Qu’attendent les singes de Yasmina Khadra

 

Qu’attendent les singes de Yasmina Khadra,

Publié aux éditions Julliard,

360 pages, 2014.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Merveilleusement maquillée, les cheveux constellés de paillettes, les mains rougies au henné avec des motifs berbères jusqu’aux poignets, on dirait que le drame l’a cueillie au beau milieu d’une noce.
Dans ce décor de rêve, tandis que le monde s’éveille à ses propres paradoxes, la Belle au bois dormant a rompu avec les contes.
Elle est là, et c’est tout.
Fascinante et effroyable à la fois.
Telle une offrande sacrificielle… »

Une jeune étudiante est découverte assassinée dans la forêt de Baïnem, près d’Alger. Une femme, Nora Bilal, est chargée de mener l’enquête, loin de se douter que sa droiture est un danger mortel dans un pays livré aux requins en eaux troubles.
C’est dans le cadre de mon book club consacré à la littérature africaine que j’ai lu Qu’attendent les singes. J’ai eu la chance de rencontrer l’auteur lors d’une dédicace à Aix en Provence. Je n’avais jamais entendu parler de ce titre et la quatrième de couverture m’avait fait envie. Hélas, ce n’est clairement pas le meilleur roman de l’auteur. Beaucoup de choses m’ont déplu dans ce livre.

L’auteur met en scène le meurtre rituel d’une jeune femme dont le corps a été retrouvé, mutilé, au cœur de la forêt algérienne. Nora Bilal, commissaire au central d’Alger, mène l’enquête mais sa tâche va se révéler délicate. En effet, Nora va vite s’apercevoir que cette jeune fille retrouvée morte a un lien avec un magnat de la presse appelé Harmelaine et que s’attaquer à cet homme de pouvoir c’est s’attaquer à l’État algérien.

L’enquête menée par Nora est ce qui m’a clairement donné la motivation pour continuer ma lecture. En effet, on suit les investigations menées par Nora dans les hautes sphères du pouvoir algérien. L’auteur distille savamment ses indices et, sans que la résolution de l’enquête ne soit si compliquée que ça, on se prend à vouloir en connaître le fin mot de l’histoire. Alors, clairement, l’intrigue n’est pas haletante; il n’y a pas de rebondissements fulgurants mais c’est assez bien mené dans l’ensemble.

En revanche, certains passages du roman sont en total décalage avec l’enquête menée par Nora et paraissent donc artificiels. En réalité, l’enquête sert le propos de l’auteur qui veut dénoncer la corruption, la gangrène des pots de vin et la mollesse d’un État algérien faible gouverné non par le peuple mais par quelques privilégiés qui règnent en véritables despotes. J’ai bien saisi le message lancé par l’auteur mais les chapitres dans lesquels il met en scène cette corruption tombent comme un cheveu sur la soupe et font perdre du rythme au roman.

Les personnages campés par l’auteur ont eux aussi quelque chose d’artificiel. J’ai trouvé qu’ils étaient trop superficiels et caricaturaux. Cela va du flic alcoolique au despote complètement égocentrique. Seule Nora, la commissaire, apparaît comme intéressante mais là encore, l’auteur tombe dans la caricature de la flic lesbienne entichée d’une prostituée qui lui en fait baver.

L’auteur cherche avant tout à critiquer le système politique de son pays et dresse un constat accablant. Il a écrit son roman avec une sorte de rage qui fait que les personnages sont peu aboutis. Seule l’intrigue policière a retenu mon attention. C’est dommage car j’apprécie la plume de Yasmina Khadra. Qu’attendent les singes ne m’a pas vraiment convaincue et je suis plutôt déçue de ma lecture.

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2 réflexions sur “Qu’attendent les singes de Yasmina Khadra

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