La Dernière fée de Bourbon d’Ophélie Bruneau

 

 

La Dernière fée de Bourbon d’Ophélie Bruneau,

Publié aux éditions du Chat Noir,

334 pages, 2015.

 

 

Empire Britannique, 1873, sur l’île Bourbon hantée par les diwas, des créatures magiques, imprévisibles et dangereuses. Lisha Payet, retirée toute petite à sa famille, a grandi sur l’île Maurice voisine. Quatorze ans plus tard, elle revient à Bourbon pour y devenir une parfaite épouse victorienne, sous l’œil critique de la bonne société saint-pauloise. C’est sans compter le conflit qui éclate sur l’île. Prise malgré elle dans ce soulèvement, Lisha devra choisir son camp. Famille adoptive ou liens du sang ? Obéissance ou transgression ? Ami d’enfance ou officier à la beauté troublante ? Si encore elle ne jouait que sa propre vie ! Mais l’île Bourbon, à travers sa dernière fée, lui a confié son destin et celui de toutes les créatures qui l’habitent. Du battant des lames au sommet des montagnes, Lisha en apprendra plus qu’elle ne l’aurait souhaité sur les diwas, les hommes et sur elle-même.

 

Avec talent, Ophélie Bruneau nous entraîne une fois de plus au cœur d’une histoire étrange et fantastique. J’avais déjà repéré la plume de l’auteur grâce à son roman lupin L’Ouroboros d’argent qui sortait vraiment des sentiers battus. Avec cet autre opus paru aux éditions du Chat noir, j’ai également été emportée grâce à une écriture travaillée et flamboyante.

Dans ce roman, qui se situe sur l’île Bourbon (actuelle île de la Réunion), Ophélie Bruneau choisit de modifier et de jouer avec l’Histoire sans non plus tout bouleverser. L’île est aux mains des Britanniques depuis un certain moment mais la révolte commence à gronder notamment avec une mystérieuse organisation indépendantiste se faisant appeler les Pailles-en-queue. Attentats, vols, incendies: ces individus font tout pour montrer qu’ils en veulent à la Couronne. L’auteur a choisi ici d’interpréter l’Histoire à sa manière. On sent d’ailleurs qu’elle s’est terriblement bien documentés et l’ensemble reste crédible d’un bout à l’autre. Elle y ajoute aussi un soupçon de fantastique puisque les Pailles-en-queue défendent les diwas, sortes de salamandres dotées de pouvoirs magiques que les Britanniques s’entêtent à décimer. Ici aussi, Ophélie Bruneau maîtrise bien son sujet. Elle nous fait voyager au cœur du folklore réunionnais et la balade est assez plaisante. Le fantastique est bien dosé et ne prend pas le pas sur l’intrigue, ce que j’ai apprécié.

Au-delà de ce cadre, elle choisit d’installer son histoire au 19ème siècle. Son héroïne Elizabeth, dite Lisha pour les intimes, est une jeune femme de la bonne société. Elle est promise au commandant Narcisse. Bien vite, elle se retrouve veuve alors qu’éclate la rivalité entre colons et colonisés. Avec le personnage de Lisha, l’auteur respecte à la lettre l’ambiance 19ème siècle qu’elle a souhaité donner à son roman. Lisha est fort bien éduquée. Elle s’habille de robes empesées, revêt un corset, bref elle est l’image que l’on se fait des Dames à cette époque. Mais ce que j’ai particulièrement aimé dans ce livre, c’est que jusqu’au bout du roman (ou presque), Lisha reste égale à elle-même. Elle ne se transforme pas subitement en super-héroïne. Elle respecte les codes et les protocoles dus à son rang ce qui donne parfois lieu à des situations cocasses. Lisha n’en demeure pas moins une femme intelligente qui va s’ouvrir et combattre certains de ses préjugés. J’ai beaucoup aimé la manière dont l’auteur traitait son héroïne. Là aussi, elle m’a surprise. 

L’intrigue est rythmée et très dense. Il se passe beaucoup de choses dans ce roman. C’est peut-être ce que je reprocherais à l’auteur. Lisha a tendance à passer d’une aventure à une autre au point de saturer un peu le lecteur. Difficile de tout suivre et de retenir tous les personnages. Cependant, on ne s’ennuie pas un instant!

La Dernière fée de Bourbon est un roman qui m’a transportée par son écriture et par son héroïne atypique. La touche de fantastique vient épaissir le mystère autour de cette île qui devient à elle seule un personnage. Un roman rythmé, à l’ambiance 19ème siècle et à la couverture magnifique: un bon mélange pour passer un agréable moment de lecture!

 

 

 

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