Riquet à la houppe d’Amélie Nothomb

 

 

 

Riquet à la houppe de Amélie Nothomb,

Publié aux éditions Albin Michel,

198 pages, 2016.

 

 

 

Comme chaque année, Amélie Nothomb nous livre son dernier roman. Aussi ponctuelle qu’un coucou suisse, elle paraît sur tous les plateaux télés pour parler de son nouvel opus et la question que l’on se pose est la suivante: l’ouvrage est-t-il bon ou non? Cette année encore, ne dérogeant pas à la règle, mon cher et tendre m’a offert le dit livre. Et la réponse à la question précédente est: « oui et non ».

Amélie Nothomb propose ici de reprendre le conte de Riquet à la houppe en le modernisant. Au départ, il y a la naissance de Déodat. Le petit garçon est si laid qu’il effraie même son entourage. Peu importe, ses parents l’aiment d’un amour inconditionnel. Le petit garçon, comme pour compenser sa laideur extrême, développe une intelligence hors norme. Premier à l’école, il fait des jaloux d’autant plus que Déodat plaît aux femmes. Il dégage une sorte de grâce et de mystère qui les font se précipiter dans ses bras.

A l’autre bout de Paris, naît Trémière, fille de Rose et de Lierre. Trémière est le parfait inverse de Déodat. Elle est belle à en mourir. Élevée par sa grand-mère, Trémière apparaît comme une enfant bête. Elle se contente de regarder le monde avec de grands yeux et ne s’exprime que rarement.

Amélie Nothomb nous raconte en parallèle ces deux vies extrêmes: d’un côté la laideur d’un homme supérieurement intelligent, de l’autre la beauté d’une femme incroyablement bête. Elle revisite le conte de Riquet à la Houppe d’une manière moderne en montrant toute la cruauté à laquelle ces deux êtres, finalement si semblables, seront confrontés. La laideur extrême ou la beauté extrême se rejoignent là où elles provoquent le regard de l’autre. Finalement, les insultes, le mépris et l’exclusion seront vécus de la même façon par Déodat et Trémière.

On se laisse doucement conter cette histoire sympathique entre ces deux êtres que tout paraît opposer de prime abord. J’ai aimé retrouver l’humour d’Amélie Nothomb toujours aussi subtil. Une fois de plus, elle truffe son récit de références littéraires ou culturelles qui font mouche et j’apprécie toujours ces clins d’œil. Le travail sur l’onomastique est aussi très sympathique à lire même si avec « Trémière », elle va un peu loin.

Cependant, ce n’est pas encore LE Nothomb qui révolutionnera la littérature. Certes, il est plaisant de lire l’histoire de Déodat et Trémière mais c’est bien tout. Là encore, je suis passée à côté de ces personnages qui restent peu attachants et peu approfondis. J’ai toujours l’impression de lire une grande nouvelle dans laquelle les personnages et l’intrigue sont à peine esquissés.

Riquet à la houppe fait passer un bon moment à son lecteur mais l’intrigue n’a pas le panache et l’entrain des premiers Nothomb. On ne pourra pas parler du livre du siècle. Amélie Nothomb a cependant le mérite de nous faire passer un agréable instant de lecture même s’il reste bien trop fugace à mon goût.

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2 réflexions sur “Riquet à la houppe d’Amélie Nothomb

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