steampunk à la perfection.

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