Le Nibelung, Tome 1: Le Carnaval aux corbeaux d’Anthelme Hauchecorne

 

 

Le Nibelung, Tome 1: Le Carnaval aux corbeaux de Anthelme Hauchecorne,

Publié aux éditions du Chat Noir,

320 pages, 2016.

 

 

Ludwig grandit à Rabenheim, un petit bourg en apparence banal.
Claquemuré dans sa chambre, il s’adonne au spiritisme. À l’aide d’une radio cabossée, il lance des appels vers l’au-delà, en vue de contacter son père disparu.
Jusqu’à présent, nul ne lui a répondu… Avant ce curieux jour d’octobre.
Hasard ? Coïncidence ? La veille de la Toussaint, une inquiétante fête foraine s’installe en ville. Ses propriétaires, Alberich, le nabot bavard, et Fritz Frost, le géant gelé, en savent long au sujet du garçon. Des épreuves attendent Ludwig. Elles seront le prix à payer pour découvrir l’héritage de son père.
À la lisière du monde des esprits, l’adolescent hésite… Saura-t-il percer les mystères de l’Abracadabrantesque Carnaval ?

C’est au salon du livre de Paris que j’ai eu le plaisir de croiser Anthelme Hauchecorne. Après une discussion fort intéressante au sujet de folklore, de baroque et de doubles maléfiques, j’ai acheté son roman. Je l’avais gardé pour le mois d’octobre, mois du changement, des ombres et d’Halloween. Nous avons dégusté notre lecture commune avec Maureen du Bazar de la littérature. De mon côté j’ai non seulement adoré ce roman mais en plus j’ai découvert la plume d’un auteur vraiment très doué.

Le Carnaval aux corbeaux se déroule dans une petit ville alsacienne baptisée Rabenheim. Il ne s’y passe guère de choses. C’est là que vivent Ludwig et Gabriel, deux amis inséparables. Le premier, Ludwig, vit avec sa mère dans un vieux manoir délabré depuis que son père s’est tiré à sa naissance; le second, Gabriel, vit entouré de ses nombreux frères, dans une ferme isolée. Une amitié solide unit les jeunes ados qui s’ennuient ferme dans leur trou paumé jusqu’au jour où une étrange fête foraine débarque en ville…

L’auteur a le talent de nous plonger dans une ambiance, une atmosphère à la fois désuète et intemporelle. Le manoir dans lequel vit Ludwig a de quoi glacer le sang mais c’est aussi un formidable terrain de découvertes. La petite ville de Rabenheim paraît bien morne en ces jours d’automne: le collège ressemble à tous les collèges; les habitants sont étroits d’esprit. Bref, rien ne semble distinguer cette petite ville d’une autre et pourtant tout va basculer. Anthelme Hauchecorne instille des touches de fantastiques avec délicatesse. Cela commence par l’apparition d’une corneille à trois yeux puis à des accidents de voitures étranges et enfin cela se termine en apothéose par l’apparition d’une fête foraine à la fois terrifiante et attirante.

Il mêle dans son récit le folklore alsacien et germanique à la pure invention. Le Carnaval aux corbeaux est une lecture exigeante qui demande de la concentration car l’intrigue est dense, les jeux de mots nombreux et la langue savoureuse. Ludwig et Gabriel vont être liés d’une façon ou d’une autre à cette étrange fête qui revient comme par hasard tous les treize ans au moment de Halloween. Peu à peu, le lecteur en apprend plus sur cette foire qui traîne dans son sillage des individus peu recommandables et tous plus étranges les uns que les autres. J’ai adoré ce parti pris de l’auteur qui associe tradition et modernité en revisitant le folklore sans que cela fasse ringard ou tombe dans les clichés. D’un bout à l’autre l’intrigue est bien menée et intelligente même, si comme je l’ai dit plus haut, il faut suivre!

Grâce au principe des points de vue alternés, l’intrigue permet de se déployer dans différentes directions et de bien comprendre tout l’enjeu du roman. En effet, Ludwig, entre autre à la recherche de son père, va tomber dans un piège infernal et pactiser avec des forces obscures qui le dépassent. Gabriel, va tenter de son côté de redorer le blason de sa famille et d’en savoir un peu plus sur son passé. Ces deux intrigues parallèles se rejoignent parfois pour mieux s’écarter et repartir de plus belle. L’imagination d’Anthelme Hauchecorne paraît d’ailleurs sans limite et j’ai été plus d’une fois étonnée par sa capacité à détourner certains clichés ou à inventer de nouveaux rebondissements.

Je terminerai ma critique en parlant des superbes illustrations qui émaillent le roman et qui permettent de donner corps à certains personnages ou un certaines scènes. Signées Loïc Canavaggia et Mathieu Coudray, elles apportent vraiment un plus au livre et rend l’objet tout simplement magnifique!

Le Carnaval aux corbeaux est un roman fantastique intelligent qui joue avec les codes du genre. Anthelme Hauchecorne nous entraîne au cœur d’une fête foraine sombre et inquiétante qui ravive les peurs enfantines pour le plus grand plaisir du lecteur. Retrouvez aussi la superbe chronique de Maureen en vidéo!

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5 réflexions sur “Le Nibelung, Tome 1: Le Carnaval aux corbeaux d’Anthelme Hauchecorne

  1. J’aime beaucoup les éditions du Chat Noir, d’ailleurs je lis actuellement leur recueil steampunk « Montres enchantées ». Celui-ci a beaucoup d’avis positifs sur les blogs, je vais peut-être me laisser tenter, surtout qu’il est parfait pour Halloween ;).

  2. Pingback: Les Errants, Tome 2: Évolution de Denis Labbé | Carolivre

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